Blog de Danielle Lanquetuit ici et là


 

      

Agronome, agricultrice et jardinier numérique pour plusieurs associations, dont l'Afa, Danielle Lanquetuit partage des échos d'ailleurs.

 

 

 

   

   

 

 

 

    


La financiarisation (mondiale) du vivant ou l’organisation du droit à détruire ?

 

Des agronomes utilisent l’indicateur de calories nutritives produites pour évaluer la contribution d’une exploitation agricole à l’alimentation, d’autres évaluent la performance énergétique d’une exploitation selon un bilan carbone (ou plus partiellement selon la distance de transport réduite par des circuits courts, ou encore par l’auto-production de carburants pour la motorisation agricole dans le but d’une transition énergétique vers plus d’autonomie), d’autres aussi évaluent les services écosystémiques liés à la biodiversité fonctionnelle (constatée comme impact non intentionnel ou réorganisée volontairement en structurant un nouveau parcellaire avec haies raisonnées ou agroforesterie recomposée).

La diversité de ces impacts peut elle se fondre dans un seul indicateur monétaire ?

De mon point de vue, non. Le commerce équitable à construire doit reposer sur autre chose que le système spéculatif. Certains économistes le pensent aussi, mais pas tous…

 

D’autres formes complémentaires de « services agricoles » se développent : l’agriculture périurbaine sur les toits avec ou sans terre, le marché des molécules issues du cracking de récoltes pour une chimie à base de végétaux remplaçant le pétrole… concept brouillé avec le mot chimie verte…où on confond les impacts amont et aval…). L’appréciation des impacts multiples peut être vue selon d’autres indicateurs que la seule monnaie.

 

Une série de communications, débats, articles sur les enjeux alimentaires et les indicateurs de biodiversité accessibles sur le site de l’Afa[1] , une étude de l’ONEMA en 2011[2] et un colloque récent d’Agrocampus Ouest sur les Systèmes alimentaires territoriaux[3] conduisent à questionner la communauté des agronomes et des économistes sur la révolution que pourrait induire un changement des indicateurs utilisés pour définir les termes des échanges entre agriculture et société : au lieu de mesurer en euros ballotés par les spéculations bancaires, comment opérer (de façon complémentaire dans un premier temps) une mesure physique de la contribution à la satisfaction des besoins alimentaires, énergétiques, sociaux (emplois en quantité et qualité), environnementaux (dont la biodiversité fonctionnelle) d’un territoire ?

Alors que les banquiers ont déjà convaincus l’ONU de pratiquer un marché spéculatif sur l’environnement et que l’on prévoit une nouvelle banqueroute décrite dans l’émission Arte Thema du 03/02/2015 ! [4] La réalisatrice S.Feydel, qui a déjà réalisé un reportage sur les océans de plastique[5], décrit le principe de ces « nouvelles indulgences » et un livre est à paraitre aux éditions de la découverte en avril 2015. Ce point conclut l’interview de Sandrine Feydel[6]:

Bcp d’ONG environnementales se sont tournées vers des multinationales car la protection coûte cher (wwf par ex.). Les Amis de la Terre et le Mouvement mondial pour la Forêt y sont opposées, ne séparent pas les impacts des Pays du nord vers les Pays du sud, et cherchent à questionner les modèles de développement, sans séparer la nautre et les hommes, alors que les « mitigation bank » ne font que reproduire les mécanismes qui ont détruit.

 

Par exemples :

-       La comparaison de la performance alimentaire de productions maraîchères avec les monocultures de céréales

-       dans un système associant cultures et élevages, on peut considérer soit que la transformation en viande est une réduction de la capacité nutritionnelle potentielle de végétaux soit que l’animal a une fonction de congélateur sur pattes fonctionnant à l’énergie solaire… et que pour réduire l’usage de produits phytosanitaires, mieux vaut associer élevages et cultures. La performance d’une exploitation isolée sera évaluée différemment si on observe à l’échelle d’un territoire les complémentarités entre exploitations, l’impact des organisations mutualisées qui permettent des compétences complémentaires dans différentes productions.

