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Pradel Talks

Défi alimentaire et agronomie : 6èmes Entretiens septembre 2011

 

Le thème des 6èmes Entretiens du Pradel fait suite aux premiers échanges que les adhérents de l'Association française d'agronomie ont eus lors de l'assemblée générale de 2010, et qui avaient mis en évidence le rôle essentiel que peuvent jouer les agronomes pour répondre aux enjeux alimentaires dans les prochaines                                 décennies, dans le Monde mais aussi en France et en Europe.

 

Une partie des interventions est publiée dans la Revue AE&S En savoir +

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Accueil par Thierry DORÉ

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Enjeux alimentaires : quels défis pour l'agronomie ?

 

Les dernières années ont vu une floraison d'ouvrages revisitant le défi alimentaire de la première moitié du nouveau siècle, leur parution encadrant la " crise alimentaire " de 2008. Ces ouvrages ne traitent pas que d'agronomie, loin s'en faut. Néanmoins ils illustrent un impératif d'approvisionnement pour une population croissante, et une évolution, parfois rapide, des conditions de la production agricole, qui conduisent à des transformations des systèmes alimentaires et à des tensions sociales, en France comme à l'étranger - qui elles-mêmes interpellent les agronomes.

Le système alimentaire est-il soluble dans le développement durable ?

introduction par Jean-Louis Rastoin, Montpellier SupAgro, chaire Unesco " Alimentations du monde "

en vidéo, en texte

 

 

Les communications que nous allons avoir l'avantage d'entendre sont originales, pertinentes et de grande qualité.

Elles ont le grand mérite, à mes yeux, de prendre comme point de départ, non pas la production agricole, mais l'une de ses finalités, de loin la plus importante, celle de " nourrir l'humanité ", en se situant dans un cadre théorique et méthodologique très actuel, le système alimentaire.

 

C'est là un témoignage à la fois de grande ouverture intellectuelle et de souci d'opérationnalité, à travers la multidisciplinarité, dont on doit féliciter les organisateurs de ces 6e entretiens du Pradel et les auteurs des communications.

 

En effet, en ces temps de crises sévères, il paraît indispensable de revenir aux fondamentaux de nos sociétés humaines.

 

Dans un monde globalisé, où l'économie virtuelle tend à s'imposer comme un mode de gouvernance hégémonique, et plus encore comme un style de vie, il devient urgent de retrouver la mémoire et de reconstruire les fonctions basiques de l'homo sapiens, au premier rang desquelles figure l'Alimentation avec un grand A, pour de multiples raisons :

Parce que la nourriture s'est industrialisée au détriment de la diversité et de la qualité nutritionnelle et gustative ;

-  Parce que, dans les pays riches, les ménages ne consacrent plus que 10 à 15% de leur budget et 1 heure par jour pour se nourrir, le plus souvent en solitaire ;

-  Parce que dans les pays à faible revenu, le fardeau de la pauvreté empêche d'accéder au droit à l'alimentation ;

-  Parce que les investissements en R&D pour produire et consommer des aliments de qualité sont notoirement insuffisants

-  Parce que l'alimentation a disparu des programmes scolaires

-   etc.

Nous avons oublié que l'alimentation constituait le socle de toutes les civilisations, petites et grandes. En effet, l'alimentation est à la fois un élément de survie, de plaisir, de lien social et de culture.

L'alimentation est aussi, à travers les filières de production, un puissant facteur de création de valeurs économiques et d'emplois. Le système alimentaire reste ainsi la première activité économique dans la plupart des pays du monde. Bref, sa contribution au BNB (bonheur national brut) devrait être première, mais c'est loin d'être le cas.

 

L'agriculture, bien qu'elle ait subi un déclin relatif en termes socio-économiques, reste incontournable comme source primaire de nos aliments.

 

Cependant, l'agriculture accompagne, dans tous les pays, les mutations du système alimentaire, c'est-à-dire :

 

Cependant, l'agriculture accompagne, dans tous les pays, les mutations du système alimentaire, c'est-à-dire :

- Intensification capitalistique

- Intensification énergétique, chimique et biotechnologique

- Spécialisation et concentration

- Mondialisation

- Financiarisation

 

Cette trajectoire amorcée il y a un peu plus d'un siècle aux Etats-Unis et environ 60 ans en Europe, que nous appelons le modèle agroindustriel tertiarisé, permet certes de produire des aliments à bas prix et répondant aux normes de sureté, mais présente de préoccupantes externalités négatives en termes de santé publique, d'équité sociale et d'environnement.

