Agronomie en Ukraine par Francis Macary (mai 2015)

Un écrin de biodiversité végétale à proximité de L'institut d'Agroécologie de Kiev, le directeur (à gauche) et son équipe accueille Francis Macary (3ème à gauche) en mission pour l'Irstea, dans le cadre des journées de la coopération franco-ukrainienne de l’enseignement agricole et des sciences agraires. Malgré ses notions de russe, et non de la langue ukrainienne, la présence de l’assistante/traductrice Ludmila Stepura (en robe bleue) du conseiller aux affaires agricoles de l’ambassade de France, Nicolas Perrin, co-organisateur de ces journées, a facilité la compréhension de sujets complexes.

   

Les journées de la coopération franco-ukrainienne en matière d'enseignement agricole et de recherche en sciences agraires se sont déroulées à Kiev du 19 au 22 mai 2015, sous l'impulsion de l'ambassade de France, notamment du conseiller pour les affaires agricoles Nicolas Perrin et des autorités ukrainiennes. Un administrateur de l'Afa, Francis Macary (Irstea - Bordeaux) y participait pour présenter auprès des membres de l'Académie des sciences agraires d'une part, l'organisation française en matière de recherche publique en sciences agronomiques et de l'environnement ; d'autre part, une illustration de travaux ciblés sur l'évaluation des performances de l'agriculture à différents niveaux d'organisation spatiale auprès de l'Institut de l'eau et des politiques de remédiation.

Le 22 mai, une rencontre a été organisée par le directeur de l'institut agro-écologique et de gestion environnementale à Kiev, avec un débat avec les différents chercheurs et une visite des laboratoires.

 

Les scientifiques de ces deux Instituts sont fortement motivés pour participer à des travaux de recherche avec des partenaires européens, notamment français. Il en est tout à fait de même pour les enseignants en agriculture pour lesquels certaines collaborations avec des Etablissements français du secondaire et supérieur sont déjà établies.

 

Les enjeux pour des agronomes français : l'Ukraine grand pays agricole avec des ressources pédologiques exceptionnelles.

Si la France représente la principale puissance agricole de l'Union européenne, l'Ukraine offre un très fort potentiel au sein de la grande Europe géographique. D'une part par sa surface : 603 550 km2 dont 413 000 km2 de terres agricoles comparativement aux 288 000 km2 de terres agricoles en France. La part de l'agriculture dans le PIB était de 14% en 2014 (près de 2% en France) (source : Ambassade de France à Kiev). Les cultures céréalières représentent près de 50% de la surface cultivée (15 Mha). D'autre part, la richesse de ses sols très humifères (tchernozëms) ou terres noires qui occupent une forte proportion des terres arables permettrait actuellement d'augmenter fortement les rendements en grandes cultures si les facteurs de production étaient optimisés (fertilisations, protection des cultures…). Malgré cela, la récolte 2014 en céréales, oléo-protéagineux marquait un niveau record à 64 millions tonnes.

L'agriculture représente le premier poste d'exportation du pays, dont les céréales, le maïs et l'huile de tournesol, ce dans un contexte de crise politique et d'affrontements avec la Fédération de Russie. L'excédent commercial agricole et agro-alimentaire représente près de 9 milliards €, ce qui permet de réduire le déficit de la balance commerciale. L'Ukraine, disposant également d'infrastructures portuaires sur la Mer Noire, représente un sérieux concurrent pour les pays de l'UE et particulièrement la France concernant les exportations de céréales vers le Proche et Moyen-Orient.

 

La structure des exploitations agricoles ukrainiennes n'est pas comparable à celle des pays d'Europe occidentale. Elle résulte du démantèlement des kolkhozes et des sovkhozes au moment de la pérestroïka (1991) et connaît une dynamique d'évolution assez rapide. Près de 5 millions et demi de petits propriétaires, avec une surface moyenne de moins de 4 ha, constituent aujourd’hui la base foncière agricole de l’Ukraine. La répartition des exploitations est la suivante :

· 5,4 millions de micro-exploitations d'environ un hectare, issues de lopins villageois,

· Environ 40 000 exploitations "fermières", issues de la réforme agraire post-soviétique, exploitant généralement de 50 à quelques milliers d’hectares,

· Près de 150 grandes exploitations "agroholdings", de plus de 10 000 ha (dont 21 excédant les 100 000 ha).

Les micro-exploitations produisent 60% de la production agricole brute, notamment des fruits, des légumes et des produits animaux. En revanche, la production de céréales et d'oléo-protéagineux est assurée par les exploitations "fermières" et les "agroholdings" dans les grandes plaines très fertiles sur les sols très humifères des chernozems.

L'Institut agro-écologique et de gestion environnementale en Ukraine

Cet Institut, créé en 1992, dont le siège est situé à la périphérie de Kiev avec différents centres sur le territoire intervient très directement sur un plan scientifique pour orienter la politique de l'Etat dans le domaine de l'agro-écologie, de la protection et de l'économie de l'environnement. L'Institut mène des observations sur les ressources naturelles, en évaluant leur état global. Les recherches portent sur le développement des fondements écologiques et économiques des mécanismes pour la mise en œuvre du processus de développement durable en agriculture. Elles concernent également les terres et les zones rurales sous contrainte des effets du changement climatique dans toutes les zones climatiques de l'Ukraine.

Ces recherches fondamentales et appliquées concernent alors la surveillance agro-écologique, la sécurité environnementale, écologique et économique, l'état écologique des terres à des fins spéciales (zones de matières premières spéciales, zones naturelles protégées dans la structure du réseau écologique paneuropéen, les zones rurales,  le suivi de la production agricole dans les zones contaminées, notamment par les pesticides.

L'Institut est membre de l'association nationale des aliments pour bébé dont le lait et les jus produits. Il effectue également des tests concernant les substances médicamenteuses pour le ministère de l'Écologie et des ressources naturelles.


Ainsi les diverses questions de recherche traitées au sein de cet Institut, ainsi qu'à l'Institut de l'eau et des politiques de remédiation sont très proches de celles qui nous préoccupent, ce qui représente un terrain très favorable en termes de coopération scientifique à laquelle les chercheurs ukrainiens que j'ai eu l'occasion de rencontrer sont très favorables.

 

Francis Macary

 

 

En savoir +  

Institut national agro-écologique et de gestion environnementale http://agroeco.org.ua à Kiev en ukrainien et traduction en français ici

Agroosvita, où s’est tenue la première journée de la coopération franco - ukrainienne sur l’enseignement agricole)  http://www.agroosvita.com

Université nationale des sciences du vivant et de l’environnement de Kiev (où s’est tenue la seconde journée de l’enseignement supérieur agricole) ici http://nubip.edu.ua  

Académie nationale des sciences agraires – Institut de l’eau et de la bonification des terres à Kiev (où s’est tenue la journée des sciences agraires traduction en français ici  

Association agroécologie Ukraine  traduction en français ici

Coopération universitaire :  http://www.ambafrance-ua.org/Cooperation-universitaire-et

Carte : www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/europe-bielorussie-moldavie-ukraine/ukraine.shtm