Revue AE&S vol.6, n°2, 1

Avant-Propos

 

Olivier Réchauchère (rédacteur en chef) et Marc Benoit (Directeur de publication)

 

 

 


Cette nouvelle livraison d’AES est l’occasion de revenir sur la ligne éditoriale de notre revue qui s’attache à deux préoccupations : (i) susciter la réflexion sur l’agronomie en tant que discipline scientifique et technologique mobilisée au service des activités agricoles, en tenant compte de leurs contextes environnementaux et socio-économiques, (ii) partager cette réflexion au-delà de notre cercle disciplinaire avec ceux que la démarche intéresse et qu’ils peuvent enrichir grâce à un point de vue extérieur.

L’agronomie a pour originalité d’être pratiquée dans une large mesure hors du milieu académique, notamment par des agents de développement, d’aménagement ainsi que par les agricultrices et agriculteurs eux-mêmes, justement parce que sa raison d’être est d’être en prise avec la pratique agricole d’une part, les enjeux environnementaux et de société d’autre part. Et loin d’une simple mise en œuvre de savoirs pour analyser des situations concrètes et pour résoudre des problèmes liés à la pratique, cette interaction avec l’agriculture, l’environnement et la société est le moteur du renouvellement de la discipline agronomique et l’une des principales sources de production de nouveaux savoirs.

Si l’angle d’attaque de la plupart des numéros de la revue se situe plutôt du côté de la pratique et de son contexte environnemental et socio-économique (ressources naturelles, changement climatique, variétés cultivées, gestion quantitative de l’eau, politiques publiques, défi alimentaire pour reprendre quelques thématiques traitées), tous apportent une réflexion sur la mobilisation et le renouvellement des connaissances et compétences pour répondre à des questions venues du terrain. Beaucoup des faits et arguments proposés aux lecteurs analysent comment ce retour du terrain suscite la conception de solutions en interaction avec les différents acteurs et influence la discipline agronomique elle-même.

Ce numéro renverse l’angle d’attaque : c’est ici la mobilisation et la production des connaissances pour l’action qui est la préoccupation centrale, et les exemples venus de l’interaction avec la pratique agricole et la société qui viennent nourrir cette réflexion. En ce sens, ce numéro s’inscrit dans la lignée des deux numéros consacrés au partage interdisciplinaire avec les disciplines de l’écologie et de l’économie, ainsi que de ceux consacrés au conseil et à la formation d’une part, à l’innovation d’autre part, dont il constitue un prolongement stimulant. Il analyse ainsi avec un regard pluridisciplinaire comment le savoir agronomique se dégage à partir de processus d’innovation dans ce que les conceptrices et concepteurs du numéro appellent des « itinéraires de production de savoirs agronomiques » et comment il interagit avec l’activité de conseil.

De façon parfaitement cohérente avec cette approche, ce numéro est constitué d’une diversité de types de textes : articles scientifiques, témoignages, comptes rendus de travaux de groupes lors des 8èmes entretiens du Pradel, points de vue à débattre et notes de lecture, en un volume de grande richesse et densité.

Ainsi, comme l’écrit Jean-Marc Meynard en ouverture de ce numéro, « on met souvent en avant, à l’INRA en particulier, le renouvellement de l’agronomie par le rapprochement avec l’écologie. Mais le renouvellement de l’agronomie vient au moins autant des interrogations autour des savoirs pour le développement, qu’il s’agisse de prendre en compte des savoirs empiriques, comme complément aux savoirs estampillés, ou de réfléchir l’action au niveau de systèmes alimentaires et de territoires, ce qui engage les agronomes à renforcer leurs collaborations avec les économistes et les sociologues, et à renouveler leurs méthodes autant que la nature des savoirs qu’ils produisent. »

Au terme de ce numéro, le lecteur aura pu éprouver combien le savoir agronomique, pour être en mesure de répondre au défi de la durabilité des agricultures, doit être en prise avec les questionnements issus de la pratique agricole et des préoccupations de l’ensemble des acteurs des territoires, et plus généralement de la société. Il aura sans doute aussi compris combien ce mode d’élaboration des savoirs agronomiques est tributaire de dispositifs pérennes et de moyens humains et financiers, donc d’une volonté politique. Bonne lecture !

 

Remerciements :

 

Aux auteures et auteurs des textes

 

Aux membres du comité de numéro :

Philippe Prévost, Mathieu Capitaine, Lorène Prost, Marianne Cerf, Bertrand Omon, Claude Compagnone

 

Aux relectrices et relecteurs :

Fabienne Barataud, Valentin Beauval, Magali Benoît, Jean Boiffin, Xavier Coquil, Christophe David, Stéphane de Tourdonnet, Thierry Doré, Sarah Feuillette, Yves François, Jean-Jacques Gailleton, Christian Gary, Antoine Gauffreteau, Nicolas Hervé, Marie-Hélène Jeuffroy, Pierre-Benoît Joly, Etienne Josien, François Kockmann, Catherine Laurent, François Laurent, Christine Leclercq, François Léger, Danielle Magda, Thierry Papillon, Xavier Pinochet, Philippe Pointereau, Raymond Reau, Claire Ruault, Guy Trébuil, Jean-Marie Vinatier.

 

A l’équipe de suivi et réalisation de la chaine éditoriale :

Sophie Douhairie, Danielle Lanquetuit et Philippe Prévost.


 

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