Revue AE&S vol.7, n°2, 12

 

L’évolution des techniques culturales et des systèmes de culture

 

Pratiques culturales pour la réduction des intrants phytosanitaires en vigne périurbaine

 

Francis Macary, ingénieur-chercheur en agroenvironnement, Irstea Centre de Bordeaux,
UR ETBX, 50 avenue de Verdun, Gazinet, 33612 Cestas, cedex.

 

Téléphone : 05 57 89 08 45

Courriel : francis.macary@irstea.fr


Résumé

L’usage des produits phytosanitaires en agriculture et particulièrement en viticulture est devenu un sujet sociétal prégnant. Les questions de santé humaine et de qualité environnementale sont au cœur des débats, ce d’autant plus que le vignoble se situe dans un périmètre proche de riverains.

Les professionnels viticoles conscients de ces enjeux redoublent d’efforts pour réduire les quantités épandues (herbicides, fongicides, insecticides). Malgré des résultats actuels très insuffisants du Plan Ecophyto, l’adaptation des pratiques de production ne cesse d’évoluer (désherbage mécanique, outils d’aide à la décision dans l’optimisation des traitements, utilisation de pulvérisateurs performants par leurs systèmes antidérive, usages de molécules plus respectueuses de l’environnement et de l’humain, mise en œuvre des techniques de biocontrôle,…). La recherche travaille à l’élaboration de cépages résistants aux principaux fléaux du vignoble : mildiou et oïdium. 

Cet atelier terrain dans le Bordelais réunissant professionnels praticiens, conseillers, enseignants, scientifiques, a pu permettre de faire le point sur la plupart de ces sujets et de favoriser des débats très constructifs entre tous les participants.

 

Mots-clés : produits phytosanitaires, viticulture, pratiques agricoles, Bordeaux, périurbain.


Problématique de l’atelier

 

Cet atelier terrain a été organisé en juin 2013, au Château Dillon, exploitation viticole du lycée agro-viticole de Blanquefort, l’un des trois établissements de  l'EPLEFPA* [1] de Bordeaux-Gironde et site expérimental du VINOPOLE [2] de Bordeaux, situé dans l’agglomération bordelaise. La problématique de l’atelier visait à analyser les contraintes particulières liées à l’application des intrants phytosanitaires dans le vignoble, notamment en zone périurbaine, voire urbaine pour certains châteaux du Bordelais, et les perspectives de leur réduction.

Concernant la réduction de l’usage des traitements phytosanitaires :

En France, les résultats de la consultation nationale sur la problématique environnementale dans le cadre du Grenelle de l’Environnement (MEDDTL, 2007) avaient été traduits, en ce qui concerne la protection des milieux naturels, dans la loi n° 2009-967 de programmation, avec un objectif de réduction de moitié des usages de produits phytopharmaceutiques et des biocides en dix ans (JORF, 2009 ; MEDDTL, 2010). Ces dispositions ont été mises en œuvre dans le cadre d’un premier Plan Interministériel français Ecophyto I, en 2008 (MAP, 2008). Ce plan contenait un ensemble de mesures destinées à réduire progressivement et de façon significative l'usage des produits phytosanitaires. La viticulture (second rang des quantités consommées au niveau national) et l'arboriculture sont les productions qui utilisent le plus d'intrants phytosanitaires : l'Indice de Fréquence de Traitement (IFT) [3] Total (herbicides, fongicides, insecticides) sur vigne est proche de 16 en moyenne en Bordelais. Une telle orientation politique en vue de passer d’un système global productiviste à un système plus durable nécessite de profondes mutations dans les pratiques de protection phytosanitaire et de façon plus globale, de production (Butault et al., 2010 ; MAAPRAT-MEDD, 2011). Fin 2012, le Ministre en charge de l'Agriculture a lancé le projet agroécologique pour la France en ciblant vers le retour de l'agronomie au cœur des processus, en relation avec la prise en compte de l'Écologie afin de valoriser au mieux les agroécosystèmes. Compte tenu de l’échec en termes de résultats du Plan Ecophyto I, celui-ci a d’abord été renforcé afin d'aboutir à la réduction attendue des pesticides (MAAF, 2012), puis réadapté en 2015 (Ecophyto II).

 

Depuis quelques années, les publications scientifiques et la presse internationale, nationale, régionale, ne cessent de pointer du doigt les effets néfastes des produits phytosanitaires, notamment les produits organiques de synthèse sur l’environnement (Beernaerts et al., 2001 ; Barriuso, 2004 ; Aubertot et al., 2005 ; Butault et al., 2010 et sur la santé humaine (Baldi et Lebailly, 2007 ; Lebailly et al., 2008 ; Baldi et al., 2012 ; Zhoukan, 2012). Elles impulsent une orientation forte vers leur réduction drastique, voire suppression à terme.