 

Comment évaluer, avec des critères d’agronomie écologique, la contribution des exploitations d’un territoire à la satisfaction des besoins de ces habitants ?

 

Une crainte et une alerte argumentée est exprimée par des ONG et certains économistes, alors que d’autres font la promotion des « marchés de la biodiversité » construits, non pas sur du commerce équitable avec obligation de résultats, mais sur les « mitigation banks », outils spéculatifs de compensation financière : on rembourse … aux banques des pertes calculées, mais cela ne fait pas des abeilles en plus … L’objectif des banques de compensation n’est pas les solutions environnementales car il n’y a pas d’obligation de résultats, mais simplement des outils pour faire de l’argent.

Pour que chacun se fasse une opinion, voici quelques étapes de ce cheminement.

 

En Septembre 2006 : une réflexion entre valeurs et tarifs :

 http://www.x-environnement.org/index.php/la-jaune-et-la-rouge/29-2006.html?showall=1&limitstart=

Jean Marc Jancovici (X81), Président de X-Environnement

Extrait, à propos de l’exemple américain du mitigation banking

[…]Après avoir mené cette analyse en concertation avec l’ensemble des acteurs clés de la biodiversité en France, la Caisse des Dépôts et sa filiale la Société Forestière proposent aujourd’hui de réfléchir à un nouveau dispositif basé sur les mécanismes de marché et destiné à financer durablement la biodiversité.

Les mécanismes de compensation pourraient être utilisés comme amorce d’un marché basé sur le principe « pollueur - payeur » / « compensateur - récompensé ». Une nouvelle activité reste à inventer en France pour assumer, selon une logique de résultats et non pas de moyens, les deux fonctions suivantes : financer « l’offre de compensation de biodiversité » en investissement et en gestion, en utilisant les compétences et expertises locales des acteurs traditionnels de la conservation ; et répondre aux « demandes en matière d’obligations de compensation », en prenant en charge de la responsabilité de la compensation.
La réflexion de la Caisse des Dépôts et de la Société forestière a pour objet de contribuer à la lutte contre l’érosion de la biodiversité, en proposant de tester un nouvel outil, basé sur des mécanismes de marché jamais utilisés en France, en complément de la panoplie d’outils existants pour conserver le patrimoine naturel.

 

Dans le même dossier, http://www.x-environnement.org/index.php/la-jaune-et-la-rouge/29-2006.html?showall=&start=8

ANNE-MARIE DUCROUX
Présidente du Conseil National du Développement Durable (CNDD) interroge sur les Valeurs non-marchandes du vivant

Faut-il ne pas faire entrer dans l’économie ou dans des systèmes de compensation le vivant dont la valeur transcende effectivement les échanges économiques ?

Toutes les méthodes de recherche des valeurs du vivant comportent des difficultés techniques ou éthiques. Mais refuser, par principe, de tenter d’évaluer la valeur des biens d’environnement consiste au final à la considérer comme nulle et par conséquent à accepter qu’elle soit minorée, on gérée, ou pas prise en compte dans les bilans, les études, les bilans prévisionnels, les nuisances, les pollutions, l’évaluation des dommages causés…

On voit qu’en étudiant des systèmes de compensation, d’échanges, et en fixant une valeur au carbone, de nouveaux acteurs, comme les entreprises dont la capacité d’action est parfois supérieure aux Etats, sont entrés dans la réflexion et dans l’action, avec des mécanismes qu’elles comprennent, sur un objet qui leur était totalement étranger. De nouveaux secteurs d’activité et de nouveaux acteurs comme les collectivités locales y entreront à terme, démultipliant une capacité d’agir mieux partagée.

Une question à débattre devrait être de savoir si faire entrer le vivant dans des mécanismes d’estimation de valeurs et de compensations aboutirait à une meilleure reconnaissance qu’actuellement et donc à une meilleure prise en compte ou au contraire le conduirait plus encore qu’aujourd’hui à sa perte ?

