Revue AE&S vol.7,n°1, 13

La « commande nutritionnelle » : concevoir les systèmes de production et de transformation des aliments à partir d’une préoccupation nutritionnelle

 

Analyse du concept de santé globale pour accompagner les transitions agricoles et alimentaires : application au cas des légumineuses.

 

M Duru*, E Justes*, G Falconnier*, EP Journet*, P Triboulet*, MB Magrini*

 

*UMR AGIR, INRA, Université Toulouse, INPT, 31326, Castanet Tolosan, France

Contact auteurs : michel.duru@inra.fr

 

 

 


Résumé

Au cours des 50 dernières années, des changements majeurs en agriculture et dans notre alimentation ont généré des effets délétères sur l’environnement et la santé humaine. Pour rendre compte des interdépendances entre les différentes composantes de nos systèmes agricoles et alimentaires, nous avons construit un cadre d’analyse, le « multiscope », en couplant les approches « d’une seule santé », « one-Health » (l’animal et l’homme dans leur environnement : sol, plante, écosystème), et celles des systèmes alimentaires durables (impacts sur la santé et l’environnement des régimes alimentaires). Ce multiscope nous permet d’identifier les vecteurs de santé (biodiversité, micronutriments) ou de réduction de nuisances (gaz, polluants), puis d’analyser les effets en cascade (de la parcelle ou l’animal à la planète) consécutifs aux choix de production dans les systèmes agricoles et in fine alimentaires. Nous avons défini 3 principes majeurs pour améliorer la santé des différents domaines : i) promouvoir les services écosystémiques par la biodiversité, ii) boucler les cycles biogéochimiques et iii) renforcer le bien-être des animaux et des hommes. Nous appliquons ce cadre d’analyse au cas des légumineuses, fourragères et à graines, qui ont connu une forte régression depuis un demi-siècle malgré leurs importants atouts environnementaux et nutritionnels. Nous montrons que ce multiscope permet d’accompagner les transitions agricoles et alimentaires en favorisant : i) une compréhension intégrée des dynamiques d’innovations et des verrous au développement des légumineuses, ii) une re-conception des systèmes de culture et d’élevage, iii) la construction de scénarios territoriaux fondés sur le développement de la culture des légumineuses et de leur utilisation en alimentation humaine.

 

Mots clefs : sol, légumineuses à graines, légumineuses fourragères, gaz à effet de serre, santé humaine

 


Abstract

A multiscope perspective on one-health to accompany ecological and nutritional transitions applied to legumes

 

Over the past 50 years, major changes in agriculture and in our diets have had a deleterious effect on the environment and human health. In order to account for the interdependencies between the various components of our agricultural and food systems, we have built an analytical framework, the "multiscope", by combining the "one-health" concept (animals and humans in their environment: soil, plant, ecosystem) and those of sustainable food systems (health and environmental impacts of diets). This multiscope allows us to identify the vectors of health (biodiversity, micronutrients) or reduction of nuisances (gas, pollutants), and then to analyze the cascade effects (from the plot or the animal to the planet) consecutive to the choices of production in agricultural and food systems. We have identified three major principles for improving the health of the various areas: (i) promoting ecosystem services through biodiversity; (ii) closing biogeochemical cycles, and (iii) enhancing animal and human welfare. We apply this analytical framework to the case of legumes, pulses and forages, which experienced a sharp decline during this period despite their significant environmental and nutritional assets. We show that this multiscope makes it possible to accompany the agricultural and food transitions by promoting: i) an integrated understanding of the dynamics of innovations and the lockins to the development of the legumes, ii) a re-design of the cropping and livestock systems, (iii) the construction of territorial scenarios based on the development of legume crops and their use in human food.

 

Keywords : soil, pulse, forage legume, greenhouse gas, human health

 


Introduction

 

Le progrès génétique permis par la sélection végétale et animale, l’utilisation croissante d’intrants de synthèse (engrais N-P-K et pesticides) et la mécanisation ont permis d’accroître massivement l’offre alimentaire dans les pays occidentaux, mais ont aussi entraîné une détérioration de l’environnement (Meynard et al., 2013 ; Therond et al., 2017). Les impacts environnementaux sont particulièrement importants en élevage puisqu’ils cumulent ceux qui sont spécifiques (émission de méthane par les ruminants) ou amplifiés par cette activité (du fait d’émissions de N2O, pollutions des eaux par nitrates et phosphates, et de l’air par l’ammoniac) et ceux provenant des productions végétales nécessaires à l’alimentation des animaux (Nijdam et al., 2012 ; Chatterton et al., 2015 ; Schader et al., 2015). De manière concomitante, les changements dans les systèmes alimentaires des pays occidentaux ont porté sur l’accroissement de la consommation de sucres rapides et de matières grasses saturées (Friel et al., 2009), ainsi que de la part des protéines animales (Guyomard et al., 2014), et du déséquilibre dans la consommation en acides gras polyinsaturés (Simopoulos, 2006). Ces changements, joints à la réduction de l’activité physique, ont été néfastes pour la santé humaine (Tilman et Clark, 2014). Ils contribuent au développement de maladies chroniques (maladies cardio-vasculaires, cancer, obésité, diabète, etc….).

Face à ces enjeux environnementaux et nutritionnels, de nombreuses études portent sur une alimentation plus durable, pour à la fois réduire son impact environnemental et améliorer la santé humaine (Friel et al., 2009 ; Biesbroek et al., 2014 ; Garnett et al., 2014). Dans les pays occidentaux, un premier scenario porte sur la réduction de consommation de produits animaux qui émettent, par unité de production de protéines, plus de gaz à effet de serre que les produits végétaux (Westhoek et al., 2014). Du point de vue santé, il a été montré que l’excès de consommation de viande rouge (Yip et al., 2013) accroit les risques de cancer du colon (Ekmekcioglu et al., 2016) et que les charcuteries du fait de leur mode de transformation (nitrite et molécules associées) ont un impact sur la santé (Jiang et Xiong 2016). Dans cette compétition pour les ressources entre alimentation animale et alimentation humaine, d’autres scénarios proposés cantonnent l’élevage de ruminants aux surfaces obligatoirement en herbe, et les monogastriques à l’utilisation des sous-produits (Röös et al., 2016a).