 

Concernant la problématique de la vigne péri-urbaine ou intra-urbaine :

 

La particularité du Bordelais, tout comme bien d’autres grands vignobles AOP [4] , tient également à la présence d'une viticulture péri-urbaine, voire intra-urbaine. La vigne se trouve alors étroitement liée au monde urbain qui l'enserre avec pour conséquences des contraintes pour les riverains liées aux émanations atmosphériques de produits phytosanitaires lors des traitements, des nuisances sonores notamment par le fonctionnement des turbines des pulvérisateurs, une inquiétude des urbains quant à l'usage de produits agro-chimiques sans en connaître clairement les enjeux et les objectifs. La mise en œuvre de la protection phytosanitaire sur vigne dans un tel contexte nécessite une réflexion approfondie autour de la conduite du vignoble et des pratiques phytosanitaires, ainsi qu’une dimension sociétale dans la relation avec les riverains.

 

Objectifs de l’atelier :   

                               

Cet atelier de terrain Aquitain visait à partager des connaissances et des expériences permettant d'abord de mieux cerner les conséquences des pratiques phytosanitaires, impacts sur l’environnement et sur la santé humaine, puis des dispositions pratiques pouvant contribuer à la réduction de leurs usages. Il a permis de réunir des agronomes praticiens sur le terrain, œnologues, cabinet-conseil, conseillers de la profession agricole et Institut technique de la vigne et du vin, enseignants dans les écoles d'agriculture et agronomique, chercheurs dans les Instituts publics et universitaires dont l'INRA, Irstea, représentants des services de l'État. La particularité du sujet traité nécessitait d'élargir le champ des compétences dans ce contexte à des non agronomes. Ainsi les débats ont été enrichis par des représentants de la protection environnementale, de la protection de la santé humaine, de l'écotoxicologie, de la sociologie, sans oublier des agronomes retraités en qualité de citoyen riverain des vignobles.

 

Caractéristiques de la situation d’observation

 

Cet atelier a été organisé au Château Dillon à Blanquefort : l'une des trois exploitations des lycées viticoles girondins (Blanquefort, Libourne-Montagne et Sauternes) et des sites expérimentaux du VINOPOLE de Bordeaux - Nouvelle Aquitaine. Compte tenu de la particularité et de l’étendue du sujet, l’atelier avait été organisé en deux séances :

 

Matinée : après une présentation de l’Afa et de ses différentes activités, dont les ateliers terrain par Francis Macary, cinq exposés introductifs sur les thématiques abordées  et témoignages de responsables d'exploitations viticoles concernées, dont celles des établissements d'enseignement agricole (Château Dillon, Château du Luchey de Bordeaux Sciences Agro) ont permis des échanges entre participants, illustrant des regards différents :

o      Pierre Dariet (Directeur d'exploitation du Château Luchey-Halde, Bordeaux Sciences Agro) : problématique de la protection phytosanitaire du vignoble périurbain, voire intra-urbain.

o      Isabelle Baldi (Professeur Université de Bordeaux, Praticien Hospitalier. Laboratoire Santé Travail Environnement - ISPED- Université Victor Segalen Bordeaux 2) : impacts des pesticides sur la santé humaine.

o      Marie-Hélène Devier (Enseignant-Chercheur - UMR EPOC - CNRS - Université Bordeaux) : impacts des pesticides sur les écosystèmes.

o      Marc Raynal (Vinopôle de Bordeaux-Aquitaine : IFV-Chambre d'agriculture de la Gironde-EPLEFPA de Gironde) : des outils d’aide à la décision pour réduire les intrants phytosanitaires sur vigne.

o      Isabelle Ladeveze (Ets Bayer - UIPP) : préconisations des industriels des produits phytosanitaires.

 

Après-midi : visite de parcelles expérimentales au Château Dillon, dans le cadre de la réduction des intrants phytosanitaires, sous la conduite d’Amélie Rochas et Rémi Jacquemain (EPLEFPA) et discussions entre les participants.

 

L’activité du Château Dillon comprend l'exploitation d'un vignoble de 39 hectares de vignes. 36,6 ha sont plantés de cépages rouges traditionnels de l’AOP Haut-Médoc : 16,5 ha de Merlot noir, 11 ha de Cabernet Sauvignon, 3,3 ha de Cabernet franc, 5 ha de petit Verdot, 0,8 ha de Malbec et Carménère.

Par ailleurs, l’exploitation compte aussi 2,4 ha de vignes en blanc, en production : 80% correspondent à du Sauvignon blanc et gris et le reste est planté en Sémillon et Muscadelle. La production d’un vin blanc sec d’appellation Bordeaux est d’ailleurs une particularité en Haut-Médoc. La présence de cette partie du vignoble en blanc représente une opportunité pour les élèves en formation au Lycée Viticole.