Hors du champ de l’économie, la perception de la préciosité, de la finitude et de la vulnérabilité désigne souvent ce qui a de la valeur. En effet, est-ce que ce qui compte pour nous est ce qui se compte ou plus largement ce qui s’apprécie ? Mais en ne misant que sur une appréciation subjective et individuelle de la valeur du vivant, les constats d’aujourd’hui le montrent, nous avons, pour une part échoué. Il nous faut dès lors changer le questionnement et l’état d’esprit pour espérer changer de réponses et de solutions.

 

Dans le même dossier http://www.x-environnement.org/index.php/la-jaune-et-la-rouge/29-2006.html?showall=&start=3

Financer durablement la biodiversité en utilisant les mécanismes de marché ?

Myriam Rondet, Responsables des Etudes à la Société forestière de la Caisse des Dépôts Brice Quenouille, Chargé de mission Biodiversité, Société forestière de la Caisse des Dépôts

Extrait : L’utilisation de mécanismes de marché pour financer la conservation de la biodiversité est une approche innovante, déjà testée par certains pays anglo-saxons. Son utilisation, en parallèle aux mécanismes de financement classique par les pouvoirs publics, est ici discutée, dans l’objectif de contribuer à la réflexion nationale sur la biodiversité.

 

 

2008 : Le groupe Caisse des Dépôts a créé en février 2008 une filiale, CDC Biodiversité, premier opérateur financier de compensation de la biodiversité.

Lire la suite http://www.caissedesdepots.fr/developpement-durable/innover-pour-lenvironnement/biodiversite.html

 

Les biobanques sont tenues légalement de protéger l’espace de vie des espèces menacées dont elles ont la charge, quittes à devoir leur aménager un biotope artificiel (hérésie) quand toutes les parcelles du biotope original ont été vendues. Le hic est qu’elles n’ont pas d’obligation de résultat. Aux États-Unis, les biobanques, qui ont dépassé le millier, ont jeté leur dévolu sur les wet lands, ces zones humides à la biodiversité exceptionnelle.

Lire la suite http://blogs.mediapart.fr/blog/bertrand-rouzies/010215/le-grand-derangement-global-ou-lart-de-se-dissiper-dans-les-parages-du-gouffre

 

En 2010 : Faut-il faire confiance aux marchés financiers pour protéger la nature ? L'idée défendue aux Etats-Unis depuis les années 1980 fait son chemin avec la création dans une quarantaine de pays de marchés financiers consacrés à la biodiversité.

"Trente-neuf gouvernements nationaux ou régionaux ont mis en place des mécanismes de compensation de la biodiversité et vingt-cinq autres projets sont en cours d'expérimentation à travers le monde", recense le rapport sur "Les marchés de la biodiversité", présenté, mardi 9 mars [2010], par Ecosystem Marketplace, une organisation non gouvernementale (ONG)[7]

Lire la suite : http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/03/09/la-nature-se-met-a-l-heure-de-la-finance_1316550_3244.html


En 2012

http://blog.ecosystem-services.org/fr/category/compensation/

La compensation écologique à l’affiche de la Société Française d’Ecologie

Extraits : « La compensation ne doit pas être un droit à détruire », « Pour être acceptables, les contributions financières demandées aux maîtres d’ouvrage devront être utilisées de la façon la plus efficace possible. »

 

Lire l’article http://www.sfecologie.org/regards/2012/07/03/r34-f-quetier/

 

 

En 2015 http://ecodouble.farmserv.org/

Le grand dérangement global (ou l'art de se dissiper dans les parages du gouffre)

Article écrit par Bertrand Rouziès Léonardi, initialement publié le 2 février 2015 dans le Club de Médiapart http://blogs.mediapart.fr/blog/bertrand-rouzies/010215/le-grand-derangement-global-ou-lart-de-se-dissiper-dans-les-parages-du-gouffre

Extrait : [ … ]qui trouve-t-on derrière cette crise du vivant ? Honte à nous ! Les mêmes qui étaient derrière la crise des subprimes. Que voulez-vous ? Too big to fail… Bank of America (17 milliards de dollars d’amende), JP Morgan Chase (13 milliards de dollars d’amende), Goldman Sachs… Ces larrons ont infiltré les conseils d’administration d’un discret avatar du capitalisme verdissant : les biobanques. Ne cherchez pas sur le net, vous seriez renvoyés par Google vers des institutions de recherche médicale. « Biobanque » est la traduction française de « mitigation bank ». Les biobanques font dans la protection des espèces en voie d’extinction. Elles investissent dans ce « capital naturel » dont parle l’économiste Pavan Sukhdev, capital resté longtemps invisible mais que convoitent à présent les multinationales, qui étaient plus de 2 700 au dernier sommet de la terre, en 2012 (contre 7 au premier, en 1992).