Les légumineuses sont reconnues pour leur intérêt environnemental, notamment la réduction des émissions des gaz à effet de serre, liée à la non-utilisation d'engrais azotés de synthèse et de l'économie de carbone fossile qui en résulte. Riches en protéines et apportant des micronutriments d’intérêt nutritionnel, elles permettent de réduire la consommation de protéines animales et contribuent aussi à la santé humaine (Chardigny et Walrand, 2016). Les légumes secs par exemple contiennent des anti-oxydants, dont les flavonoïdes, qui contribuent à la prévention du diabète de type 2 chez des patients à risque (Mirmiran et al., 2014). Cependant, malgré leur intérêt pour l’environnement et la santé humaine, les légumineuses ont fortement régressé dans les systèmes de culture, l’alimentation animale et humaine. Leur développement est bloqué par une situation de verrouillage socio-technique (Magrini et al., 2016) qui fait que pour dépasser les verrous propres à chaque acteur (agriculteurs, éleveurs, consommateurs, opérateurs des filières, décideurs publics), il est nécessaire d’évaluer les bénéfices d’utilisation des légumineuses conjointement entre des domaines divers (le sol, les écosystèmes, la planète, l’homme). Cependant, les études disponibles présentent plusieurs limites du fait de la complexité du sujet :

-        Les façons de produire en agriculture (nature et niveau d’intrants) sont presque toujours examinées séparément des régimes alimentaires, ou lorsque c’est fait (cas de l’agriculture et de l’alimentation biologique), les échelles d’analyse sont difficilement compatibles.

-        Les scénarios de forte réduction de consommation de protéines animales n’envisagent pas à notre connaissance la culture de légumineuses pour la consommation humaine de façon à atteindre un équilibre entre protéines d’origines végétale et animale. De même, pour rendre réalistes des scénarios où l’alimentation des ruminants repose sur l’herbe et celle des monogastriques sur des co-produits, des cultures de légumineuses fourragères et à graines doivent être considérées pour apporter des protéines en quantité suffisante pour nourrir les animaux.

-        Les scénarios sont basés sur la prise en compte de l’origine des protéines (animales vs. végétales), mais ils n’incluent pas les acides gras qui sont aussi un problème de santé publique. Cette caractéristique est à prendre en compte car la composition des produits en acides gras à longue chaine est très dépendante des modes d’alimentation des animaux (Mourot, 2015).

-        Les impacts environnementaux de l’agriculture sont souvent considérés simultanément pour nombre de polluants (analyse de cycle de vie) mais à l’échelle de la ferme sans distinguer ceux pour lesquels cet impact est local (NO3) ou global (N2O, CH4), ou bien au contraire en se limitant à un élément (azote) examiné à plusieurs niveaux (cascade de l’azote).

-        Les relations de dépendance entre les pratiques agricoles et leurs effets environnementaux, de même qu’entre les modes d’alimentation et la santé humaine sont généralement explicités par type de processus : quantité et qualité des nutriments, émissions de gaz et de particules dans le sol, l’eau et l’air. Ce cloisonnement limite fortement la compréhension des impacts de changements dans les systèmes agricoles ou surtout alimentaires compte tenu de la diversité des interactions (concurrence, complémentarité) en jeu avec d’autres cultures pour l’utilisation des terres, ainsi qu’avec d’autres ressources pour l’alimentation animale et humaine.

Pour ces raisons, il importe de construire un cadre d’analyse multi-domaines et multi-niveaux pour examiner les impacts de changements dans les systèmes agricoles (les productions et les façons de produire) et in fine alimentaires (des produits à leur consommation). Une telle approche est nécessaire pour valoriser les atouts « santé » des légumineuses. Après avoir rappelé quelle est la place des légumineuses dans les systèmes agricoles et dans notre alimentation (partie 2), nous proposons un nouveau concept, celui de « santé globale » et un cadre heuristique associé, un « multiscope », pour étudier les relations de santé entre plusieurs compartiments du vivant et de l’environnement (partie 3). Ce concept s’appuie sur la combinaison du concept de « One-Health » (« une seule santé ») utilisé pour rapprocher médecine humaine et animale (Roger et al., 2016), et de celui de « système alimentaire durable » (Allen et al., 2014) utilisé en particulier pour analyser les relations entre régime alimentaire et émissions de gaz à effet de serre. Nous montrerons que ce cadre facilite (partie 4) : i) l’identification des verrouillages limitant les innovations sur les légumineuses qui sont très peu présentes dans nos systèmes agricoles et alimentaires, ii) la co-conception de systèmes agricoles (cultures et élevages) dans lesquels les légumineuses constituent des ressources pivot, iii) la construction de scénarios de transition agroécologique à l’échelle du système alimentaire.

 

Les légumineuses dans les systèmes agricoles et alimentaires

 

Diversité et place des légumineuses pour les apports en protéines dans l’alimentation animale et humaine

En France, d’après l’enquête INCA 2, la consommation de protéines est en moyenne de 86 g par jour et par personne, à raison de 35-40% de protéines végétales et de 60-65% de protéines animales (Guéguen et al., 2016). Ces valeurs sont supérieures aux recommandations officielles tant pour : i) la quantité totale de protéines recommandée, fixée à 0,83 g/jour/kg de poids corporel d’un adulte en bonne santé[1], ii) que pour la proportion de protéines animales (objectif de 50% d’apports protéiques d’origine animale (Anses, 2016).

En France, la consommation humaine de protéines végétales est d’environ 9 millions de tonnes/an, dont 3% de légumineuses. Depuis un siècle, elle a diminué au profit des protéines animales. A titre d’exemple, la consommation de légumes secs a fortement chuté de 7,3 à 1,4 kg/personne/an entre 1920 et 1985 (Champ et al., 2015). Ce niveau est très faible alors que la consommation de légumineuses constitue un bon substitut pour compenser une diminution des protéines animales, au regard notamment de leur composition en acides aminés complémentaires des céréales (Ekmekcioglu et al., 2016 ; Chardigny et Walrand, 2016).

L’alimentation animale consomme l’essentiel des protéines végétales, environ 34 millions de tonnes dont 12 millions provenant des prairies (4 par les légumineuses et 8 par les non légumineuses). Les autres apports proviennent des tourteaux (pour un peu moins de la moitié par les tourteaux de tournesol et de colza produits en France et pour moitié par les tourteaux de soja importés), des fourrages annuels et des céréales (maïs grain, blé, tournesol). Après avoir beaucoup augmenté depuis les années 1960, l’importation des tourteaux de soja s’est stabilisée et a même diminué depuis les années 2000 au profit des tourteaux de colza et de tournesol. Le pois représente la principale espèce de protéagineux cultivée en France ; sa production a beaucoup cru entre 1980 et 1990, mais elle s’est effondrée dans les années 2000, entre autre avec la réforme des aides PAC et le développement du pathogène Aphanomycès (Voisin et al., 2014 ; Magrini et al., 2016).