 

Les vignes sont basses et étroites. Le mode de conduite de la vigne est traditionnel, avec une densité de plantation de 6 666 pieds par hectare,  soit un  écartement de 1m50 entre les rangs et 1 mètre entre les pieds. Le palissage est plan avec des fils de maintien de façon à pouvoir mécaniser la plupart des travaux, notamment la récolte des raisins.

 

Deux systèmes de taille sont utilisés à part égale : la taille en Guyot double aussi  appelée « taille longue » traditionnelle et celle en cordon, plus récente, appelée taille courte. Au printemps et en été, les travaux en vert sont effectués : épamprage, levage, rognage et effeuillage de façon systématique. Selon les années, un éclaircissage, appelé vendanges en vert, est pratiqué sur des pieds trop chargés en vendange, de façon à ce que le rendement estimé corresponde aux objectifs de production. 

Les vignes sont enherbées entre rangs et désherbées chimiquement sous le rang (cavaillon). Plusieurs expérimentations sont menées sur cette exploitation afin de réduire à court terme, voire supprimer ultérieurement, l’usage des produits phytosanitaires organiques de synthèse.

Ainsi plusieurs parcelles d’essai permettent :

-     d’observer un témoin non traité,

-     de tester la réduction drastique des intrants phytosanitaires donc de l’IFT,

-     d’expérimenter le désherbage mécanique sur le cavaillon.

 

Connaissances agronomiques sur le sujet

 

Le transfert des produits phytosanitaires depuis les parcelles agricoles, viticoles vers les écosystèmes : sols, eaux et atmosphère ainsi que leur degré de contamination sont étroitement liés aux pratiques culturales sur ces parcelles, lesquelles influent souvent simultanément sur plusieurs facteurs majeurs de contamination (Voltz et Louchart, 2001 ; Gril et Lacas, 2004). Ces facteurs principaux liés à la pression anthropique sont les quantités de produits épandus, le mode pulvérisation, notamment en viticulture, l'état de couverture du sol au moment de l'application, la structure du sol, le niveau de matière organique dans le sol. Compte tenu du taux moyen d'exportation des pesticides vers les eaux, la dose d'apport influence directement les résidus mesurés dans les eaux. Hormis les cas de pollutions ponctuelles, l'essentiel de la contamination se fait par voie diffuse lors de l'épandage des produits (Voltz et Louchart, 2001).

 

La toxicité des molécules pour les utilisateurs, les consommateurs, ainsi que les milieux biotiques est désormais avérée. De nombreuses études en témoignent désormais (Beernaerts et al., 2001 ; Barriuso, 2004 ; Aubertot et al., 2005 ; Butault et al., 2010), et mettent en évidence leurs conséquences toxicologiques (Rivière, 2001 ; Carvalho, 2006 ; AFSSET, 2009 : Bonnefoy et al., 2012) et écotoxicologiques (Babut et al., 2001 ; Morin et al., 2009).

Ces composés en raison de leur persistance et/ou de leur toxicité peuvent faire peser un risque sur la santé et la pérennité des écosystèmes naturels. Ces molécules ont des comportements dans l’environnement et des modes d’action très variés (Stenersen, 2004). La grande diversité des molécules utilisées, les interactions moléculaires, la présence de produits de dégradation constituent autant de facteurs de risque pour les organismes qui sont exposés dans leur milieu aux pesticides.

 

Des pesticides organiques de synthèse sont potentiellement dangereux pour l’homme, leur toxicité dépend notamment du mode de pénétration dans l’organisme. De multiples travaux scientifiques depuis une quinzaine d'années (Zahm et al., 1997 ; Alavanja et al., 2004 ; AFSSET, 2009) ont montré que l’exposition à certaines molécules chez l’homme est corrélée à diverses pathologies majeures : cancers associés à la suppression immunitaire, multiples réactions allergiques, réponses auto-immunes et suppression de la fonction immunitaire, enfin une plus grande sensibilité aux agents pathogènes. Aussi, la préoccupation des politiques et des gestionnaires des points de captages des eaux brutes en vue de la potabilité est d'autant plus justifiée. Elle impose de comprendre les modes de transferts des pesticides vers les eaux, mais surtout les modifications de pratiques agricoles nécessaires à l'échelle de bassins versants pour réduire la contamination de ces points de captage. Plusieurs ouvrages du CORPEN font référence en matière d’usages des produits phytosanitaires (CORPEN, 1997, 2003, 2007).

Malgré toutes les actions de politiques publiques mises en œuvre pour réduire les intrants phytosanitaires, les constats de la pollution des milieux régulièrement publiés suite aux synthèses des différents acteurs sur le terrain (Agences de l’eau, Agences Régionales de santé) présentent un bilan très lourd de cette situation récurrente depuis les dernières décennies (CGDD, 2013). Selon ces observations, la présence des pesticides est généralisée dans les eaux de surface (91% des points de mesure en contiennent) et dans les eaux souterraines (pour 55% des points) sur l’ensemble du territoire métropolitain. Ainsi, 36% des points en eaux de surface ont une qualité moyenne à mauvaise (CE, 2000), et 25% pour les eaux souterraines présentent une qualité médiocre à mauvaise (CGDD, 2013).