 

 


[2] Une analyse des services écosystémiques publiée en 2011, dans le cadre des rencontres de l’ONEMA (Office national de l’eau et des milieux aquatiques) : Mise en œuvre de la directive cadre sur l’eau ; Quand les services écosystémiques entrent en jeu, par Catherine Wallis, Philippe Blancher, Nirmala Séon-Massin, Frédérique Martini, Michel Schouppe.

Des méthodologies d'application à la gestion intégrée de l'eau en Europe sont proposées avec des recommandations aux décideurs et l'identification de besoins de recherche.

 http://www.onema.fr/IMG/pdf/SPI-services-ecosystemiques.pdf

[7] dont l’inventeur-administrateur dit « on a tout essayé »… et a monté des outils pour faire connaitre.


 

Janvier 2014 : échos d'un voyage au Dakota

 

La pratique des Techniques de Conservation des Sols à l’étranger

 

 

A Châlons-en Champagne, ce 30 janvier 2014, un voyage au Dakota est raconté à l’attention des adhérents de la coopérative Vivescia. Allez voir plus loin, dans un pays de contrastes, pour reprendre des repères et inventer de nouvelles manières de cultiver : la pratique a toujours été fructueuse. Pour le Club VIVESCIAgrosol, le lointain choisi en juin 2013 passe par les plaines du Dakota, du sud au nord, pour observer des pratiques de semis direct.

 

En chemin, une carte postale de la Marne…


Et un saut au Dakota par satellite...

 

Jean Luc LE BENEZIC et Michel DENIS, animateurs de groupes d’agriculteurs innovants respectivement chez TRISKALIA [1] http://www.triskalia.fr/fr_FR/planete-positive/  et VIVESCIA http://www.vivescia.com/fr/activites/recherche-innovation/recherche-innovation ont fait le récit d’un voyage dédié à la découverte des Techniques de Conservation des Sols dans les états du Minnesota, Dakota du Sud et du Nord et du Montana. Dans le middle west américain, le Semis Direct offre une possibilité de réduire l’érosion éolienne et hydrique des sols. Dans les conditions de climat semi-aride de cette région, le semis direct permet d’augmenter le stockage de l’eau. Cela rend ainsi possible la production de maïs et de soja.

 

Une exploitation de 2000 ha, recevant 400 millimètres de pluie par an, avec des automnes secs et des hivers froids, sensible à l’érosion éolienne pratiquait une alternance de blé et de jachère, pour retenir l’eau. Une réintroduction de légumineuses à la place de la jachère donne satisfaction, pour accumuler des résidus végétaux en surface et utiliser moins de glyphosate avant les semis directs de blé de printemps, qui donne 40 à 45 qx. Le maïs peut être produit en 85 jours et donne 70 qx secs.

 

Plus au nord, avec des températures variant de – 40° à + 40°, des ranchs d’élevage avec l’herbe poussant du 15 avril au 15 septembre recherchent une forme d’intensification fourragère, avec beaucoup de couverts. L’un des ranchs élève 600 bisons, en « petites parcelles de 80 à 100 ha » avec 50 % de la production d’herbe pâturée, parfois tous les deux ans seulement, pour laisser 50% de la production pour le sol.

 

Au nord, chez Mike Zook , le blé d’hiver ne résiste que s’il est protégé par la neige, et mieux vaut miser sur du blé de printemps, en rotation avec maïs, tournesol, pois chiche et soja. 4400 ha sont en semis direct depuis 1982. L’objectif est la maîtrise de l’érosion éolienne, avec un maximum de couverts, sans trop de légumineuses, avec lesquelles les résidus évoluent trop vite.