La production de protéines animales mobilise en France près de 80% des sources de protéines végétales (nous estimons que cela représente au final environ 75% pour tenir compte qu’environ 40% des produits laitiers sont exportés) pour fournir 60 % des protéines de l'alimentation humaine.

 

Atouts des légumineuses pour l’environnement et la santé humaine en comparaison des autres sources de protéines

Nous synthétisons ci-dessous la littérature (Fig. 1), notamment sur la base de l’ouvrage coordonné par Schneider et Huyghe (2015).

 

 

Figure 1 : Principales sources de protéines (légumineuses fixant l’azote atmosphérique et non-légumineuses nécessitant de l’azote minéral) pour l’alimentation animale et humaine, et impacts sur l’environnement (eau et air, sol et biodiversité) et la santé humaine.

Flux d’azote (flèches jaunes), de protéines végétales (flèches vertes) et animales (flèches oranges). Impacts négatifs (flèches rouges et jaunes verticales). Services écosystémiques fournis par les légumineuses et les prairies (flèches vertes courbes) ; AGS : Acide gras saturés, AGPI : acides gras poly-insaturés ; Norg : N organique ; Natm : N atmosphérique .

 

Agriculture et environnement

L’introduction de légumineuses dans les systèmes de culture peut se faire en culture seule ou en culture associée avec des espèces non fixatrices (mélange d’espèces) pour la vente ou l’auto-consommation pour les animaux, ou en tant que culture intermédiaire multi-services (Vukicevich et al., 2016). Pour bien caractériser les domaines d’impacts, il importe de distinguer les services écosystémiques fournis par les légumineuses selon les bénéficiaires. Plusieurs auteurs (ex, Zhang et al., 2007) distinguent les agriculteurs et la société.

Les services rendus à l’agriculture sont appelés services intrants car ils permettent de réduire les fertilisants et les pesticides chimiques (Duru et al., 2015a). Dans la majorité des cas, les légumineuses ne nécessitent pas d’apport d’engrais de synthèse, tout en permettant des rendements de bons niveaux. En culture associée, grâce aux processus de complémentarité de niche et de facilitation, les deux cultures permettent de produire sur une même surface autant qu’en cultures pures, et ce d’autant plus que le niveau d’intrants est bas. Les légumineuses permettent aussi de restituer plus d’azote aux cultures suivantes que les espèces non fixatrices (Bedoussac et al., 2015) et contribuent ainsi à améliorer la fertilité chimique et biologique du sol en situation de faible disponibilité en engrais azoté (Fig 1, boîte « sol ») (Crotty et al., 2015). Par l’allongement et la diversification de la rotation, elles permettent de mieux gérer les adventices et de réduire les épandages de certains produits phytosanitaires en utilisant l’effet de culture de rupture par rapport aux cycles des pathogènes. L’introduction des légumineuses dans les systèmes d’élevage peut se faire grâce (i) à des prairies temporaires de légumineuses pures (luzerne, sainfoin) ou associées à des graminées, et (ii) aux méteils (céréales associées de céréales avec du pois ou de la féverole) utilisables comme pâturage, en ensilage ou sous forme de graines. Du fait de leurs propriétés nutritionnelles, les légumineuses fourragères permettent une meilleure autonomie protéique fourragère des exploitations d’élevage, participent à l’amélioration de la santé du troupeau et permettent une diminution de l’utilisation de médicaments vétérinaires (Peysson et Vulliet, 2013). Par exemple, les légumineuses riches en tanins (sainfoin) permettent de réduire ou supprimer l’utilisation d’anthelminthiques de synthèse pour lutter contre les nématodes gastro-intestinaux des ruminants (Hoste et al, 2015).

Les principaux services environnementaux fournis à la société portent sur la réduction de certaines émissions polluantes (Voisin et al., 2014), notamment dans l’air : i) gaz à effet de serre (CO2 et N2O) du fait de la non fabrication et de la non utilisation d’engrais de synthèse, et ii) ammoniac (NH3) (Kim et al., 2015, Misselbrook et al., 2013, Siddique et al., 2012). Par exemple, remplacer une culture de céréale par du pois et/ou du soja dans le cas d’une rotation de trois à cinq ans, peut réduire les impacts environnementaux, de l’ordre de : i) 20% des apports d’azote de synthèse, ii) environ 80% de la formation d’ozone, iii) environ 90% de l’eutrophisation et des GES, et enfin iv) de l’ordre de 15% l’effet d’acidification (Nemececk et al., 2008). En plus de ces effets, les prairies avec légumineuses augmentent le stockage du carbone, contribuant ainsi à atténuer le changement climatique (Lüscher et al., 2014). La culture de certaines espèces (luzerne, trèfle violet) permet de réduire les émissions de méthane (CH4) par les ruminants, en comparaison des graminées (Baumont et al., 2016). Les résidus de médicaments vétérinaires pouvant se retrouver dans les déjections animales puis dans les eaux de drainage ou transférant vers les rivières sont également réduits (Peysson et Vulliet, 2013). Enfin, l’introduction des légumineuses dans les systèmes de culture et d’élevage contribue à la préservation de la biodiversité cultivée dans les paysages ruraux (Cellier et al., 2016) ; ainsi elles enrichissent la mosaïque paysagère, favorisant en retour la régulation biologique des ennemis naturels des cultures et la pollinisation. Les effets se manifestent alors au niveau infra paysage par la réduction du besoin en pesticides ou un meilleur rendement des cultures qui dépendent de la pollinisation (Barthomeus et al., 2014).

Des travaux récents sur l’insertion des légumineuses dans les systèmes céréaliers pointent cependant les faiblesses des systèmes intégrant des légumineuses à graines, notamment pour le stockage du carbone dans le sol (Plaza-Bonilla et al., 2016a) et les émissions directes de N2O (Peyrard et al., 2016). Pour stocker plus de carbone dans le sol et limiter les émissions de N2O, il est nécessaire de coupler introduction des légumineuses à graines et utilisation de couverts intermédiaires multi-services (CIMS) en interculture pour obtenir un effet globalement positif des légumineuses à graines (Plaza-Bonilla et al., 2016b).

