Revue AE&S vol.7, n°2, 15

 

L’évolution des techniques culturales et des systèmes de culture

 

La reconception d’un système de culture en arboriculture

 

 

Philippe Prévost*

 

*Institut agronomique, vétérinaire et forestier de France (Agreenium)

Contact : philippe.prevost@agreenium.fr

 

Prochainement téléchargeable en pdf


La production fruitière française est en tension depuis de nombreuses années, d’une part avec les difficultés récurrentes sur les marchés (concurrence des importations, prix de marché inférieur au coût de revient, diversification des demandes des consommateurs (bio, circuits courts, produits transformés…)), d’autre part avec les questionnements dans les relations entre évolutions techniques et intensification des productions (évolution des variétés, évolution des moyens de lutte contre les ennemis des cultures, évolution des modes de conduite des arbres,…). Les grands bassins de production fruitière ont ainsi tendance à se réduire, avec une production fruitière en baisse (par exemple, baisse de 15% des surfaces en Rhône-Alpes depuis 2000). Mais au sein de ces bassins de production, des innovations locales peuvent être à l’origine de formes de renouveau des filières fruitières.

Nous avons analysé, dans le cadre d’un atelier de terrain de l’Afa, une petite exploitation agricole qui, après avoir fait évoluer son système de commercialisation, s’interroge sur son système de culture.

 

Une petite exploitation arboricole d’Ardèche méridionale

 

Un atelier de terrain a été organisé chez un arboriculteur d’Ardèche méridionale, qui a repris la ferme familiale il y a près de dix ans après une expérience professionnelle extérieure. Il fait preuve d’un dynamisme mobilisateur qui pourrait essaimer sur le territoire, alors que la production fruitière a quasiment disparu au profit de la vigne. Ce producteur, après avoir fait le choix de changer radicalement le système de commercialisation, par de la vente directe sur Montpellier (tournées avec points de vente), souhaite faire évoluer son système de culture pour être en cohérence avec ses objectifs (approfondir sa démarche agroécologique tout en maintenant son revenu).

L’exploitation a été représentée schématiquement par P. Saussac (formateur au CFPPA du Pradel) avec la figure 1 et le parcellaire est présenté en figure 2 :


Figure 1 : représentation schématique de l’exploitation de P. Beauthéac (auteur P. Saussac)

Figure 2 : Parcellaire de l’exploitation de P. Beauthéac (auteur P. Saussac)

 

Cette exploitation de petite taille (12 ha) se caractérise par une forte diversité :

-          Diversité de terroirs (sols, exposition, topographie) liée à un parcellaire très morcelé,

-          Diversité de cultures et de variétés liée aux débouchés,

-          Diversité d’itinéraires techniques liée aux modes de commercialisation (vente directe pour les fruits, vente à la coopérative pour la vigne).

Les principaux objectifs de l’agriculteur concernant sa production fruitière sont à la fois de maintenir voire d’accroître la diversité spécifique et variétale (logique de gamme pour sa clientèle de consommateurs) et de poursuivre la réduction de l’usage des produits phytosanitaires (réponse à la demande croissante de produits non traités chimiquement).

Sur le plan technique, P. Beauthéac a progressivement adopté différentes techniques issues de

l’agriculture biologique (fertilisation organique, diversité des techniques de lutte contre les ennemis des cultures, voir figure 3), voire de biodynamie (tisanes biostimulantes) tout en réduisant les traitements chimiques (éclaircissage manuel, piégeage…).