La pression phytosanitaire dépend très directement de la nature des productions agricoles faisant l'objet d'une protection face aux adventices au regard de leur concurrence hydrique et en alimentation minérale, aux agressions cryptogamiques et de divers ravageurs, particulièrement accentué dans le contexte viticole de production de vins de qualité qui nécessitent une production de raisins sains jusqu'à leur maturité physiologique. La diminution des intrants phytosanitaires semble avoir atteint ses limites dans le contexte d'une agriculture conventionnelle et viticulture de qualité. Dès lors, un changement de paradigme conduisant à valoriser les écosystèmes au sein des agrosystèmes permet d'envisager une évolution supplémentaire à la réduction  des pesticides (Colnenne-David et al., 2012; Barbier et Goulet, 2013). Cela se traduit par une modification des modes de production traditionnels.

Ainsi, apparaissent des démarches, méthodes, pratiques dans le but de réduire l'utilisation des pesticides et leur impact sur les écosystèmes, la faune et les humains :

- Réduction du nombre de traitements fongicides et insecticides, conseils aux agriculteurs à partir de systèmes de suivi et d'information en utilisant des outils d’aide à la décision, dont des témoins non traités pour connaître et suivre la pression parasitaire,  des pièges à insectes afin de réaliser des comptages, des suivis de l’état sanitaire de parcelles traitées, des bulletins de préconisations techniques des professionnels agricoles, des modèles épidémiologiques (oïdium, mildiou, cochylis, (Epicure, POD Mildium) (Delière et al, 2008 ; Raynal et al, 2010).

- Adaptation des doses de pesticides, fondée sur le stade phénologique, la pression des ravageurs réelle, et la surface foliaire à protéger : méthode OPTIDOSE (Raynal et al, 2003 ; Davy, 2012).

- Biocontrôle des ravageurs, fondé sur la gestion des équilibres des populations d’agresseurs, notamment grâce à la confusion sexuelle (phéromones), des substances naturelles, voire des micro-organismes (champignons, bactéries, virus) pour stimuler les défenses de la plante.

- Suppression des herbicides par contrôle mécanique des mauvaises herbes, entre les rangs et sur le rang (cavaillon).

- Utilisation de matériels de pulvérisation mieux adaptés : mode confiné avec des panneaux récupérateurs, traitant face par face afin de limiter, voire supprimer la dérive et donc les quantités de produits présents dans l’air et le sol.

- Préservation des zones non traitées (ZNT) au voisinage des cours d’eau.

- Remplacement de molécules actives avec moins de produits nocifs pour l'environnement

Toutes ces méthodes ont déjà été testées et montré leur efficacité. L’intérêt de l’atelier était de pouvoir en débattre entre praticiens, conseillers et scientifiques afin de mieux connaître certaines limites, par exemple l’imprécision des informations sur le BSV [5] liées à la localisation géographique des parcelles témoins d’observation, limite du biocontrôle dans le cas de fortes infestations, vitesse d’avancement réduite pour le désherbage mécanique du cavaillon, difficulté de nettoyage des pulvérisateurs en mode confiné et parfois problèmes de bouchage des buses…

                                

Echanges au sein de l’atelier, arguments, solutions

 

Durant la matinée, les présentations introductives par des chercheurs et professionnels de la conduite du vignoble ont nourri de multiples échanges entre la trentaine de participants.

 

Pierre Dariet (Directeur d'exploitation du Château Luchey-Halde, Bordeaux Sciences Agro) (Fig 1) explique la problématique de la protection phytosanitaire dans un vignoble périurbain, voire intra-urbain, à partir de son expérience. Ce vignoble de 23 ha est ouvert au public en plein cœur de la commune de Mérignac. Les pratiques phytosanitaires sont conduites en mode raisonné : les traitements sont optimisés. La plantation de haies en bordure du vignoble a permis de développer une biodiversité d'espèces végétales et des prédateurs aux insectes nuisibles du vignoble favorable à la maîtrise des traitements insecticides.

 

 

Fig 1. Pierre Dariet (Directeur d'exploitation du Château Luchey-Halde – Bordeaux Sciences Agro)

 

 

Les échanges avec les participants ont porté sur la nature du questionnement des riverains à l'égard des produits phytosanitaires. En fait, P. Dariet explique que la question de leur toxicité (à ce moment) ne relève pas d'une priorité pour les citadins, mais le principal souci évoqué est celui du bruit, compte tenu du démarrage matinal des traitements.