Les ACV permettent de bien d’évaluer la réduction de plusieurs types d’impacts (acidification, euthrophisation,…) permis par les légumineuses. Cependant, elles sont mal adaptées à l’évaluation des régulations biologiques, et à la quantification de certains effets négatifs générés par l’utilisation des légumineuses. Par exemple, l’utilisation de légumineuses en cultures intermédiaires, seules ou en mélange avec d'autres espèces, peut augmenter les prélèvements d’eau à un niveau pénalisant la culture principale suivante, si la date de destruction des CIMS n’est pas adaptée à la situation locale et au climat (Plaza-Bonilla et al., 2015).

 

Agriculture, alimentation et santé humaine

Les effets des légumineuses sur la santé peuvent provenir de l’alimentation ou bien de l’environnement, de manière indirecte du fait de la réduction de certaines émissions polluantes.

Les plus forts consommateurs de protéines végétales sont mieux protégés contre le risque de mortalité par infarctus et par cancer (Champ et al., 2015). En outre, une alimentation des animaux renforçant la place des légumineuses (luzerne pour les monogastriques) ou de l’herbe, en particulier avec légumineuses (ruminants), améliore leur santé (Basiricò et al., 2017) et la teneur en omega 3 de tous les produits animaux, ce qui permet de réduire fortement l’écart entre les recommandations (Anses, 2015) et les apports moyens (Duru et Magrini, 2016). Néanmoins, cet effet positif ne s’exprime pleinement qu’avec une complémentation à partir de tourteaux et huiles de colza riches en omega 3 ; une complémentation avec des tourteaux et huiles de tournesol réduisant la teneur en omega 3 des produits animaux, et ceux de soja conduisent à des valeurs intermédiaires entre tourteaux et huiles de colza et de soja étant intermédiaires (Glasser et al., 2008).

L’élevage est un fort émetteur d’ammoniac en comparaison des cultures surtout lors de l’épandage des déjections (De Vries et al., 2015). Une partie de l’ammoniac émis peut former des aérosols qui sont alors susceptibles d’un transport atmosphérique à longue distance. L’ammoniac contribue ainsi pour une part importante (30-70 %) à la pollution de l’air par les particules fines (<2,5 ?m) qui représentent une menace réelle pour la santé humaine (Kim et al., 2015). A l’opposé, les légumineuses permettent de réduire ces émissions. L’élevage et les légumineuses contribuent donc respectivement à amplifier et réduire les effets sur la santé humaine associés à ces émissions.

 

La santé comme concept fédérateur

 

Relier agriculture, environnement et alimentation

Articuler les approches « une seule santé » et « système alimentaire durable »

Nous proposons ci-dessous un cadre d’analyse multi-niveaux et multi-domaines pour décortiquer les relations complexes entre les impacts environnementaux et les impacts santé des systèmes agricoles et alimentaires. Plusieurs courants de recherche se sont attaqués à cette complexité. Celui d’une seule santé (one-health), d’abord ciblé sur les interdépendances entre la santé des animaux et des hommes pour l’étude des maladies infectieuses transmissibles (Lerner et al., 2015), a été étendu aux relations entre la santé des sols, des plantes, des animaux et des hommes (Viewdeger et al., 2015). D’autres travaux offrent une vision plus large basée sur la prise en compte de la « santé de la planète » (Whitmee et al., 2015) ; l’analyse étant fondée sur l’interdépendance croissante entre santé animale, humaine et environnementale (Shomaker et al., 2013), sans pour autant prendre en considération les systèmes alimentaires.

Les recherches portant sur la santé humaine et la sécurité alimentaire prennent aussi de plus en plus en compte l’environnement au travers du concept de système alimentaire durable qui permet de mettre l’accent sur la santé humaine (accès à la nourriture et réduction des maladies chroniques) tout en intégrant la dimension de préservation des ressources de la planète (Allen et al., 2014 ; Johnson et al., 2014 ; Friel et Ford, 2015).

Ces deux cadres d’analyse sont complémentaires ; le premier traite principalement des relations entre l’agriculture (le sol, les plantes, les animaux, les écosystèmes) et l’environnement sous l’angle de la santé, le second porte sur la santé humaine en lien avec l’alimentation et ses impacts environnementaux. C’est pourquoi nous les avons couplés, permettant ainsi de considérer la santé dans six domaines (sol, plante, animal, écosystème à l’échelle du paysage, planète et santé humaine).

Cette représentation (le « multiscope »), issue du couplage de ces deux cadres complémentaires, nous permet de caractériser les processus reliant les niveaux d’organisation micro et macro. Ceci permet de situer les échelles et les domaines d’action pour améliorer la santé dans un ou plusieurs domaines sans la détériorer dans les autres domaines connexes (figure 2). Afin de comprendre les liens entre ces domaines de santé, nous les avons regroupés par niveau d’organisation, l’humain étant positionné sur la courbe extérieure car sa santé est tributaire de la santé dans les cinq autres domaines. Ainsi définie, la « santé globale » constitue un nouveau paradigme permettant de repenser les relations entre agriculture, environnement et alimentation ; l’hypothèse étant que la santé d’un domaine a des effets directs et indirects sur la santé dans plusieurs autres domaines ou que la façon d’assurer la santé dans un domaine a des effets sur la santé des autres domaines. La santé constitue en quelque sorte une métrique conceptuelle entre les différents domaines et niveaux d’organisation.

 

 

Figure 2 : Une représentation systémique du concept de « santé globale » en six domaines (en jaune) avec les principaux indicateurs (en vert) et leviers (en gris clair) pour améliorer la santé dans les différents domaines. Les flèches rouges et les ovales concentriques signifient que les états de santé entre différents domaines sont pour partie interdépendants ; MO : matières organiques

 

Identifier les relations entre domaines de santé

Ce paradigme de santé globale, matérialisé dans le multiscope présenté ci-avant, permet de montrer comment les grands enjeux de santé humaine et de « santé de la planète » sont liés entre eux, et comment ils déterminent ceux de « santé des agroécosystèmes » (sols, plantes et animaux) et vice versa.

