Revue AE&S vol.7, n°2, 14

 

L’évolution des techniques culturales et des systèmes de culture

 

L’évolution des systèmes de culture en région céréalière – Exemple de deux exploitations agricoles de la Vienne (86)

 

 

Jean-Luc Fort* et Sébastien Minette*

 

*Chambre régionale d’Agriculture Nouvelle Aquitaine

 

Contact auteurs : jean-luc.fort@na.chambagri.fr

 

 

Prochainement téléchargeable en pdf


Une trentaine de personnes se sont retrouvées le 9 septembre 2014 matin puis après-midi sur deux exploitations agricoles du Sud de la Vienne pour participer à un atelier de l’Afa à l’initiative de la Chambre Régionale d’agriculture Poitou-Charentes et de la Chambre d’agriculture de la Vienne.

 

Un atelier impulsé par un groupe d'agriculteurs aspirant à un retour à l'agronomie

 

Cet atelier a été préparé en amont avec un groupe d’agriculteur du CETA de Gençay et son conseiller. Le retour à « l’AGRONOMIE » est une volonté forte de ce groupe et les agriculteurs et leurs conseillers sont demandeurs de journées d’apprentissage et de réflexions collectives autour de la connaissance des sols, en lien avec les systèmes de culture actuels et à venir. Leurs questions portent en particulier sur le travail du sol et la préservation de leur fertilité, les intérêts des cultures intermédiaires (dont la pratique obligatoire n’est pas toujours bien acceptée par les agriculteurs) et la diversification des cultures.

L’atelier proposé avait donc un double objectif initial :

observer et identifier au travers de profils et fosses pédologiques les atouts et contraintes des sols de deux exploitations en posant un diagnostic sur le fonctionnement de ces sols ;

échanger et discuter sur la mise en œuvre d’actions correctives si nécessaire pour aller vers un fonctionnement le plus autonome possible de ces sols, à savoir améliorer leurs fonctionnalités (recyclage des éléments fertilisants, vie biologique, filtration et stockage de l’eau, stockage de la matière organique) avec en corollaire la possibilité de réduire les intrants.

 

Du foisonnement des interrogations posées par les agriculteurs à leur reformulation

 

Face aux coûts des intrants et à la volatilité des prix, mais aussi face à des évolutions jugées défavorables de la fertilité de leurs sols (compaction, diminution de la teneur en matière organique), les agriculteurs du groupe se sont interrogés sur les systèmes de culture qu’ils ont mis en place et ont souhaité avoir des regards croisés sur leurs pratiques : Comment améliorer cette fertilité ? Quels leviers agronomiques mobiliser ? Est-il possible d’introduire de nouvelles cultures et si oui, lesquelles ? Comment mieux évaluer les performances de ces systèmes ?

Les modifications de pratiques discutées lors de la préparation de l’atelier concernaient principalement la rotation (diversification, allongement), le travail du sol (faut-il encore labourer ?) et les couverts végétaux en inter-culture (quelles espèces, dates d’implantation et destruction ?). Elles devaient prendre en compte les objectifs et contraintes de l’agriculteur et s’intégrer « facilement » dans les systèmes de culture en place pour permettre un maintien ou une amélioration du résultat économique sur le long terme, sachant que les sols sont perçus comme difficiles à travailler, avec irrigation impérative sur maïs.

Les interrogations posées par les agriculteurs ont été reformulées ainsi : “Avec des systèmes de culture irrigués et secs dans des sols à tendance hydromorphe plus ou moins marquée (sols argileux en profondeur), quelles évolutions proposer pour accroitre la fertilité des sols et assurer de bonnes performances économiques et environnementales ?

 

Le parti pris : une journée centrée sur l'observation (tour de plaine, profil cultural) et le partage d’expériences, sur deux exploitations

 

Un public de différents horizons a répondu à cette invitation : conseillers d’organismes économiques et de chambres d’agriculture, ingénieurs d’instituts techniques, agriculteurs du groupe.

Pour répondre à la question reformulée , le groupe s’est focalisé sur l'observation de terrain, génératrice d'échanges de savoirs experts et de savoirs empiriques des agriculteurs portant essentiellement sur la conception, la conduite et l’évaluation de systèmes de culture à orientation céréalière.

L’atelier était construit sur les cas concrets de deux exploitations en trois temps :

- Tout d’abord une présentation rapide de l’exploitation : contexte, historique, système de production, structure, types de sols, moyens, environnement économique, atouts-contraintes et objectifs de l’agriculteur en reprenant de façon très simplifiée les cadre de description du fonctionnement des exploitations. Les deux agriculteurs ont ainsi présenté leur situation et explicité leurs questionnements avec pédagogie.