 

Figure 3 : Stratégie de lutte contre les ennemis des cultures (auteur P. Saussac)

 

Les données de la recherche sur l’évolution des systèmes de production et des systèmes de culture en arboriculture fruitière

 

La production fruitière en Ardèche est dans une situation difficile, avec une baisse continue des volumes de production, en dehors de la châtaigne AOC. Une étude menée il y a quelques années sur les trajectoires des exploitations arboricoles en Ardèche (C. Lamine, présente dans l’atelier) a mis en évidence (i) la tendance à un vieillissement des plantations existantes du fait de la crainte des producteurs actuels de la non reprise des exploitations fruitières, et (ii) une diversification pour maintenir ou augmenter le revenu, de trois types :

-          La valorisation optimale de productions très diversifiées, entraînant l’ajustement des surfaces des cultures aux débouchés,

-          La rationalisation progressive du système de production pour limiter la diversité en se complétant avec d’autres producteurs,

-          La diversification vers de nouvelles productions et vers la bio pour pérenniser l’exploitation traditionnelle, en associant arboriculture et maraîchage.

Ces différentes trajectoires des systèmes de production permettent une certaine forme de résilience des exploitations, mais au détriment le plus souvent du volume de production fruitière. Une représentation des facteurs de résilience est proposée par C. Lamine dans la figure 4 ci-dessous.


 

Figure 4 : les facteurs de résilience et les stratégies pour gérer les risques liés à la production fruitière

 

Quant aux systèmes de culture, l’évolution des marchés et le déplacement des zones de production d’une part, et l’exigence du respect de l’environnement d’autre part, ont engendré un renouvellement de l’approche des performances du verger, avec le développement des évaluations multicritère.


Figure 5 : Caractérisation d’un système de culture en arboriculture fruitière (D’après D. Plenet, repris par S. Simon)

 

Ainsi, la conception et l’évaluation d’un système de culture dépendent de nombreux critères à prendre en compte, en fonction du contexte de l’exploitation agricole et des objectifs de l’agriculteur.

Quant aux choix techniques de l’agriculteur, s’il est dans une perspective agroécologique, là encore, il n’y a pas de réponse unique pour faire évoluer son ou ses système(s) de culture, mais des scénarios à construire pour répondre aux objectifs de l’agriculteur et en prenant en compte la situation de son exploitation.

 

Figure 6 : Les différents leviers actionnables dans la conception d’un système de culture arboricole


Les propositions d’évolution du (des) système(s) de culture des productions fruitières au sein de l’exploitation de P. Beauthéac

 

Après ces premiers apports de C. Lamine (Inra Avignon, sociologue) et de S. Simon (Inra Avignon, station de Gotheron, agronome), le groupe a pu réfléchir à des propositions d’évolution de système de culture arboricole, à la fois en reprenant les objectifs de P. Beauthéac, les caractéristiques de son système de production, et des différents atouts et contraintes qu’il a au sein de son exploitation.

P. Beauthéac a en premier lieu reformulé sa demande (cf annexe 1), en souhaitant des conseils sur les possibilités de diversification dans des parcelles à planter (cf annexe 2) et sur l’évolution globale de son système de culture dans chaque espèce.

Un schéma de synthèse a été construit en début de séance d’après-midi :

            

Figure 7 : les souhaits de P. Beauthéac


Le choix d’espèces sur des parcelles à planter

La question porte ici autant sur l’évolution du système de production que sur l’évolution du système de culture. En effet, la question de l’évolution de la mosaïque paysagère, pouvant favoriser des techniques agroécologiques (à la fois en diversifiant la biodiversité cultivée (espèces et variétés fruitières) et la biodiversité fonctionnelle (infrastructures agroécologiques par exemple)), aurait pu être pertinente, mais la forte dispersion des parcelles de l’exploitation, et en particulier l’éloignement de deux des trois parcelles à replanter, a plutôt orienté la réflexion du groupe sur la pertinence ou non de diversifier le système de production avec de nouvelles espèces fruitières.

Les caractéristiques de sa situation sont très particulières :

-          La surface à planter est faible (environ 1,5 ha) sur 3 parcelles différentes,

-          Le terroir agronomique (sol, exposition, pente) est très différent selon les parcelles : une parcelle bien exposée en coteau sur sol calcaire marneux assez pauvre (cf annexe 2 pour les photographies illustrant les parcelles), une parcelle en plaine sur sol argileux assez hydromorphe, une parcelle argilo-calcaire assez fertile plutôt en piémont,

-          Deux parcelles sont très éloignées du siège de l’exploitation et les espèces choisies doivent être le plus rustiques possible.