L’analyse de la littérature sur la santé des sols (ex, Laishram et al., 2012), des plantes (ex, Ren et al., 2014), des animaux (ex, Bertoni et al., 2016), des écosystèmes (Ford et al., 2015) en lien avec la santé humaine permet d’identifier des leviers pour augmenter la santé simultanément dans plusieurs domaines. Ces leviers portent sur : i) la gestion des sols, ii) la conception et le pilotage de systèmes de culture et d’élevage au niveau des exploitations agricoles, iii) la gestion de la biodiversité à l’échelle des exploitations agricoles et des paysages (répartition spatiale des cultures et des infrastructures paysagères), iv) les grands échanges de matières et d’énergie entre pays à l’échelle de la planète, v) les process industriels au sein des filières et les choix alimentaires des consommateurs (Fig 2). Elle permet aussi d’identifier des indicateurs de santé (ou de nuisances) ; quelques-uns étant indiqués fig.2. Cette analyse montre aussi que trois grands principes permettent d’améliorer la santé de manière transverse à plusieurs domaines : i) développer la biodiversité pour promouvoir toute une gamme de services écosystémiques, d’une échelle fine à l’échelle du paysage, ii) boucler les cycles biogéochimiques, d’une échelle fine (e.g. rhizosphère) à la planète (e.g. échanges internationaux de produits agricoles), et enfin iii) assurer le bien-être animal et humain, notamment par une alimentation équilibrée. Les domaines de la « santé globale » sont interconnectés par de nombreux facteurs (Döring et al., 2014) : i) les flux de nutriments et de toxines dans la chaine alimentaire, ii) les émissions dans l’air et le sol, iii) la biodiversité (pour la fourniture de services écosystémiques), les micro-organismes, et iv) les liens structurels dans le système alimentaire (par ex., la part des protéines végétales et animales). Des changements en cascade peuvent se manifester du local (le sol) au global (la planète) et vice versa. Leur explicitation est nécessaire pour comprendre les interconnections entre agriculture, environnement et alimentation.

L’analyse de la santé de manière transversale aux six domaines nous amène à identifier cinq propriétés à examiner pour accompagner les transitions agricoles et alimentaires. Nous les examinons ci-dessous dans la perspective du développement de la production et de la valorisation alimentaire des légumineuses.

Les légumineuses ont des effets dans les différents domaines de santé qui peuvent être quantifiés par des indicateurs tels que ceux indiqués sur la figure 2. Cependant, les principaux effets de l’introduction des légumineuses dans les systèmes agricoles et dans les systèmes alimentaires sont diffus, ce qui nécessite que leur introduction soit fortement accrue et raisonnée pour réduire de manière perceptible les émissions aux niveaux des territoires et de la planète et les risques de maladies chroniques. Autrement dit, ce n’est pas le fait d’un seul acteur (agriculteur ou citoyen). En outre, les effets sont aussi différés dans le temps, ce qui fait qu’un changement de système agricole et de régime alimentaire ne se traduit pas par des effets immédiats sur le réchauffement global et la santé humaine. Les effets sont aussi dépendants d’autres pratiques pour qu’ils s’expriment pleinement. Ainsi ils dépendent i) de la maîtrise des résidus après culture pour éviter des relargages ultérieurs d’azote actif dans le système (notion d’effet suivant), ii) de la mise en place d’une économie circulaire pour promouvoir par exemple des échanges entre cultivateurs et éleveurs (Moraine et al., 2016), et aussi iii) de la suppression des facteurs anti-nutritifs tant pour l’alimentation humaine (Guéguen et al., 2016) qu’animale (Baumont, 2016). Ces effets sont aussi déportés dans l’espace. C’est l’exemple des polluants, comme les ions nitrate, pour lesquels le transfert dans l’environnement (cascade de l’azote), au-delà de la pollution des nappes et des eaux de consommation humaine, entraine un renforcement de l’eutrophisation des milieux aquatiques, qui se manifeste à l’exutoire des bassins versants et non en bout de champ. Un second exemple est le cas des gaz à effet de serre dont les effets sur les rendements des cultures via le changement climatique se manifestent plus dans les zones tropicales que dans les zones tempérées, et donc relativement loin des zones d’émissions (pays industrialisés). Enfin, ces effets sont décalés en ce sens qu’ils sont le plus souvent transverses à différents niveaux d’organisation, mais à des degrés dépendant des vecteurs des « atouts santé » dont les mobilités sont différentes. Ainsi, l’introduction de légumineuses participe très localement à la santé des sols par l’augmentation de la vie biologique, des paysages par la diversification des cultures et la réduction de polluants (NH3), et de la planète par réduction de l’émission en gaz à effet de serre.

 

Analyse des atouts santé des légumineuses avec le multiscope

Nous analysons l’effet de l’introduction des légumineuses dans les systèmes de culture et d’élevage, dans les paysages (importance et distribution) et dans les systèmes alimentaires, concomitamment à des changements dans les habitudes alimentaires et le marché international de protéines. Nous en décrivons les impacts sur la santé dans chacun des six domaines, et les effets en cascade entre niveaux et domaines. Les impacts portent sur quelques indicateurs comme la matière organique des sols, la biodiversité à différentes échelles, les émissions (N et C), et l’offre en différents types de protéines (Fig. 3).

 

Figure 3 : Représentation systémique des impacts de l’introduction des légumineuses dans les systèmes agricoles et alimentaires, en substitution de la réduction de l’azote de synthèse (Nsnth), des productions animales entrant en compétition avec l’alimentation humaine et des tourteaux de soja importés, sur les six domaines de la santé (en jaune) déterminant la « santé globale ». Les légumineuses élargissent la palette des leviers permettant d’augmenter la santé sectorielle ou locale en ayant un effet sur les vecteurs que sont les nuisances liées aux émissions, les nutriments et les matières organiques (MO), la biodiversité et l’offre en protéines. Les flèches indiquent quelques-uns des impacts en cascade des effets de l’introduction des légumineuses et des choix alimentaires.

 

Analyse multi domaines de la substitution des protéines animales par des protéines végétales

Comme d’autres auteurs, Garnett (2013) montre que pour tendre vers des systèmes alimentaires durables, réduire la consommation de protéines animales est un levier plus efficace que de se limiter à la réduction des impacts environnementaux de l’élevage uniquement par l’amélioration de l’efficience d’utilisation des intrants. Ce scenario suppose de développer des légumineuses pour la consommation humaine. Il présente cependant trois spécificités qui ont rarement été considérées ensemble :

-        Au delà de la réduction des impacts environnementaux liés au détour par les animaux pour la fabrication de protéines, le remplacement d’une partie des surfaces en céréales par des légumineuses fournit un ensemble de services écosystémiques intrants et environnementaux. Un tel choix, s’il est de grande ampleur, induit aussi en cascade une amélioration de la santé des sols, des écosystèmes et de la planète (Fig. 3).