Le pulvérisateur utilisé est un appareil aéro-convecteur à jets portés sur rampe permettant de traiter simultanément 5 rangs. Dans les échanges, la question du matériel utilisé, notamment de l'usage d'appareil en mode confiné a été abordée. En réponse, ce type d'appareil n'est pas adapté aux vignes étroites du Luchey, ni aux contraintes de traitement rapide des parcelles, car il ne traite que deux rangs à la fois avec une vitesse d’avancement modérée.

P. Dariet précise qu’il n’y a pas de tension sociétale avec le voisinage du Luchey, du fait de la bonne communication des travaux viticoles avec les riverains et de leur accès dans les parcelles de vigne notamment lors de leur jogging ou promenades en famille, leur permettant de voir concrètement ce qui est fait. Les riverains sont prévenus à l’avance des traitements phytosanitaires. De plus, un intervenant, enseignant-chercheur à Bordeaux Sciences Agro, précise que l'ancien Directeur de l'école, lors de la réflexion du projet de création d'un vignoble à BSA sur un terrain inutilisé appartenant précédemment à l'armée, avait mobilisé une association écologique localement afin de renforcer l'initiative de mise en place d'un îlot de verdure paysager en milieu urbain.

 

Isabelle Baldi (Professeur Université de Bordeaux, Praticien Hospitalier, Laboratoire Santé Travail Environnement - ISPED- Université Victor Segalen Bordeaux 2) (Fig 2) évoque la question des impacts des pesticides (de synthèse) sur la santé humaine, encore plus prégnante en milieu urbain. Les premières personnes concernées sont évidemment les applicateurs et celles qui travaillent dans le vignoble.

 

 

Fig 2. Isabelle Baldi (Professeur Université de Bordeaux, Praticien Hospitalier. Laboratoire Santé Travail Environnement - ISPED- Université Victor Segalen Bordeaux 2)

 

 

Les effets pathogènes sont multiples : troubles aigus (empoisonnements, intoxications collectives…) pouvant conduire au décès dans les cas extrêmes ; maladies neurologiques ; pathologies respiratoires ; pathologies dermatologiques ; troubles immunologiques ; cancers ; troubles de la reproduction. Mais la population est soumise à différents effets provenant des pesticides, outre la période de la protection phytosanitaire agricole : les pratiques de désherbage des espaces verts par les collectivités locales, celle des voiries et des voies SNCF, les traitements de protection du bois, contre divers insectes dans les espaces habités (fourmis, guêpes), les jardins familiaux…

La question de la formation des médecins généralistes aux troubles résultant de l'usage des pesticides a été abordée. I Baldi précisait qu'il n'y a pas de cours spécifiques à la faculté de médecine. Certains médecins en milieu rural et des médecins du travail notamment à la MSA [6] suivent particulièrement cette question.

L'un des participants soulevait la difficulté de porter les vêtements spéciaux de protection, notamment en période chaude. Cela est une réalité, néanmoins tout contact cutané avec les molécules phytosanitaires doit être évité. Les études épidémiologiques d'exposition des personnels travaillant au contact des molécules, lors de la mise en œuvre des traitements, voire du travail en vert dans les parcelles ont mis en évidence des niveaux significatifs d'exposition à partir de patchs répartis sur le corps de ces personnes lors de leurs travaux.

 

Marie-Hélène Devier (Enseignant-Chercheur - UMR EPOC - CNRS - Université Bordeaux) (Fig 3) participe à des projets de recherche relatifs à la problématique environnementale des pesticides, ciblée sur les écosystèmes.

 

 

Fig 3. Marie-Hélène Devier (Enseignant-Chercheur - UMR EPOC - CNRS - Université Bordeaux)

 

 

Compte tenu de la diversité des structures moléculaires, du nombre important de matières actives et de la forte présence des métabolites, de la multiplicité des sources, la contamination des compartiments aquatiques, des sols et dans l'atmosphère, présente de fortes variabilités spatiales et temporelles.

Les échantillonneurs passifs, notamment par l'usage des POCIS (Polar Organic Chemical Integrative Sampler) permettent désormais de capter les molécules présentes dans les divers compartiments et de mieux comprendre les processus de transferts. Cette approche analytique améliore la compréhension des contaminations des milieux écosystémiques et par voie de conséquence, devrait contribuer à l'amélioration du conseil en matière de pratiques de traitements.

Si l'écotoxicité des molécules fait l'objet d'études spécifiques, un participant évoquait le sujet des métabolites souvent plus présent dans les milieux que les molécules mères. MH Devier précisait que la caractérisation écotoxicologique des métabolites (ex AMPA dérivant du glyphosate) dans les milieux était alors encore en phase débutante, mais que cette préoccupation était bien établie.