Un échange a donc porté sur les espèces potentiellement candidates, avec l’analyse par espèce envisagée au sein du groupe :

 

Espèce fruitière

Adaptation au terroir (Oui/non)

Aptitude pour la production

Intérêt pour la commercia-lisation

Proposition

Amandier

Oui

Sous réserve de la mécanisation de la récolte

Et problème de guêpe Eurytoma

Oui,  demande des clients

Plutôt à envisager en bordures de parcelles de coteaux

Grenadier

? (Limite nord)

A étudier selon références et intégration dans le système de production

Oui, forte demande

A instruire car manque de références au sein du groupe sur cette culture.

Peut-être tenter sur une petite parcelle si bonne intégration dans le système de production, et en particulier le chantier de récolte.

Noisetier

Oui

Intérêt comme plante de service pour lutter contre psylle sur poirier.  Problème avec un coléoptère (Balanin). Mais sous réserve de mécanisation de la récolte

A voir, car valorisation non évidente en fruit sec.

Plutôt l’envisager dans une parcelle en bordure de poirier.

Figuier

Oui

La période de récolte est en concurrence avec les fruits qui font le chiffre d’affaire

Difficile à transporter

Peu d’intérêt dans le système de production

Olivier

Oui

Culture complémentaire dans le système de production. Mais Problème de la mouche

Oui, à vendre sous forme d’huile

Très bien adaptée à la parcelle en coteau, avec une variété locale peu sensible à la mouche de l’olive.

Kiwi

Oui sur la parcelle en sol sableux

Culture complémentaire dans le système de production

Concurrence avec les kiwis de collègues vendus à ses clients

Produits déjà existants dans le voisinage et donc culture à éviter.

Avocatier

Non ?

Aucune référence. A étudier

A étudier ?

?

Petits fruits

Oui

Trop de main d’œuvre nécessaire pour la récolte

Oui, mais forte charge de conditionnement

Non adapté au système de production

 

En comparant ces cultures candidates aux espèces existantes, il a été proposé au sein du groupe le scénario suivant :

-          Parcelle en côteau : choix entre diversification avec l’olivier ou l’amandier et nouvelle variété de cerisier pour élargir la gamme de la cerise (et la durée de vente) ;

-          Parcelle proche du siège de l’exploitation et des autres parcelles de pommier : plutôt diversifier avec une autre variété de pomme correspondant à la demande des clients, ou diversifier avec le noisetier ;

-          Parcelle éloignée du siège de l’exploitation en zone de piémont : plutôt rester sur des espèces existantes, de manière à permettre un arrachage de vieilles plantations quand cette parcelle arrivera en production, permettant de faire se reposer le sol quelques années avant replantation et de maintenir le volume de production nécessaire dans le système actuel de commercialisation.

 

L’évolution du système de culture sur les plantations existantes

Le groupe a mené une autre réflexion portant sur l’évolution du système de culture, à la fois sur l’ensemble des espèces et sur chacune des espèces, pour répondre à l’objectif d’évoluer vers une démarche plus agroécologique.

Le système de culture actuel est déjà dans une démarche agroécologique, avec l’utilisation de certaines techniques alternatives (fertilisation organique, infusions biostimulantes) et une méthode de lutte intégrée, mais avec un verger ancien dans lequel les variétés ne correspondent pas toujours à des systèmes rustiques (exemple de la pomme Golden).

Ainsi, les pistes d’évolution possibles, à l’échelle de l’exploitation, peuvent être :

- à l’échelle du paysage, la « mosaïque paysagère » actuelle est très riche, mais les aménagements de biodiversité ne sont parfois pas en continuité, même si de nombreux auxiliaires doivent déjà être favorisés par tous les habitats semi-naturels existants.