-        La recherche d’une plus grande autonomie en protéines des élevages à l’échelle de la France suppose de réduire encore les importations des tourteaux de soja qui contribuent à des émissions de gaz à effet de serre élevées, en partie du fait de la déforestation en Amérique Latine (Karstensen et al., 2013) . Cependant leur remplacement par des tourteaux de colza présente deux inconvénients : c’est une espèce non fixatrice et l’indice de fréquence de traitement phytosanitaire est élevé. C’est pourquoi un scénario basé sur l’augmentation des protéines végétales issues de légumineuses produites en France serait susceptible d’accroître le bénéfice santé dans les différents domaines présentés ci-dessus.

-        L’introduction de légumineuses dans les prairies (Yan et al., 2013), et, plus généralement, la diversification des ressources fourragères avec des légumineuses (Martin et Willaume, 2016) améliore la teneur en oméga 3 des produits animaux (Duru, 2016).

 

Le multiscope permet de mettre en évidence le fait que le bouclage des cycles met en jeu des décisions et des pratiques qui portent sur l’insertion des légumineuses à la fois dans les systèmes agricoles et dans les systèmes alimentaires, tant au niveau local (Le Noé et al., 2016) qu’au niveau planétaire, comme illustré par la « cascade de l’azote » (Billen et al., 2014). Le développement des légumineuses interroge donc des processus biophysiques localisés, par exemple au niveau de la rhizosphère (Philippot et al., 2013), mais aussi des organisations de marché, du niveau local jusqu’à l’échelle planétaire.

L’introduction des légumineuses dans les systèmes de culture participe à l’amélioration d’une partie de la santé du sol avec des effets en cascade potentiellement déterminants puisqu’ils portent sur la santé des plantes, laissant la possibilité de réduire les intrants impactant l’environnement (pesticides, engrais de synthèse) via des émissions dont certaines impactent aussi directement la santé humaine à une échelle locale (NH3), alors que d’autres émissions ont un effet à une échelle globale (CO2, N2O, CH4) au travers de leurs effets indirects mais réels sur la sécurité alimentaire (Fig. 3).

Sous certaines conditions, l’introduction des légumineuses dans les systèmes d’alimentation animale améliore la santé animale via la réduction des émissions locales (résidus de produits vétérinaires), diminuant en conséquence le risque de nuisance pour la santé humaine. Les émissions à l’échelle globale (CH4) sont également réduites contribuant aussi à améliorer la santé de la planète.

En réintroduisant massivement les légumineuses dans les systèmes de culture et d’élevage (par exemple 30% dans les prairies), le paysage est refaçonné, favorisant ainsi des externalités positives. L’introduction des légumineuses dans les systèmes de culture et d’élevage est un des leviers à coupler à d’autres (par ex. réduction du travail du sol, cultures de diversification comme les cultures intermédiaires multi-services, ou l’agroforesterie) pour amplifier le bouclage des cycles (couplage des cycles du C et de l’N), ou comme les infrastructures paysagères pour amplifier les régulations biologiques (Muller, 2005).

Cependant l’introduction des légumineuses dans les systèmes agricole doit être concomitante à d’autres pratiques pour que certains des effets potentiellement négatifs des légumineuses ne se manifestent : introduction des CIMS pour stocker du carbone dans les sols cultivés en grandes cultures (Plaza-Bonilla et al., 2016a), choix d’espèces ou de variétés résistantes pour éviter la propagation du pathogène racinaire Aphanomycès, pratiques de récolte des fourrages pour limiter le risque de météorisation des ruminants.

 

Analyse multi niveaux des flux d’azote en fonction de la place des légumineuses dans les systèmes agricoles et alimentaires

Pour illustrer l’intérêt d’une lecture multi-niveaux de la place des légumineuses dans les systèmes agricoles et alimentaires européens (en resituant ces changements dans un contexte mondial), nous décrivons ci-dessous les conséquences d’un des traits majeurs du système agroalimentaire dominant qui s’est construit depuis les années 1970, à savoir le développement massif de la culture du soja, le plus souvent en rotation courte, en Argentine, au Brésil et aux USA (la production mondiale de soja a été multipliée par 5 depuis les années 1960) : la culture massive du soja a ainsi induit :

(i)     des résistances de certaines adventices à l’utilisation du glyphosate, qui ont conduit à augmenter les quantités d’herbicides et les résidus dans les graines (Cuhra et al., 2015), ainsi que la déforestation au Brésil et en Argentine (Gasparri et al., 2013). A l’augmentation de la culture du soja est associée en partie l’obésité aux USA qui outre l’excès de consommation de sucres rapides provient de l’augmentation considérable de la quantité d'huiles de soja consommées via les produits transformés (Hawkes et al., 2012), ou les margarines supposées meilleures pour la santé du fait d’une moindre teneur en acides gras saturés que les produits animaux (Schleifer, 2012).

(ii)    des transferts massifs de tourteaux de soja vers l’Europe, principalement dans les régions de forte concentration en élevage comme la Bretagne, ce qui a amplifié cette économie d’agglomération, et a accompagné le développement de systèmes d’élevage d’herbivores à base de maïs plutôt que d’herbe. Il s’en suit des excédents structurels en phosphore (Pellerin et al., 2015) et en azote conduisant à des impacts comme les marées vertes (Levain et al., 2015). En outre, il a été observé au Danemark que les résidus de glyphosate présents dans les aliments du bétail sont toxiques pour le métabolisme des vaches et se retrouvent dans le lait, (Krüger et al., 2013). Cette évolution des systèmes d’élevage a aussi entrainé une forte modification de la composition en acides gras polyinsaturés du lait et des produits laitiers qui ne jouent plus alors le rôle équilibrant qu’ils avaient par rapport aux huiles (Duru et Magrini, 2017). Cette évolution contribue au développement de maladies chroniques (Molendi et al., 2011). La substitution des tourteaux de soja par ceux de colza ne présente pas le même inconvénient mais, n’étant pas une légumineuse, sa culture génère plus de gaz à effet de serre que le soja. En parallèle, la production de cultures de légumineuses à graines s’est effondrée depuis les années 1970, laissant moins de possibilité en autonomie azotée d’un territoire.

 

Dès lors, développer des systèmes agricoles plus vertueux pour la « santé globale », requiert :

(i)  Dans les pays producteurs et exportateurs de soja, une diversification des cultures pour allonger les rotations, réduire l’usage des herbicides et plus largement des pesticides.