Une question portait également sur les différents réseaux locaux d’évaluation des pollutions liées aux pesticides. MH Devier a rappelé l’existence du réseau RAPSODI (réseau Aquitain de pollution des sols

par les pollutions diffuses) et le programme ARENBI (Analyse des Risques ENvironnementaux, Biodisponibilité et Impacts liés aux pollutions diffuses (sites ateliers : château Dillon et château Luchey-Halde).

 

Marc Raynal (Vinopôle de Bordeaux-Aquitaine : IFV-Chambre d'agriculture de la Gironde-EPLEFPA de Gironde) présente des outils fonctionnels d’aide à la décision pour la réduction d'intrants phytosanitaires sur vigne :

 

 

Fig 4. Marc Raynal (Vinopôle de Bordeaux-Aquitaine : IFV-Chambre d'agriculture de la Gironde-EPLEFPA de Gironde)

 

EPICURE qui est une plateforme SIG Web participative de modélisation du système Climat x Plante x Parasite, dont l'objectif est de fournir aux viticulteurs et leurs conseillers un outil d'aide à la décision en matière de traitements phytosanitaires à l'échelle de la petite région viticole par la prévision des risques de développements épidémiques au vignoble :

Les radars météorologiques permettent de fournir des données pluviométriques suffisamment fines aux  modèles épidémiologiques pour calculer le risque de développement  des pathogènes. Des enregistrements de l'état sanitaire des plantes sont désormais effectués sur le terrain par les professionnels et les données sont transmises à la plateforme via un applicatif géoréférencé fonctionnant sur téléphone mobile.

OPTIDOSE permet de moduler les doses de produits à la parcelle suivant la densité de végétation et le risque phytosanitaire dans le but de diminuer les quantités utilisées tout en assurant une protection efficace. Le modèle se base sur la biomasse appréciée par la Surface Foliaire Totale (SFT) et l'indice de végétation de la différence normalisée (NDVI) basé sur une combinaison des réflectances mesurées dans le rouge et le proche infra-rouge qui traduit l'état de vigueur de la plante, ainsi que sur la sensibilité parcellaire dont le zonage est établi par TNT. La relation entre la NDVI et la SFT devient intéressante à partir d'une valeur de la SFT égale à 2m2 / m2 de sol.

Dans ce programme OPTIDOSE, la qualité de la pulvérisation intervient aussi fortement, d'où la nécessité de contrôler la performance du pulvérisateur. La dose est ainsi modulée à la parcelle mais il n'est pas actuellement possible de le faire en intra-parcellaire.

Le Processus Opérationnel de Décision POD MILDIUM (Delière et al., 2008) a pour objectif d’optimiser la réduction des apports de fongicides à partir d’une évaluation visuelle du risque à la parcelle.

 

Lors des débats, des praticiens ont souhaité connaître les modalités d'accès à ces outils d'aide à la décision ainsi que la fréquence des conseils. M. Raynal précisait que la plateforme EPICURE est en accès libre sur le site Web de l'IFV, les conseils participent à l’élaboration hebdomadaire du bulletin de santé du végétal (BSV).

 

Isabelle Ladeveze (Ets Bayer - UIPP) (Fig 5) rappelle les préconisations des industriels des produits phytosanitaires afin de réduire les risques toxicologiques et écotoxicologiques. Les entreprises recherchent des formulations de plus en plus sécurisées et conditionnées dans des emballages sans opercules et facilitant les opérations de rinçage.

 

 

Fig 5. Isabelle Ladeveze (Ets Bayer - UIPP)

 

 

 

Elles développent également des outils d'aide à la décision permettant de mieux positionner les applications de produits.

Ainsi par exemple Positif ® (modèle agro-climatique permettant de mieux cibler les interventions fongicides contre le mildiou) ; Movida® (outil d’aide au raisonnement de la protection contre le mildiou et l’oïdium) ; Règles de décision "In vino qualitas " pour la protection contre l’oïdium ; AgroMétéo ®  (prévisions avec plages de pulvérisation optimales).

La stratégie consiste également à développer des méthodes de confusion sexuelle pour lutter par exemple contre les tordeuses de la grappe (Eudémis et Cochylis); des méthodes complémentaires utilisables en lutte biologique tel que l'insecticide Spinosad issu d'une bactérie ou des fongicides également issus de bactéries (Sérénade Max ou de champignons (Esquive WP).

L'UIPP (Union des Industriels de la Protection des Plantes) participe également à la récupération des emballages vides et des produits périmés dans le cadre du programme d'ADIVALOR (Agriculteurs, Distributeurs, Industriels pour la Valorisation des déchets agricoles). Elle intervient dans la promotion des dispositifs de gestion des effluents phytosanitaires (Osmofilm ®, Phytobac ®, Héliosec® …).

Enfin l'UIPP, via son site web et les guides destinés aux applicateurs, informe sur les risques liés au stockage, à l'épandage des produits et à l'élimination des effluents et emballages.