Proposition => intérêt d'aménager une haie ou bosquet par rapport au psylle du poirier et par rapport aux pucerons des arbres fruitiers, en privilégiant des arbustes et plantes à fleur en hiver ou très tôt en saison à proximité et dans les vergers pour favoriser les syrphes. Conserver les auxiliaires est permis par des aménagements de ressources et d’habitats, à combiner avec des pratiques culturales minimisant les effets secondaires sur ces organismes utiles).

Le parcellaire très éparpillé rend cependant difficile une gestion spatiale supra-parcellaire et l'utilisation de certaines méthodes de protection alternatives telles la confusion sexuelle contre les lépidoptères.

- à l’échelle des productions, les choix variétaux anciens et/ou liés à l'historique de l'exploitation (achat parcelles) peuvent évoluer dans le temps au fur et à mesure des replantations.
Proposition => pour la pomme en particulier, il y a beaucoup à gagner à implanter des variétés moins sensibles que Golden et Gala qui sont très sensibles à la tavelure...
Des variétés anciennes ou des variétés plus récentes adaptées au contexte bas-intrants (ex : variété Akane), et avec un porte-greffe bien adapté, permettraient de réduire le nombre de traitements sur cette espèce qui est la plus concernée par les traitements chimiques.

- A l’échelle de l’année de culture, les stratégies phytosanitaires peuvent évoluer.

Propositions => des possibilités de marge de manœuvre existent pour réduire les produits de synthèse, par exemple avec des argiles (ex : psylle du poirier) ou produits microbiologiques (logique de substitution) (ex : carpocapse du pommier ou tordeuse du pêcher), ce qui donne un bénéfice santé pour l’applicateur et le personnel travaillant dans le verger, et pour le consommateur avec la réduction des résidus sur fruits... Mais cela demande toutefois un matériel adapté (ex. pulvérisateur à membrane pour utiliser l’argile) et la modification des pratiques (fréquence d'intervention un peu plus élevée pour produits microbiologiques).
Par ailleurs, l’utilisation de filets de type Altcarpo (protection physique contre les lépidoptères) demande des infrastructures, un investissement et une réflexion sur la cohérence entre l’utilisation du filet et les aménagements pour la biodiversité.

La discussion a également porté sur les possibilités d’associations d’espèces ou de variétés dans les parcelles :

-          les associations d’espèces fruitières présentent assez peu d’avantages reconnus aujourd’hui sur le plan agroécologique face aux contraintes d’organisation de la production et de la récolte ;

-          les associations avec d’autres plantes ligneuses sont peu référencées aujourd’hui, et le choix de l’agroforesterie est souvent un choix personnel lié à d’autres critères que les aspects techniques et économiques. Cela dit, des arbres comme les aulnes ou des espèces légumineuses pourraient réduire le besoin d’azote et nourrir les auxiliaires ;

-          les associations avec d’autres cultures, comme les cultures légumières, se développent, mais cela engendre une évolution forte du système de production et de commercialisation ;

-          enfin, ce sont les associations avec des légumineuses en inter-rang qui paraissent le plus envisageable dans la situation actuelle de l’exploitation (par exemple le trèfle blanc ou autre légumineuse adaptée au climat et aux conditions du verger).

 

 

En conclusion, beaucoup de questions et assez peu de réponses concrètes…

 

Face aux objectifs de l’agriculteur et à ses souhaits d’évoluer dans ses pratiques, le projet de reconception est confronté à trois  types de difficultés :