Le contrat de location contient une clause sur le maintien de la fertilité des sols.

Deux points surprennent les visiteurs : des semis avec de parfaites levées sous des résidus de deux ans, et une logique agronomique primant sur le prix de marché pour le choix des cultures, avec cependant une forte réactivité pour changer les rotations.

 

Deux fermes d’expérimentations ont été visitées dont Dakota Lakes Research Farm

Le site http://www.dakotalakes.com publie de nombreux documents, en anglais et sans photographies[2], découvrez par exemple « la gestion des écosystèmes agricoles » rédigé par Dwayne Beck en 2014.


La conclusion en est :


« La meilleure façon de répartir les risques est de pratiquer plusieurs rotations, qui peuvent varier en fonction des sols concernés. Une partie de vos sols peut exiger une approche de rotation différente que sur d’autres parcelles, selon les caractéristiques inhérentes du sol, l'historique, les mauvaises herbes, la distance de la ferme, le propriétaire, etc.
La plupart des agriculteurs sont bons dans la conception de rotations une fois qu'ils commencent à essayer. Les rotations utilisées peuvent changer puisque le marché, le sol, le climat, l'entreprise, et les conditions changent. C'est à prévoir : dès la conception d'une rotation, pensez à ce qui pourrait changer. N'hésitez pas à demander des conseils, mais n’acceptez pas les recettes des autres. « DO YOUR OWN COOKING. »

 

 

Cette ferme créée par des agriculteurs organise des tests en grandes parcelles où des universitaires viennent étudier[3]. La rotation est diversifiée pour assurer beaucoup de résidus afin d’enrichir et protéger le sol. Une fertilisation classique N, P, S et Zn est apportée à proximité du rang semé. Le Strip till (semis en bande) est utilisé en évitant de dégager la ligne de semis pour limiter les adventices car l’objectif est le paillage permanent.

La cameline[4], intéressante sur le plan agronomique reste stockée sous le hangar… en l’absence de marché…

Dwayne Beck construit ses outils avec de nombreux contrôleurs de tassement modulant la pression de multiples éléments, pour écarter la paille, poser la graine et remettre la paille en effleurant le sol.

 

La plus belle réussite a été de prouver l’efficacité agronomique de ces pratiques culturales, au point de convaincre le gouvernement de renoncer à la création d’un canal d’irrigation !

 

 

En Belgique, un groupe d’agriculteurs a créé en 2006 l’association Greenotec  http://www.greenotec.be/modules.php?name=Content2&pa=showpage&pid=17 qui met au point et vulgarise des itinéraires techniques de conservation des sols. Maxime MERCHIER, coordinateur du groupe, a décrit son expérience sur la mise en pratique de techniques motivées par la recherche de solutions face à l’érosion, problème majeur en Wallonie. Une démarche assez similaire à celle du groupe AOC Sols rencontré lors du premier Atelier de terrain de l’Afa en 2012 à Vénerque.

Greenotec a testé des implatations de fascines et de haies pour récupérer des limons à l’échelle collective de bassins versants et des techniques préventives à l’échelle parcellaire et individuelle: le semis de colza sous couverts[5]. Après un test d’une large gamme de couverts sur un an, des couverts gélifs ont été retenus pour une destruction naturelle sans désherbant, avec une comparaison des effets de concurrence sur le rendement final du colza. Eviter le trèfle incarnat, des déceptions avec le nyger[6], préférer le sarazin ou un des deux mélanges commerciaux existants (le Jouffray Drillaud) sont les conclusions actuelles dans le contexte local.

Pour l’enjeu de la protection de l’eau, en interculture courte, entre un pois et un blé, des couverts sont testés avec Nitrawal pour capter une partie des reliquats (jusqu’à 165 unités d’azote présentes sur le profil de 90 cm en novembre, et dont le blé ne profite que pour 30 unités). La moutarde donne ici plus de satisfaction que l’avoine.