(ii)  Dans les régions européennes à forte concentration d’élevage comme la Bretagne, une plus grande autonomie en protéines. Pour les ruminants, le développement de systèmes herbagers (prairies en mélange d’espèces dont des légumineuses) à la place de systèmes à base de céréales/tourteaux de soja permet de réduire les fuites de nitrate vers les eaux de surface et souterraines, ainsi que l’indice de fréquence de traitements et les résidus de pesticides, et ceci sans pour autant réduire les revenus des exploitations (Acosta-Alba et al., 2012). En retour, ces changements améliorent le profil en acides gras des produits animaux, ce qui est bénéfique pour la santé humaine. En outre, une baisse de la densité animale (porc par exemple), et la réintroduction de légumineuses à graines dans les systèmes de culture sont nécessaires pour les monogastriques.

Ces deux options demandent des actions collectives ambitieuses, passant par des réorganisations fortes dans les filières (Meynard et al., 2016).

 

Mobiliser le multiscope pour accompagner les transitions sociotechniques

 

Pour mettre « en action » l’approche de santé globale, il importe d’examiner comment les chercheurs travaillant sur les systèmes agricoles et alimentaires peuvent s’en saisir afin de limiter tel ou tel groupe d’impacts ou renforcer la santé dans tel ou tel domaine, sans pour autant augmenter les nuisances collatérales. Nous examinons ici comment le multiscope peut être mobilisé pour mieux contextualiser les recherches dans un domaine donné ou enrichir le champ des possibles à partir d’exemples portant sur les dynamiques d’innovations et de transition sociotechnique (e.g. Geels, 2011), sur la conception de systèmes agricoles innovants (e.g. Berthet et al., 2016), ou de scénarios (e.g. Röös et al., 2016b).

 

Analyser les dynamiques d’innovations

L’approche MLP « Multi level perspective » (Geels, 2011) offre un cadre d’analyse intéressant pour appréhender la dynamique des innovations dans les secteurs productifs, en mettant l’accent sur différents types de verrous qui renforcent les acteurs du système dominant et empêchent les expériences innovantes de dépasser le statut de niche. L’approche MLP permet d’examiner pourquoi certains systèmes innovants où les légumineuses sont essentielles peinent à se développer (Meynard et al., 2015 ; Magrini et al., 2016).

Un paradigme « agrochimique », encouragé par les politiques publiques françaises et européennes depuis des décennies et soutenu par des dynamiques de marché ayant favorisé les céréales dans les systèmes de culture (Meynard et al., 2013 ; Magrini et al., 2016) ou le maïs ensilage dans les systèmes d’élevage (Duru et Magrini, 2017), a progressivement verrouillé le système actuel autour de ces espèces dominantes. En partie pour ces raisons, des systèmes agricoles, tels que l’agriculture biologique ou de « conservation des sols » pour lesquels les légumineuses sont un pilier (Siddique et al., 2012), peinent à se développer. A contrario, de nombreux travaux montrent que les acteurs testent ou sont réceptifs à d’autres alternatives. Des coopératives agricoles testent des innovations couplées dans les systèmes de culture et les filières (Meynard et al., 2016). Au niveau des agriculteurs, des initiatives pour le développement des légumineuses dans les systèmes agricoles et alimentaires émergent, comme le développement des cultures associées blé–légumineuses (Bedoussac et al., 2015). Enfin, il est possible de mettre en avant et de mieux faire reconnaitre les services écosystémiques que les légumineuses fournissent (Zander et al., 2016).

Dans le domaine des systèmes alimentaires, plusieurs auteurs pointent les habitudes des consommateurs comme un frein majeur au changement (Mathijs, 2015), habitudes qui peuvent être soutenues par l’industrie agroalimentaire (Chiles, 2016), et étonnamment par les classifications nutritionnelles des pyramides alimentaires. En effet, certains pays cantonnent les légumineuses comme source de féculents (cas de la France) alors que d’autres les classent comme une source de protéines (cas des pays anglo-saxons) (Magrini et al., 2016). Toutefois, des consommateurs mieux informés et éduqués sont tout à fait capables de modifier leurs habitudes alimentaires. Des initiatives pour le développement des légumineuses émergent dans l’agroalimentaire comme le développement des farines de légumineuses dans différents produits de base (pâtes, pains, biscuits…) (Lascialfari et Magrini, 2016).

Le multiscope, par l’opportunité qu’il offre de relier systèmes agricoles et alimentaires, devrait permettre de mieux contextualiser les analyses portant sur l’un ou l’autre des domaines, voire d’imaginer des mises en relation entre des innovations dans les systèmes agricoles et alimentaires au travers de la mise en place de circuits courts ou d’opérations de sensibilisation et d’information.

 

Concevoir des systèmes de culture et d’élevage innovants

La recherche agronomique a depuis les années 2000 amplifié les recherches sur les légumineuses dans les systèmes agricoles, mais le plus souvent par domaine disciplinaire et insuffisamment en s’intéressant à la fois à la production et à la transformation alimentaire. Ainsi, des travaux de recherche ont été réalisés sur les légumineuses au niveau i) génétique (Tayeh et al., 2015), ii) agronomique avec la recherche de modalités d’associations de légumineuses avec des espèces non fixatrices en culture principale (ex., Bedoussac et al., 2015) ou en période d’interculture avec des couverts intermédiaires multi-services (Tribouillois et al., 2015b, 2016), ou encore leur insertion dans les systèmes de culture. Ces travaux mettent en avant l’intérêt des légumineuses, mais aussi certaines faiblesses (Plaza-Bonilla et al., 2016a ; 2016b). Néanmoins, ces recherches sont réalisées à l’échelle de la parcelle et peu de travaux examinent en quoi les légumineuses favorisent simultanément la fourniture de services écosystémiques en distinguant les services fournis à l’agriculture de ceux fournis à la société, ainsi que le bouclage des cycles et le bien-être animal et humain. Nous indiquons ci-dessous des pistes pour prendre en compte ces relations entre domaines de santé dans une perspective de « santé globale ».

Une première piste porte sur l’analyse des conditions de développement des services écosystémiques intrants et environnementaux de façon à limiter les intrants chimiques. Pour la fertilisation, cela suppose d’optimiser les réservoirs organiques et minéraux (avec des temps de séjour longs) qui peuvent être mobilisés au travers de processus médiés par les microorganismes et les plantes plutôt que de se concentrer sur le pool minéral soluble (Drinkwater et Snapp, 2007). L'utilisation de sources de nutriments variés, y compris les engrais inorganiques, combinées à l'augmentation de la diversité des plantes, en particulier les légumineuses, permet alors de promouvoir les fonctions souhaitées au sein des agroécosystèmes. Cela correspond à un véritable changement de paradigme. Outre les recherches nécessaires pour concevoir des conduites appropriées (dates de destruction de ces couverts, ou bien les pratiques associées de travail ou non travail du sol pour augmenter la réserve du sol en eau ou son renouvellement …), la mobilisation du multiscope avec de larges collectifs d’acteurs doit aider à distinguer les services selon les bénéficiaires : services à l’agriculture via la réduction d’intrants, mais nécessitant souvent une augmentation de la prise de risque (Duru et al., 2015a), services à la société via la réduction de certaines émissions qu’il est alors légitime de rémunérer.