Compte tenu du temps imparti, les questions complémentaires à l’exposé d’I. Ladevèze ont fait l'objet d'échanges lors du repas commun au Lycée agricole de Blanquefort, clôturant ainsi une matinée très riches en interventions et débats.

Durant l'après-midi, Amélie Rochas et Rémi Jacquemain (EPLEFPA) ont conduit la visite de parcelles expérimentales sur le site de Dillon. (Fig. 6). L'exploitation viticole de Dillon permet la réalisation de multiples expérimentations dans le but notamment de réduire les intrants phytosanitaires, en collaboration avec les services du ministère de l'agriculture et ceux de l'écologie, des Universités, des écoles supérieures d'agronomie, des Instituts de recherche, de l'Institut technique de la Vigne et du Vin  et professionnels agricoles de la filière, notamment dans le cadre du VINOPOLE de Bordeaux.

 

 

Fig 6. Amélie Rochas et Rémi Jacquemain (EPLEFPA) présentent l’exploitation du Château Dillon et les parcelles expérimentales

 

 

La première parcelle (7ha) visitée était dédiée à un essai de désherbage mécanique sur toute la surface. Un appareil comprenant une lame centrale permet de tondre l'herbe sur le rang et les deux lames sur les côtés destinées à tondre l'herbe sur le cavaillon (Fig. 7, 8). Tous les rangs sont enherbés, mais dans les situations de stress hydrique trop élevés, il est envisageable de travailler un rang sur deux de façon à limiter la concurrence pour l'eau.

 

Fig 7. Expérimentation de désherbage mécanique

 

 

Fig 8. Machine expérimentale de tonte d’herbe sous le cavaillon

 

Si ce mode de désherbage mécanique présentait un intérêt certain pour les divers intervenants, la question majeure récurrente était liée à sa mise en œuvre. R. Jacquemain précisait que la principale limite à cette opération résidait dans une vitesse d’avancement très lente et son coût trop élevé.

D’ailleurs, depuis cet atelier, cette parcelle a été arrachée, et le prototype de désherbage mécanique abandonné, à cause du coût de maintenance trop élevé, et de la vitesse d’avancement trop réduite pour être efficace sur le domaine de près de 40 ha. Aujourd’hui, le désherbage mécanique sur le cavaillon est effectué par une lame intercep.

 

 

La seconde parcelle  (4 ha) dans le cadre du réseau DEPHY [7] intègre les règles de décisions des programmes OPTIDOSE et MILDIUM pour optimiser l'Indice de Fréquence de Traitement (IFT) ou le nombre de doses homologuées appliquées / ha, suivant les recommandations de l'IFV et de l'INRA (Fig.9). Les diverses questions ont porté sur l’efficacité de ces programmes. Amélie Rochas et Rémi Jacquemain ont précisé que ces programmes permettaient de bien raisonner l’application des produits phytosanitaires, mais que la saisie de multiples paramètres était chronophage.

 

 

Fig 9. Parcelle expérimentale d’étude de la réduction de doses et dérive du pulvérisateur

 

A ce jour, le programme OPTIDOSE est toujours très utilisé et extrapolé au niveau du Château Dillon, alors que le projet Mildium a été abandonné par manque de disponibilités des agents pour renseigner les multiples indicateurs observés sur le vignoble, nécessaires à son fonctionnement.

La troisième parcelle (0,5 ha) est conduite suivant une diminution très forte de l'IFT, au-delà des préconisations de traitement par les modèles, de façon à évaluer les pertes potentielles liées à un excès de diminution des traitements et des doses appliquées (en moyenne -50% IFT). Les questions des participants concernaient la faisabilité de cette pratique sans changer de mode de production. Rémi Jacquemain précisait que cette gestion optimisée de la protection phytosanitaire (réduction de 50% de l’IFT sur Dillon) est très délicate, demande également beaucoup de temps d’observation et n’est pas extrapolable au niveau de l’ensemble du Domaine.

La quatrième parcelle (0,3 ha) représente un témoin non traité conduit en désherbage mécanique en inter-rangs et chimique sur le cavaillon. Elle présente une sensibilité face à l'oïdium, mais semble un peu plus tolérante au mildiou au cours des années climatiques moins favorable à l’extension du pathogène. Ce témoin sert de référence pour les techniciens du VINOPOLE chargés de recueillir les informations nécessaires à l’établissement du Bulletin de Santé du Végétal, et les chefs de culture.

 

Conclusions et perspectives

 

Cette journée d’atelier agronomique fut très riche en apports de connaissances et en échanges entre participants venant d'horizons divers. Des solutions existent pour réduire l’usage des pesticides : le mode d’exploitation conventionnel a déjà évolué vers un mode raisonné par rapport à l’emploi de molécules organiques de synthèse. La viticulture conduite en mode biologique, voire biodynamique progresse pour atteindre près de 10% des surfaces en France. La production intégrée combinant les différentes techniques de production n’est pas très développée en viticulture, contrairement à l’arboriculture. Les pratiques mises en œuvre dans le cadre du projet agroécologique vont dans ce sens.)