La Suisse attache une importance particulière au maintien d’une bonne qualité de ses sols agricoles. Wolfgang G. STURNY, responsable du service de la Protection des Sols, Office de l’Agriculture et de la Nature du canton de Berne http://www.vol.be.ch/vol/fr/index/landwirtschaft/landwirtschaft/bodenschutz.html , a présenté la législation de protection des sols, ses outils et ses limites, le développement des Techniques de Conservation dans cette région et en Suisse, leurs résultats et leurs limites, et les projets de promotion en cours.

Le suivi de l’essai de longue durée d’OBERACKER est accessible ici http://www.vol.be.ch/vol/fr/index/landwirtschaft/landwirtschaft/bodenschutz/bodenzustand/dauerbeobachtungsflaecheoberacker.html avec de nombreuses photos en complément des résultats.

Penser la transition est nécessaire sur un temps long : passer du labour au travail en bande puis au semis direct permet d’apprendre à gérer les adventices, et cela peut demander 20 ans.

Au niveau mondial, dans la cadre de sa politique de conservation des sols, la FAO http://www.fao.org/ag/ca/fr/1b.html  vient de revoir sa définition du semis direct au 1er janvier 2014 : c’est à présent « moins de 25 % de la surface du sol touchée au moment du semis ».

 

Quels points saillants sont retenus au niveau du bassin de production de VIVESCIA ?

 

Produire de l’engrais à partir de l’azote de l’air http://www.unifa.fr/nourrir-les-plantes/engrais-et-amendements/fabrication-des-engrais-et-amendements.html  avec l’énergie électrique d’une éolienne a succité intérêt et questionnement. Quelles perspectives de fabrique à la ferme ?

 

Christian Rousseau a fait part de sa vision en conclusion : loin de donner pour mission aux couverts végétaux de restituer 50% de résidus au sol, comme dans les plaines à bisons du nord Dakota, il pense aux moyens de produire 3 cultures en 2 ans, pour compenser les pertes liées à la PAC, chiffrées à 150 euros de manque à gagner par hectare dans la région. Peut-on produire jusqu’à 10 tonnes de biomasse sèche par hectare et par an ? Produire moins cher en réduisant les charges de mécanisation (en moyenne de 450 euros/ha dans la région) par le semis direct est un élément de solution, car pour faire 3 récoltes en 2 ans, on n’aura pas le temps de travailler le sol. Aller vers plus d’autonomie des exploitations en produisant son énergie et au-delà en fournir est une perspective positive : « être agriculteur est un beau métier, et les autres ont besoin de nous. »

 

En agronome, ajoutons que la réciproque est vraie… les agriculteurs ont besoin des autres… que ferait un agriculteur aujourd’hui, sans connaissances multiples, et sans matériel, tracteurs, internet et GPS… ? Les curseurs de l’autonomie se déplacent.

 

Danielle Lanquetuit, agronome, agricultrice aussi.

Pour la rubrique http://www.agronomie.asso.fr/carrefour-inter-professionnel/et-dailleurs/

 

 

 


[1] Voir aussi les engagements de Triscalia pour une agriculture écologiquement intensive en 2012 http://www.triskalia-recrutement.fr/presse/DossierdepresseTriskalia20120607.pdf

[2] Pour des photos prises en France, voir la photothèque http://agriculture-de-conservation.com/-Parcelles-.html

[4] Usages en cosmétique et en carburants aéronautiques http://fr.wikipedia.org/wiki/Camelina_sativa,

Des ressources oléagineuses variées potentiellement au service du développement de la chimie verte

http://www.jle.com/e-docs/00/04/74/F5/article.phtml par André Merrien, Patrick Carre, Alain Quinsac, CETIOM, 2012

et http://www.itab.asso.fr/downloads/Fiches-techniques_culture/cameline-web.pdf

[5] voir « Cultures intermédiaires : lesquelles choisir ? » un tableau comparatif édité en 2011 par la Chambre d’Agriculture du Loir et Cher http://www.loir-et-cher.chambagri.fr/fileadmin/documents/GRANDES_CULTURES/21_septembre_2011/7_Doc_interculture.pdf

[6] en savoir + « Nyger : comment expliquer les échecs rencontrés en Belgique en 2007 ? »  http://www.greenotec.be/modules.php?name=Content2&pa=showpage&pid=86

 

 

 

 


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