-          d’une part, pour les questions portant à la fois sur l’évolution du système de production (quelles nouvelles espèces ?) et sur l’évolution du système de culture (quelles alternatives à la lutte chimique ?), le groupe s’est retrouvé face à un ensemble de contraintes difficiles à hiérarchiser en un temps court. Ainsi, sur le système de production, l’aspect pérenne des cultures fruitières (un changement des productions demande beaucoup de temps), le système de commercialisation en vente directe à distance (la vente directe demande une gamme de produits variés, un étalement des récoltes et un prix attractif) et le besoin d’un revenu régulier (5 cultures font 90% du chiffre d’affaire et la diversification n’est pas forcément rentable) demanderait de construire des scénarios pluriannuels sur les résultats technico-économiques en fonction des choix faits dans des changements de culture. Et sur le système de culture, la difficulté de remise en question des variétés actuelles (cas de la pomme et de la poire, avec des variétés peu rustiques mais des plantations anciennes donnant des fruits de qualité), et un parcellaire très morcelé (ne permettant pas d’envisager facilement une réorganisation spatiale avec des infrastructures agroécologiques) ont limité les propositions du groupe en évitant des scénarios de rupture.

-          D’autre part, les références techno-scientifiques sur la reconception des systèmes de culture en arboriculture fruitière sont encore peu éprouvées, compte tenu du besoin de temps long pour valider les résultats expérimentaux.

-          Et enfin, l’absence au sein du groupe de techniciens ou d’arboriculteurs connaissant bien des expériences de terrain réussies dans des innovations techniques, n’a pas permis de proposer des scénarios très originaux par rapport à ce qui est déjà connu.

Ainsi, si l’atelier a permis de lancer un certain nombre de pistes de travail, il n’a pas permis d’aboutir à la proposition d’un système de culture innovant avec une cohérence globale sur les plans technique, économique, écologique et sociale. Il a cependant eu le mérite d’avoir permis à l’agriculteur de trouver le lien qu’il cherchait avec des agronomes de la recherche et du développement.

 

L’expérience de cet atelier de terrain, au-delà de l’exemple de cet agriculteur, nous ouvre un questionnement agronomique intéressant :

1 – le concept de système de culture, s’il reste pertinent dans les cultures pérennes, mériterait d’être mieux compris dans son articulation avec le concept de système d’exploitation, au sein des systèmes de production arboricole (et peut-être aussi viticole), en particulier dans l’analyse des échelles de raisonnement agronomique, tant sur le plan spatial (parcelle/espèce/variété, densité de plantation, infrastructures agroécologiques à l’échelle de la parcelle (en particulier avec la possibilité de différentes strates de végétation) ou du paysage) que sur le plan temporel (articulation année de culture/périodes de vie du verger (jeune plantation, plantation en production, vieille plantation)).

2 – le choix d’un système de culture dépendant fortement de la destination des produits (le mode de commercialisation influençant les exigences en termes de gamme, de qualité, de période de récolte, de coût de production…), l’ingénierie réverse est plus complexe à construire et une réflexion méthodologique serait importante à mener pour bien prendre en compte le besoin d’agriculteurs qui ne peuvent séparer les exigences de production et celles de la commercialisation.

3 – les besoins de référence des agriculteurs en quête de reconception de leur(s) système(s) de culture ne pouvant être satisfaits uniquement par des références techno-scientifiques (qui existent pour une part, cf annexe 3), la réflexion collective sous forme d’atelier de terrain apparaît très pertinente, mais à une double condition :

-          Que l’atelier soit suffisamment préparé avec l’agriculteur pour bien sérier les problèmes, afin de ne pas chercher à répondre à toutes les questions de l’agriculteur,

-          Que l’organisateur de l’atelier ait la garantie de la présence d’agriculteurs locaux (au minimum 3, en dehors de l’agriculteur hôte) ayant une bonne expérience d’innovations réussies sur des systèmes de production similaires et d’au moins un conseiller agricole spécialisé dans les productions de l’agriculteur hôte.

 

 


Annexe 1 : les objectifs exprimés par l’agriculteur P. Beauthéac


Objectifs de l'agriculteur (document fourni aux participants de l’atelier par P. Beauthéac)

 

Ø  On s'appuie sur ce qui existe déjà

. une ferme à échelle humaine (pour faire simple, 6 ha de vergers, 6 ha de vignes)

. un vieux verger à l'ancienne

-          exploitation très morcelée (plupart des parcelles de 30 à 50 ares)

-          multitude de terroirs / expositions (terres noires (vignes), terres blanches de la plaine de Lussas (arbres à pépins), terres des coteaux de Mirabel (marno calcaires, pauvres mais mieux exposées, cultures moins exigeantes), terres d'alluvions de la vallée de l'Auzon).