La recherche avance vers la production de nouveaux cépages résistants particulièrement au mildiou, principal fléau du vignoble notamment en zone atlantique et quelques-uns sont en cours d’expérimentation avant inscription au catalogue des obtentions.

Les viticulteurs sont aujourd’hui très sensibilisés à la problématique des pesticides en lien notamment avec la santé humaine et la qualité environnementale. Depuis quelques mois, les médias ne cessent de produire articles sur articles et documentaires TV pour montrer du doigt les conséquences de l’usage des produits phytosanitaires, notamment en vigne sur la santé humaine. Cette pression grandissante y compris auprès de différentes associations environnementalistes et de consommateurs impulse une dynamique vers un nouveau paradigme en termes de production viticole.

La santé humaine est désormais au cœur des préoccupations dans un débat devenu sociétal. De nombreuses études scientifiques en témoignent au cours de ces dernières années (Baldi et Lebailly, 2007 ; Lebailly et al., 2008 ; Baldi et al., 2012 ; Aurias et al., 2016) sur la relation entre cancers, maladies neuro-dégénératives (maladie de Parkinson,…) et usage des pesticides. Les associations telles que Générations Futures publient régulièrement des résultats d’analyse, notamment de résidus de pesticides sur cheveux (Hasendahl, 2013). Les professionnels victimes des pesticides se regroupent également en association tel P. François, Président de Phyto-victimes (France agricole, 2013) ayant gagné son procès face au géant de l’agrochimie Monsanto (Cour d’appel Lyon, 2015). Plus récemment en Gironde, la presse régionale faisait écho d’une étude publiée sur le nombre anormalement élevé de cancers développés par des enfants de l’école d’un village viticole (Mateus, 2015). Par ailleurs, dans un autre village viticole girondin, des écoliers et leur institutrice avaient été intoxiqués en 2014 après un épandage de fongicides sur une parcelle de vigne attenante à l’école (Loury, 2016). A Bordeaux, une manifestation contre les pesticides dans les vignobles avait réuni plusieurs centaines de militants dans les rues (Valo, 2016).

En premières réponses, le Préfet de la Région Nouvelle-Aquitaine avait publié une première carte des lieux (écoles) exposés aux produits phytosanitaires, sur 128 communes concernées, le 08 avril 2016 (Darcy, 2016), puis des établissements présentant une sensibilité majeure (crèches, maisons de retraite,…). Le Président du CIVB [8] annonçait le 26 avril 2016 le souhait de l’interprofession de la sortie de l’agrochimie à terme en Gironde (Lherm, 2016).

Ainsi, au-delà des efforts des pouvoirs publics dans le cadre du Plan Ecophyto, dont les résultats ne sont pas encore à la hauteur des attentes, tous les acteurs de la filière sont désormais pleinement mobilisés pour aboutir à une réduction significative des quantités de produits utilisés, et dans de meilleures conditions, parallèlement à la volonté affichée de parvenir dans le futur à une suppression des intrants phytosanitaires de synthèse dans le vignoble.

 

 

Remerciements : Nous remercions tous les intervenants et participants à cet atelier ainsi qu’Amélie Rochas, Rémi Jacquemain et les collègues de l’EPLEFPA de Gironde pour nous avoir accueilli dans d’excellentes conditions au Château Dillon.

 

 

Fig 10. Présentation de l’Afa et de l’atelier : Francis Macary 


Notes

[1] EPLEFPA : Etablissement Public Local d'Enseignement et de Formation Professionnelle Agricoles.

[2] VINOPOLE de Bordeaux-Nouvelle Aquitaine : il est formé par la Chambre d’Agriculture de la Gironde, l'Institut Français de la Vigne et du Vin et l’Etablissement Public Local d'Enseignement et de Formation Professionnelle Agricoles de Bordeaux-Gironde (EPLEFPA). Son objectif est de mutualiser les compétences des trois partenaires dans leurs travaux de recherche appliquée, d’expérimentation et de diffusion des résultats. http://www.vinopole.com/

[3] Indice de Fréquence de Traitement (IFT= est le nombre de doses homologuées appliquées /ha/par campagne)

[4] AOP : Appellation d’Origine Protégée

[5] BSV : Bulletin de Santé du Végétal

[6] MSA : Mutualité Sociale Agricole

[7] Réseau DEPHY : réseau de Démonstration, Expérimentation et Production de références sur les systèmes économes en phytosanitaires constitue une action majeure du plan Écophyto.

[8] CIVB : Conseil Interprofessionnel des Vins de Bordeaux.


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