Revue AE&S vol.3, n°2, 1 Avant-Propos

Thierry Doré (Président de l'Afa) et Olivier Réchauchère (Rédacteur en chef)

 

 

 

 

 

 

 

    

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"Capitalisation et transmission des savoirs" : tel est l'intitulé du groupe de travail de l'Afa mis en place dès le démarrage de notre association, et dont les travaux continus ont donné naissance à ce numéro d'Agronomie, Environnement et Sociétés. Cette problématique a toute son actualité, à l'heure où de nouvelles orientations agricoles pour la France et l'Europe sont discutées, et où les connaissances de terrain sont mises en avant comme une source - parmi d'autres - de progrès.

Ce numéro dédié au conseil et à la formation en agronomie vient ainsi à point nommé pour contribuer aux réflexions portant sur les compétences nécessaires pour accompagner les changements en agriculture. Les attentes et les exigences de la société vis à vis de l’agriculture, c’est devenu presque banal de le dire, sont en effet de plus en plus pressantes. Le contexte économique, et notamment la volatilité des prix, met en péril les exploitations les plus fragiles. Les agriculteurs font ainsi face au défi de tenir ensemble des objectifs de rentabilité, de qualité des produits, de préservation de l’environnement, de production des paysages, et aussi de création d’emploi rural, élément du pilier social du développement durable que le succès du vocable de « double performance économique et environnementale » a, provisoirement, mis un peu à l’écart. Pour relever ce défi, l’assemblage de solutions ponctuelles ne suffit plus, encore moins qu’avant, quand les choses étaient en apparence plus simples. La complexité n’est plus vécue seulement comme une contrainte, à savoir la nécessité de réussir à tout concilier. Elle est devenue une caractéristique intrinsèque de l’activité des agriculteurs, exigeant une forte évolution de leur métier, avec plus d’observations, des approches plus systémiques, en bref un plus grand besoin d’agronomie. L’agriculteur « mène l’enquête » à partir de l’observation des situations réelles, le conseiller est « l’une de ses sources d’information », lui-même se « ressource » auprès du « réseau » qu’il forme avec les collectifs d’agriculteurs et les autres conseillers. Ces bribes de paroles, glanées lors d’un colloque du RMT « Systèmes de cultures innovants » en 2011, montrent combien la formation des agriculteurs et des agronomes et l’évolution du métier des conseillers sont des enjeux forts, et exigent une rupture culturelle. Certes la formation et le conseil ne font pas tout. Disposerait-on de systèmes de conseil et de formation parfaits, et de professionnels ultra-compétents, leur impact resterait faible si les conditions économiques et sociales d'exercice des métiers liées à la production agricole n'étaient pas, elles aussi, transformées. C'est bien le sens des travaux de l'Afa, que d'œuvrer pour que l'agronomie soit considérée sous ses différentes facettes, et pas abordée par un seul versant. Pour autant, si on ne s'attaque pas à la question des compétences des acteurs, toutes les velléités d'évolution seront vaines.

Ce numéro d'AE&S est également original - dans la brève liste des numéros déjà parus - car il est dédié à des secteurs d'activité des agronomes, la formation et le conseil. Alors que les numéros précédents étaient centrés sur des thématiques impliquant l'agronomie ou sur des enjeux pour la discipline, ce sont dans cette livraison des métiers des agronomes qui constituent le pivot des articles proposés. Ce faisant, ce numéro enrichit la réflexion que promeut l'Afa : au-delà de ce qui constitue l'agronomie comme science et comme technologie, il aborde la manière dont elle est appréhendée, utilisée, pratiquée, dans des activités professionnelles, dont l'enjeu a été rappelé ci-dessus. Les métiers des agronomes sont divers, et ce numéro ouvre ainsi une voie, qui débouchera sans aucun doute sur d'autres numéros consacrés à des secteurs d'activité mobilisant l'agronomie.

Pour terminer, nous souhaitons rendre hommage à E. Marshall.

Eric, décédé au printemps 2012, a été le premier animateur du groupe Capitalisation et transmission des savoirs de l'Afa. Il a assumé cette tâche avec enthousiasme et constance, et avec Philippe Prévost a été à l'initiative du mode de valorisation des travaux du groupe que constitue ce numéro, que nous lui dédions avec émotion.

 

Remerciements

2011, 2012, 2013 : trois années complètes, la revue est bien lancée et l'association tient le rythme. C'est notamment grâce à tous ceux qui sont partie prenante à un moment ou un autre de l'élaboration de chaque numéro. Que tous ceux qui ont contribué à celui que vous allez découvrir soient ainsi remerciés, en particulier:

Relecture des articles :

Bertrand Omon, Hélène Brives, Valentin Beauval, Claude Compagnonne, François Kockmann, Anne Mérot, Marion Casagrande, Yves François, Bernard Garino, Jacques Caneill, Jacques Wéry, Magali Benoit, Xavier Lecoeur, Marie Taverne, Claude Delbos, Jean Boiffin, Christian Huygues, Jean-Marie Blanvillain, Fabrice Dreyfus.

Suivi et réalisation de la chaine éditoriale :

Sophie Douhairie, Danielle Lanquetuit et Philippe Prévost.

 

   


 

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