- Ensuite, en deux sous-groupes, un tour de plaine sur deux parcelles avec des situations contrastées. Ce tour de plaine a permis, autour d’une fosse, de bien décrire le fonctionnement du sol et de préciser les questions de l’agriculteur. Des suggestions (améliorations, innovations, évolutions) ont été évoquées.

- Enfin collectivement une mise en commun des suggestions évoquées lors des observations de terrain avec une mise en discussion entre agriculteurs praticiens et techniciens : un réel partage d'expériences !

 Ce schéma d’organisation (cf. programme en encadré) a permis ainsi d’étudier 4 situations très contrastées.

 

Quelques caractéristiques des deux exploitations étudiées

 

Exploitation

Exploitation 1

Exploitation 2

SAU

219 ha

235 ha

Surface irrigable

100 ha

235 ha

Débit disponible

50 M3 1 enrouleur

165 M3 3 enrouleurs

Main d’œuvre

2.3 ETP

2 ETP

Sols

Limons battants

Limons battants « bornais » et sols argilo limoneux

Matériel

En « individuel »

En « individuel »

Assolement 2014

Céréales (blé orge) 48 %

Colza 20 %

Maïs 18 %

Prairie 10 %

Divers 4 %

Céréales (blé orge triticale) 30 %

Maïs irrigué 42 %

Mais sec 10 %

Colza 8 %

Divers 10 % (dont gel et SET)

Rendements potentiels

Blé 68 Qx

Orge 60 Qx

Maïs sec 60 Qx

Maïs irrigué 105 Qx

Colza 33 Qx

Tournesol 20 Qx

Blé 68 Qx

Orge 60 Qx

Maïs sec 60 Qx

Maïs irrigué 105 Qx

Colza 33 Qx

Tournesol 20 Qx

 

Arrêt de l’élevage (bovin viande) en 2014

Arrêt de l’élevage (ovin) en 1992

 

Programme de l’atelier

 

Matin

- Visite de l’exploitation 1

- Présentation de l’exploitation et du système de culture étudié : Système avec irrigation : « colza d’hiver-blé tendre-maïs-blé tendre »

- Tour de plaine et échanges entre Agronomes

                          - Succession blé tendre - maïs grain et gestion de l’interculture : échange autour d’un profil après récolte du blé et de l’implantation de différentes cultures intermédiaires

                          - Succession colza d’hiver - blé tendre : intérêt des repousses de colza pour capter l’azote disponible

                          - Succession maïs grain - blé tendre : Echange autour de l’enracinement du maïs et de la gestion de l’irrigation dans le système.

 

Après-midi

- Visite de l’exploitation 2 : Monoculture « maïs grain irrigué » et cultures d’hiver en sec avec introduction de maïs dans la rotation.

- Tour de plaine et échange entre Agronomes

                          - Parcelle en monoculture de maïs grain irrigué: échange autour d'un profil cultural avec la culture de maïs en place

                          - Parcelles dans une rotation colza - maïs grain assolé - céréales à paille : observation d'un profil cultural après récolte de colza

 

 

Synthèse et identification des principales questions de l’Atelier

 

Les débats se sont recentrés sur quatre questions structurantes :

1. Quel travail du sol optimal pour préserver ou restaurer la fertilité sur les parcelles (type d’outils, périodes d’interventions) ?

2. Comment maintenir ou augmenter le taux de matière organique sur les parcelles ?

3. Comment optimiser l’introduction et la gestion des couverts végétaux pendant la période d’inter-culture (choix des espèces, dates d’implantation et de destruction, matériels utilisés) ?

4. Quelles seraient les possibilités de diversification des cultures et d’allongement de la rotation (en brisant la monoculture de maïs) dans ces contextes de sols hydromorphes pouvant être exposés à l’ennoiement ?

Photo 1 : observation d’un profil cultural par le groupe

 

Au fil de la journée, des observations génératrices de multiples discussions !

 

Exploitation 1

L’irrigation permet la culture du maïs le plus souvent introduit dans une succession avec des cultures d’hiver. La présence historique de l’élevage a engendré des apports d’effluents organiques (fumier) sur les parcelles les plus facilement accessibles et proches des bâtiments.

 

Situation 1. Parcelle : « la station » – profil cultural 1

Contexte

- Type de sol : sol limoneux sur argile profond, sain, acide, faiblement caillouteux avec une forte hétérogénéité intra-parcellaire.

Rotation actuelle : « blé tendre - colza d’hiver - blé tendre – maïs grain » en système irrigué avec une irrigation systématique sur le maïs et occasionnelle sur le blé tendre.

Photo 2 : profil cultural de la station 1

 

Points de débat

Une activité biologique très visible (présence de vers de terre, nombreuses galeries) traduisant une « vie du sol » particulièrement active. Cela est en partie expliqué par des apports fréquents et importants d’effluents organiques. Cependant, ces apports vont être interrompus (arrêt de l’élevage) et des solutions alternatives doivent être mises en œuvre pour maintenir et/ou augmenter le taux de matière organique.