 

Ainsi, le scénario " au fil de l'eau " des exercices de prospective pourrait conduire, à l'horizon 2050, à un système alimentaire formé de filières longues,gouvernées par le marché et des technologies lourdes, totalisant 500 000 exploitations agricoles de 4000 ha chacune et quelques dizaines de méga-firmes multinationales dans les secteurs de l'agrofourniture, de l'industrie agroalimentaire et de la distribution.

 

Si notre objectif est de construire un système alimentaire durable, il devient urgent de réfléchir à un ou plusieurs scénarios alternatifs au scénario tendanciel[1].

 

Nos conférenciers proposent à cet égard des analyses tout à fait stimulantes.

David Barling, du Centre for Food Policy, City University London qui nous parlera des " Chemins d'une politique et d'une gouvernance pour une production et une consommation alimentaire durables "

 en vidéo , en diaporama

 

 

Thierry Doré d'AgroParisTech, Eric Malézieux du département Persyst du Cirad, Philippe Pointereau de Solagro et Guy Trebuil du département Environnement et Société du Cirad, qui interviendront sur le thème : " Comment l'évolution des systèmes alimentaires interroge-t-elle l'agronomie ? "

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Luc Guyau, président du Conseil de la Fao, qui nous fera ensuite part de son point de vue et de ses propositions sur les analyses présentées.

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Les débats en vidéo


[1] Pour aller plus loin : Rastoin J.L., Ghersi G., 2010, Le système alimentaire mondial, Concepts et méthodes, analyses et dynamiques, Editions Quae, Paris : 581 p.
 Préface d'Olivier de Schutter, Rapporteur spécial des Nations-Unies sur le Droit à l'alimentation.

 

 


Rendement et qualité sont-ils conciliables ?

 

 

La production agricole est confrontée à la demande de poursuite d'augmentation de la production (donc une croissance des rendements dans la plupart des situations) et d'amélioration de la qualité (sanitaire, nutritionnelle, organoleptique) des produits selon  des critères très différents en fonction de leurs destinations et types de consommateurs. Or, l'expérience des dernières décennies a régulièrement montré une influence négative de l'augmentation des rendements sur la qualité des produits (diminution de la qualité nutritionnelle, présence de résidus de pesticides), mais aussi sur l'image du produit par les impacts négatifs de la production sur l'environnement.

Plusieurs types de production agricole affichent aujourd'hui l'ambition de proposer des aliments de meilleure qualité, avec moins d'atteintes à l'environnement (agriculture biologique, à haute valeur environnementale, intensivement écologique, etc.).

Dans ce contexte,  la session animée par R.HABIB (Cirad et Afa) a montré comment la conception et le pilotage de nouveaux itinéraires techniques et systèmes de culture adaptés à de nouvelles demandes des transformateurs pourrait mieux lier rendement au champ et qualité intrinsèque du produit.

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La production du blé est un bon exemple pour étudier cette évolution de la demande et des réponses apportées.  

J. ABECASSIS (Inra) a présenté la problématique  de la filière  blé pour comprendre comment les nouvelles attentes des consommateurs et des transformateurs sont prises en compte dans les orientations de la recherche.

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Puis un état d'avancement des travaux d'agronomes sur le pilotage de la qualité dans les systèmes de culture céréalière a été présenté par C. LOYCE ( AgroParisTech) en abordant les indicateurs de performances de tels systèmes (productivité, qualité, stabilité, plasticité et domaine de viabilité, résilience, impacts agro-environnementaux & économiques).

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 O.RANKE (agriculteur éleveur à la ferme de la Bergerie) et JM. LARCHER (responsable R&D Axéréal) ont discuté ces deux interventions pour nourrir un débat avec les participants sur ce sujet essentiel pour l'agronomie dans les prochaines décennies.

 

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Les débats en vidéo


Nouvelles structurations et fonctionnement des bassins de production alimentaire

 

 

Les stratégies des opérateurs des filières qui commercialisent et transforment les produits de l'agriculture interagissent avec les stratégies des agriculteurs, tant sur le plan des choix des productions et de leur niveau de qualification pour des usages alimentaires et non alimentaires que sur celui des choix techniques associés à la mise en Å“uvre de ces productions. Les instruments de ces interactions, qu'il s'agisse des contrats, des cahiers des charges, des diverses politiques de certification ou des modes d'organisation des flux de matières premières agricoles couvrent des champs de plus en plus larges depuis celui, traditionnel, de la qualité des produits vers celui, plus récent, des impacts environnementaux (dont la liste s'allonge) des activités de production, de transport et de transformation dans lesquelles acteurs des filières et agriculteurs qui les approvisionnent sont engagés.