-          vieux arbres bien adaptés au terroir (1960/80) - plus orientés goût que quantité

. un système de commercialisation adapté

-          impossible de lutter sur les marchés classiques où il faut faire gros, beaucoup et pas cher.

-          revenir au goût (cueillette à maturité)

-          orientation vers des marchés où ce travail est reconnu et les fruits ne sont pas impersonnels -> vente directe.

Néanmoins besoin de renouveler le verger qui est parfois fatigué.

 

Ø  On développe en s'appuyant sur des principes hérités des anciens

. "ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier" -> continuer à multiplier les espèces, variétés

. veiller à adapter type de culture et terroir

Dans cette logique, nous avons planté  depuis 2008 des cerisiers, abricotiers, kakis, pêchers, raisins de table, poiriers en cherchant à résoudre une équation à plusieurs paramètres:

            . goût

            . adaptation au terroir

            . robustesse (éviter variétés fragiles) et culture pas trop technique

            . est-ce que je suis capable de le vendre ?

            .est-ce que ça s'intègre dans mon calendrier de travail ?

 

Ø  Essayer de faire le plus propre possible

. essayer de faire le plus possible du bio en restant pragmatique

-          exemple de l'échec culture abricotier

-          sans faire exploser les coûts de production et le temps de travail

. volonté d'arriver à des vergers équilibrés

D'où le besoin de conseils:

            . choix des variétés, espèces / adaptation terroir ou problématique parcelle (amandier, grenade...) et mes objectifs (goût, robustesse...)

            . comment penser le verger différemment ?

                        mélanger les espèces (poireaux, carottes), comment imaginer un verger différemment pour qu'il soit moins sensible aux maladies

                        utiliser l'agroforesterie pour fertiliser autrement

                        utilisation de la technique push pull en arboriculture (exemple pyrale du maïs, desmodium, herbe à éléphant)

                        comment aménager les abords du champ pour favoriser les prédateurs (nichoirs à mésange, noisetier/poirier pour le psylle...).

 

S'appuyer sur ce qui existe et qui marche pour avancer...

 


Annexe 2 : les parcelles de P. Beauthéac à replanter

Photo 1 : Parcelle proche du siège de l’exploitation et des autres parcelles de pommier, sur sol argileux à tendance hydromorphe

 

Photo 2 : Parcelle en coteau éloignée de l’exploitation sur sol argilo-calcaire

Photo 3 : Parcelle en piémont éloignée du siège de l’exploitation sur sol argilo-calcaire assez fertile

 

Photo 4 : Profil cultural de la parcelle de piémont


Annexe 3 : des propositions de ressources par Sylvaine Simon à l’issue de l’atelier


Contact : sylvaine.simon@inra.fr

 

Aspects aménagement de biodiversité pour favoriser les auxiliaires


- l'article paru dans le Zoom arbo sur les haies composites et l'intérêt de certaines essences pour la protection du verger (observations vallée du Rhône - plaine de Valence).


- le travail réalisé sur haie et verger de poirier, en ligne sur

http://www6.inra.fr/ciag/Revue/Volume-4-Janvier-2009



Méthodes de substitution pour limiter l'utilisation des pesticides


- extrait du Guide PFI2014 ArboBioInfo Sud-Est : généralités et stratégies AB.



Choix variétaux

-          Gilles Libourel du GRAB Avignon a une très bonne expérience des variétés pommes, poires (et plus largement) en AB ou bas intrants.

 

-          Sur la station expérimentale de La Pugère (Mallemort, 13), J.M. Montagnon travaille également sur l'évaluation variétale.

 


 

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