Un sol très limoneux en surface avec des problèmes de battance et des prises en masse observées suite à deux années pluvieuses.

Une pratique du labour concentrée sur une année avec deux labours avant maïs et labour avant blé (enfouissement des cannes de maïs) amènent à des discussions sur l’utilisation de matériels spécifiques de labour (Charrue Express Perrein).

Une implantation réussie de couverts végétaux (test de différents mélanges fournis par un semencier) qui pourraient avoir un effet favorable sur la protection et la structure du sol – assèchement du profil, la fissuration par les racines, l’activité biologique.

 

Situation 2.  Parcelle : « Le pré neuf » – profil cultural 2

Contexte

- Type de sol : sol argilo-limoneux sur argile bariolée et calcaire, sain, à charge moyenne en cailloux.

- Rotation idem parcelle de La station (Blé Colza Blé Mais en système irrigué avec une irrigation systématique sur le maïs et occasionnelle sur le blé).

- Parcelle reprise sur une situation « en friche » avec enherbement en chiendent nécessitant plusieurs cycles de maïs pour gérer l’enherbement.

 

Points de débat

Une activité biologique faible traduisant une « vie du sol » peu active est notée.

Un sol assez argileux en surface entraine des problèmes de compaction marqués et des enracinements très localisés et superficiels du maïs (racines horizontales).

Un pilotage de l’irrigation avec une sonde capacitive fait débat, en particulier en lien avec des difficultés d’interprétation liées au faible enracinement du maïs.

Les possibilités de diversification des cultures sont largement évoquées sur cette parcelle. L’introduction de la Luzerne permettant une bonne structuration du sol et une restitution de l’azote et de la matière organique et du quinoa, plante nouvelle avec des marges potentiellement élevées, donne lieu à des discussions.

Une discussion a lieu également sur les effets du gel et de la sècheresse pour décompacter et restructurer les sols argileux.

La disparition de source de matières organiques internes à l’exploitation entraine des échanges sur les possibilités d’apports organiques en système céréalier (échanges entre éleveurs et céréaliers, achat d’amendements organiques).

Une fertilité phosphorique est aussi évoquée et une alerte est donnée avec le conseil de surveiller de près cet indicateur en gérant des apports annuels modérés.

Une pratique du labour concentrée sur une année : labour avant maïs et labour avant blé tendre (enfouissement des cannes de maïs) fait écho aux discussions de la situation 1.


Ces deux situations représentatives de la première exploitation visitée ont pointé du doigt les bénéfices des apports de matière organique liés à l’élevage et ont permis d’anticiper les conséquences de l’absence future de cette source de matière organique engendrée par l’abandon de l’élevage. Si la mise en place de cultures intermédiaires peut compenser en partie cette source de matière organique, d’autres sources seraient à identifier. Le système de culture basé sur 3 cultures blé-maïs-colza ne révèle pas de problèmes pour l’instant mais les risques de restriction en eau conduisent à rechercher d’autres cultures aussi rémunératrices que le maïs mais moins consommatrices en eau. La vie du sol et sa caractérisation a été un point de discussion partagé par les participants avec le constat d’un manque d’outils pour bien la qualifier.

 

Exploitation 2

 

La seconde exploitation présentait des sols encore plus « difficiles », très argileux, qui grâce au drainage ont pu être mis en culture. L’investissement en irrigation a conduit à la monoculture du maïs qui apparait pour certains comme la seule solution pour valoriser ces sols.

 

Situation 3. Parcelle : « les Gaillardieres » – profil cultural 3

Contexte

Type de sol : sol argilo-limoneux, argile lourde avec une forte hétérogénéité parcellaire. Parcelle drainée

Rotation : monoculture de maïs avec un blé très occasionnel pour rompre la monoculture. Avant drainage et irrigation, des sols réservés à la prairie moyennement productive.

Photo 3 : profil cultural de la station 3

 

Points de débat

Un sol particulièrement difficile à travailler avec des risques d’ennoiement.

Activité biologique a priori réduite.

Une pratique du labour chaque année en décembre et reprise avant semis. Observation de matière organique peu décomposée enfouie en profondeur (poches de résidus de culture). Retirer la rasette pour mieux répartir la matière organique dans le profil.

Un point de débat a porté sur l’estimation de la réserve utile avec des difficultés à estimer la contribution de l’argile lourde.

Le choix des indices pour les variétés de maïs a aussi été discuté avec un consensus sur le choix d’indices assez faibles pour des récoltes précoces. En cas de prévision de blé derrière maïs, la suppression du dernier tour d’eau pour assécher le profil et favoriser un travail du sol décompactant et une implantation de blé précoce a été suggérée.

