Revue AE&S vol.6, n°1, 1

Regards agronomiques sur les relations entre agriculture et ressources naturelles

Avant-Propos

 

O. RÉCHAUCHÈRE (Rédacteur en chef)  et M. BENOîT (Président de l’Afa)

 

 

 

 


La photosynthèse est au cœur des enjeux du fonctionnement des champs, prairies et autres couverts végétaux qui passionnent les agronomes. Mais ce moteur n’est efficace que s’il n’est pas soumis à de trop nombreux facteurs limitants, et ici apparaissent les ressources que mobilisent les agriculteurs pour soutenir l’efficacité photosynthétique : sol, eau, engrais, énergie, biodiversité... Deux questions majeures sont posées aux agronomes :

 

-       Comment, sur le plan strictement agronomique, utiliser au mieux les ressources naturelles et les préserver, dans la diversité des formes d’agricultures ?

-       Comment, d’un point de vue socio-économique, les gérer avec le plus d’efficacité et de sobriété possible ? Et pour cela, quel statut donner à ces ressources : bien commun, bien de marché ?

 

Une planète limitée, des coûts d’accès croissants aux ressources, et une meilleure connaissance du bilan entre besoins et ressources disponibles sont trois des raisons qui induisent une montée planétaire de l’urgence de ces questions. Mais l’impression générale est que ces ressources sont encore d’une disponibilité qui n’inquiète pas l’ensemble des acteurs en charge de leur gestion. Sensibiliser à cette question à « bas bruit » est l’un des enjeux de ce numéro.

 

Pour susciter le questionnement, le volume est conçu comme une interrogation en double boucle : comment les agricultures contribuent-elles à cette raréfaction ou dégradation de ressources et comment les réduire ? En retour, comment les innovations agronomiques, tant techniques qu’organisationnelles, élaborent-elles des avenirs viables sur cette question ?

 

L’équilibre au sein du numéro entre les différents types de textes penche un peu plus fortement qu’à l’accoutumée en faveur des articles scientifiques. C’est en grande partie dû à l’effort pédagogique voulu par les membres du comité de numéro : sur les principales ressources concernées, le lecteur dispose ainsi de synthèses ou d’études de cas très abordables. Mais les témoignages ne manquent pas, notamment lorsqu’il s’agit de la conception des solutions ; et la délicate question des liens entre l’agriculture biologique et les ressources naturelles est abordée dans un couple de textes de mise en débat qui se répondent de façon constructive.

 

Notre (plus si) jeune revue a désormais 12 volumes à son actif, ce qui incite à y lire quelques trajectoires dans les sujets traités. Ainsi, en considérant rétrospectivement la séquence des publications de la revue, ce nouveau numéro s’inscrit dans un double continuum.

 

-       Le premier est consacré aux ressources au sens large, incluant notamment le volume 2.2, qui était consacré à la ressource en eau et à sa gestion via les assolements, le volume 4.2 qui s’intéressait aux façons de mieux valoriser, préserver et améliorer les ressources génétiques cultivées au sein des systèmes de culture et enfin le volume 5.1 consacré au climat, que l’on peut considérer comme une « méta ressource » en tant que pourvoyeur de conditions et de ressources nécessaires à l’activité agricole. Toutes ces ressources pour l’agriculture ont une dimension « naturelle » au sens où elles reposent sur des composantes physico-chimiques ou biologiques ; toutes, à des degrés divers, ont aussi une dimension humaine, par le travail qu’elles incorporent ou par les dégradations d’origine anthropique qu’elles subissent. Cette mise en perspective souligne, s’il en était besoin, l’importance de nos responsabilités et rôle collectifs pour les préserver.

-       Le second continuum est consacré à l’innovation, dans la lignée du volume 5.2 et illustre parfaitement le positionnement des agronomes : (i) prendre en compte des niveaux d’action emboîtés, des enjeux planétaires aux contextes politiques et réglementaires jusqu’aux diverses déclinaisons techniques possibles localement, (ii) associer connaissances scientifiques et savoirs issus de la pratique, et s’ouvrir à toutes celles et ceux susceptibles de contribuer à la conception et la mise en œuvre de solutions dont l’urgence est chaque jour plus grande.

 

Ainsi, ce numéro d’Agronomie, Environnement & Sociétés confronte les agronomes à la finitude des ressources de notre planète, mais sur ce combat urgent et de longue durée, ils ne sont pas seuls à devoir intervenir. Expliciter nos points de vue aidera, nous l’espérons, à cette mobilisation partagée que nous appelons de nos vœux.

 


 

Remerciements :

 

Aux auteures et auteurs des textes

 

Aux membres du comité de numéro : Benoît Daviron, Thierry Doré, Jean-Luc Fort, Marie-Hélène Jeuffroy et Thomas Nesme.

 

Aux relectrices et relecteurs :

 

Valentin Beauval, Jacques Caneill, Vincent Colomb, Stéphane Cordeau, Séverine Dorizon, Sarah Feuillette, Yves François, Jean-Jacques Gailleton, Christian Gary, Claude Gitton, Olivier Guérin, Sabine Houot, Marie-Hélène Jeuffroy, Philippe Lacombe, Jean-Marie Larcher, Christine Leclercq, Blandine Lemercier, Francis Macary, Florent Maraux, Adeline Michel, Jérome Mousset, Thomas Nesme, Bertrand Omon, Virginie Parnaudeau, Sylvain Pellerin, Philippe Pointereau, Philippe Prévost, Sophie Raous, Adrien Rusch, Hervé Saint Macary, Jean-Marie Vinatier.

 

A l’équipe de suivi et réalisation de la chaine éditoriale : Sophie Douhairie, Danielle Lanquetuit et Philippe Prévost.


 

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