Une recherche systémique considérant la santé du sol, des plantes et des écosystèmes, est aussi nécessaire pour identifier les pratiques à associer aux légumineuses afin que les impacts sur la santé transverses à ces domaines s’expriment pleinement. En vue de construire des scénarios territorialisés, il est utile d’évaluer quel devrait être le niveau d’incorporation de légumineuses dans les assolements pour atteindre un niveau de réduction affirmé de l’impact environnemental, notamment en réduisant l’usage des pesticides des systèmes de culture. Cela suppose de développer des approches intégrées où sont considérées ensemble la nutrition, les adventices et les maladies (Siddique et al., 2012), et ce à des échelles de temps et d’espace adaptées pour définir des temps de retour de certaines espèces et des surfaces maximales qui peuvent être allouées au niveau d’un espace donné.

 

Construire des scénarios et définir des chemins pour la transition agroécologique

Evaluer l’intérêt d’une augmentation importante des légumineuses dans les systèmes agricoles et alimentaires s’inscrit dans une perspective de transition agroécologique et alimentaire, qui interroge à la fois les praticiens agricoles, les acteurs dans les territoires, et ceux des politiques nationales et supra (Binot et al., 2015).

A l’échelle des territoires, il a été montré que concevoir la transition agroécologique nécessite des approches multi-acteurs et multi-domaines basées sur une combinaison de connaissances scientifiques et expérientielles et sur la construction d'objets intermédiaires appropriés (Duru et al., 2015b). Une première étape est la construction de scénarios, c’est-à-dire d’images de futurs possibles. Ces scénarios nécessitent d’abord d’identifier les principaux changements exogènes qui pourraient modifier le fonctionnement (i) des systèmes agricoles (par exemple, le climat, la technologie, les politiques, les intrants et les produits, les prix, la disponibilité du travail), (ii) des chaînes d'approvisionnement (par exemple, la technologie, les réglementations, les prix de L'énergie, les intrants et les produits agricoles, les services commercialisés) et (iii) de la gestion des ressources naturelles (par exemple, l'état et l'utilisation des ressources, les règlements). La mobilisation du multiscope peut dans une deuxième étape aider à définir un ou des plan(s) d'action(s) en associant les acteurs locaux dans la conception d'un processus d'innovation coordonné entre les systèmes agricoles, les chaînes d'approvisionnement et la gestion des ressources naturelles. Ce plan d'action doit spécifier à la fois l'agriculture locale à développer, ainsi que les changements organisationnels nécessaires, pour des impacts santé au sein du territoire investigué tout en identifiant ceux dépassant ce périmètre. Des synergies entre activités sont à rechercher, notamment pour augmenter la souveraineté ou l’autonomie d’un territoire en intrants ou en aliments, notamment au travers du développement des légumineuses.

A l’échelle d’un pays, des ateliers participatifs mobilisant des acteurs des filières et de l’agro-alimentaire, des responsables des politiques publiques, et des représentants des consommateurs engagés dans la transition agroécologique, sont un moyen d’échanger des points de vue, et d’identifier des verrous et des points d’accord pour faire évoluer l’organisation des filières pour favoriser des coordinations entre acteurs visant à soutenir une « santé globale ». Là encore, l’utilisation du multiscope peut aider à la concertation en hiérarchisant des facteurs selon leurs effets, en pointant les situations où peuvent s’exprimer des synergies de services écosystémiques ou encore en précisant des échelles de fonctionnement et des échelles d’action, comme cela a été fait pour des innovations basées sur la complémentarité agriculture-élevage (Moraine et al., 2016).

 

Conclusion

 

Bien que les atouts des légumineuses soient nombreux pour le sol, les écosystèmes et l’homme, leur culture et leur utilisation ont fortement régressé en Europe au cours du 20ème siècle. La plupart des études ne considère ces atouts que par domaine (l’agriculture, l’environnement, l’alimentation animale, l’alimentation humaine) indépendamment les uns des autres, ou bien par niveau (le sol, les changements globaux) sans connectivité spatio-temporelle. Partant du constat que ces atouts peuvent paraître minimes en regard des verrous à leur développement lorsqu’ils sont considérés un à un, ou bien parce que les bénéfices à leur utilisation sont distribués entre des domaines très divers (le sol, les plantes, la planète, l’homme), nous proposons le concept de « santé globale » pour relier la santé du sol, des plantes, des animaux, des écosystèmes, de la planète et de l’homme. Nous l’avons décliné en un cadre heuristique multi-niveaux (du sol à la planète). Ce cadre, le multiscope, permet de décrire la complexité des interactions et les effets en cascade suite à des changements de pratiques dans les systèmes agricoles ou d’habitudes alimentaires. Il invite à porter l’attention sur certains effets qui sont différés (dans le temps), déportés (sur un autre lieu), décalés (à un autre niveau d’organisation), diffus (effet de masse nécessaire) et dépendants d’autres innovations. Il conduit à considérer ensemble les processus sous-jacents au bouclage des cycles biogéochimiques qui dépendent tout autant de processus très localisés en relation avec l’association de plantes, que globaux en relation avec les échanges internationaux (tourteaux de soja), au développement des services écosystémiques en considérant conjointement les fonctionnalités des écosystèmes et au bien-être animal et humain (qualité de l’environnement et choix alimentaires). Le concept de santé appliqué à des domaines très différents du vivant et de l’environnement constitue une sorte de métrique conceptuelle qui facilite la mise en relation de processus différents se déroulant à des échelles différentes.

Nous avons illustré l’intérêt du multiscope pour enrichir les études portant sur les dynamiques d’innovations, la conception de systèmes de culture et d’élevage innovants, l’élaboration de scénarios et de plans d’actions pour une transition agroécologique. Toutefois, cette première approche mérite d’être étayée par d’autres applications, pour tester son intérêt et en faire la preuve de concept, notamment dans sa capacité à décloisonner les travaux de recherche, à favoriser l’interdisciplinarité pour la conception intégrée de systèmes agricoles et agro-alimentaires.

 

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