D’autres cultures ont été avancées pour rompre la monoculture : triticale en semis précoce.

De façon prospective, il est discuté la mise en place d’une monoculture de maïs sans labour sous un couvert permanent (semis direct ou strip till). Il est fait état d’essais sous couvert de trèfle blanc nain. Nécessité de prévoir une transition pour mettre en place un système de ce type. Les références sont sans doute encore insuffisantes dans ce domaine.

 

Situation 4.  Parcelle : « la Fontaine » – profil cultural 4

Contexte

Type de sol : sol argilo limoneux sur argile bariolée et calcaire. Sol assez comparable au sol de la parcelle précédente « des Gaillardières » avec un premier horizon plus profond et une apparition d’argile lourde moins superficielle. Sol drainé avec écoulement favorisé par une légère pente.

Sol permettant d’intégrer du blé et du colza dans la rotation : blé-colza-blé-maïs (2 à 4 ans). Système irrigué avec une irrigation systématique sur le maïs et occasionnelle sur le blé.

Photo 4 : profil cultural de la station 4

 

Points de débat

Une activité biologique faible dans le sol mais la présence observée de carabes en surface a permis de revenir sur les questions de « vie des sols » et la place des auxiliaires de culture.

Les résidus de culture en fond de labour ont conduit à une discussion sur le travail du sol entre colza et blé tendre et une proposition de deux alternatives de travail du sol sur la parcelle actuellement couverte de repousses de colza :

soit deux passages de déchaumeur à dents pour fissuration du profil en situation sèche et semis dès que les conditions sont favorables (sans labour) ;

soit un labour, travail superficiel et semis en suivant.

Ces deux propositions ont mis en évidence une divergence de points de vue sur la pratique à adopter sur ce cas présenté, certains remettant en cause le labour.

Le pilotage de l’irrigation est évoqué avec des possibilités d’irrigation plus extensive qui permettrait de réduire les consommations en eau et/ou de répartir l’eau sur une surface plus grande.

La gestion de l’inter-culture reste un problème délicat. Un semis d’avoine avec ou sans légumineuses est proposé entre blé et maïs.

L’observation de nombreux carabes sur les repousses de colza permettent d’aborder la question de la gestion des limaces qui sont observées dans des cas d’importantes surfaces en colza sur un territoire et d’un retour trop fréquent du colza fort utilisateur d’insecticides.

 

Suite à ce tour de plaine sur cette seconde exploitation, il apparait que les choix sont beaucoup plus contraints et que des références locales manquent pour les appuyer, en particulier sur la durabilité d’un tel système basé sur la monoculture du maïs, sur l’introduction de cultures nouvelles dans la rotation et sur les possibilités de conduite de la monoculture sans labour.

 

Conclusions et perspectives

 

L’ensemble des participants ont particulièrement apprécié les échanges concrets entre agronomes « spécialistes », conseillers de terrain et «agriculteurs praticiens ». Des propositions de modifications et d’évolutions de pratiques ont été avancées pour répondre aux préoccupations rencontrées par les agriculteurs dans le territoire du GDA.

La rentabilité des systèmes et la gestion des ressources en eau ont souvent été au centre des débats sans toutefois dégager des éléments très opérationnels tant ces questions relèvent de décisions qui semblent échapper à l’agriculteur (réglementations, politiques publiques, volatilité des marchés).

La pluralité des points de vue et la liberté de parole entre les participants ont sans aucun doute été un facteur de réussite de cette journée. Les apports d’agronomes spécialistes dans plusieurs domaines ont éclairé des questions d’agriculteurs, et en retour les questions des agriculteurs et de leurs conseillers ont interrogé les agronomes « spécialistes ». L’absence de certains représentants de la communauté des agronomes a été cependant regretté (scientifiques du monde de la recherche). 

Suite à cet atelier, le groupe d’agriculteurs a souhaité recentrer les travaux sur les questions évoquées lors des échanges. L’atelier a ainsi participé de façon modeste à relancer une dynamique du groupe. Plus largement il a aussi révélé des manques de la part des techniciens sur le diagnostic de fonctionnement des sols (savoirs faire, expérience et méthodes) et a donné lieu à l’organisation d’une formation et d’un nouvel atelier qui s’est tenu en 2015 en Charente Maritime.  

Les besoins de références et la capacité à répondre à de nouvelles questions et enjeux, restent des points ouverts. Cela nécessiterait des moyens spécifiques mais aussi l’organisation de dispositifs de R&D co-construits avec les agriculteurs et tenant compte des multiples situations (sols, climat, systèmes d’exploitation). Les groupes semblent être une pierre angulaire pour répondre à ces questions et les dispositifs en cours (GIEE, Groupes opérationnels PEI) pourraient s’emparer de ces questions soulevées lors de l’atelier.


 

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