 

Dans ce mouvement se dessinent des systèmes d'approvisionnement à l'échelle territoriale qui par leur impact sur l'organisation des espèces cultivées dans l'espace,  sur les modes de production et sur les indicateurs de performances économiques ou environnementales qui leur sont appliqués ont un effet important sur la structuration de ces territoires et sur l'évolution de leurs ressources. Ce sont des objets mixtes entre l'agronomie, l'économie et la gestion dont l'étude est essentielle pour comprendre et valoriser les marges de manÅ“uvres collectives mobilisables pour améliorer les performances globales de ces systèmes.

 

Cette séquence a été animée par J. CANEILL (Inra et Afa)

 

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Une présentation de la stratégie et des pratiques d'approvisionnement d'une entreprise agroalimentaire a été présentée par G. CAPELLE (Bonduelle conserverie international)

 

Le second témoignage est une analyse agronomique formalisée de ces systèmes d'approvisionnement localisés dans un territoire, proposée par M. LE BAIL (AgroParisTech) et P.Y. LE GAL (Cirad)

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E. VALCHESCHINI a discuté ces interventions avec un double point de vue de la recherche en économie de la qualité et du monde de la coopération agricole pour lancer le débat sur l'articulation entre ces approches et la thématique globale de ces entretiens.

 

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Les débats en vidéo


Quelles utilisations de l'espace en zones rurales et péri-urbaines ?

 

Les surfaces agricoles cultivées pour la production alimentaire sont de plus en plus en concurrence avec de nombreux autres usages, qu'ils soient productifs (énergie, matériaux de construction, textiles), récréatifs (espaces de loisirs, forêt, pelouses,) ou à destination de voierie ou d'habitat (urbanisation).

 

Cette concurrence engendre dans de nombreux pays, et en particulier en France, une tendance à la diminution des surfaces pour la production alimentaire, ce qui interroge la durabilité de l'autonomie alimentaire si cette tendance se poursuit, d'autant plus que les rendements stagnent et la population s'accroit. Cette évolution semble contradictoire avec la volonté de plus en plus affirmée des populations de se nourrir avec des produits locaux et sains.

 

Cette séquence a été animée par P. POINTEREAU (Solagro et Afa)

 

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Un  panorama de l'évolution différenciée de l'allocation et du potentiel productif des terres des régions françaises a été proposé par I. FEIX (Ademe)

 

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Une deuxième présentation par C. SOULARD (Inra) a témoigné, à partir de l'exemple des zones urbaine et péri-urbaine, de diverses situations locales originales, où les agronomes sont mobilisés, pour aider le développement d'une production alimentaire, recréant souvent le lien du consommateur urbain avec sa manière de manger. Cependant ces nouvelles relations producteurs-consommateurs ne pourront faire l'économie d'un débat portant sur notre régime alimentaire futur, et en particulier l'importance des protéines dans celui-ci (dont les protéines animales).

 

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S. WARTENA (Terre de Liens) et R. CLUSET ( Région Ile-de-France), engagés de manière différente dans des démarches de développement agricole en zone urbaine, ont partagé leur expérience afin de lancer le débat.

 

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Les débats en vidéos

   


Défi alimentaire, politique agricole, environnement 

 

L'évolution des systèmes de production agricole doit prendre en compte les nouveaux besoins de réduction de l'empreinte écologique et d'amélioration de la performance énergétique des processus de production, ainsi que la demande des consommateurs pour un approvisionnement alimentaire diversifié, plus localisé et d'une qualité certifiée. Par ailleurs, la compétitivité des entreprises agricoles et l'évolution technologique encouragent le plus souvent une spécialisation et une industrialisation de l'activité agricole.

 

La durabilité de l'activité agricole et de l'alimentation repose sur des organisations adaptées au contexte actuel de filières et de systèmes de production à des échelles territoriales pertinentes. La diversité des productions agricoles sur un territoire, et en particulier de nouvelles formes d'association entre les productions végétales et animales, peuvent offrir des  réponses dans certaines situations. Elles impliquent  des évolutions (de l'adaptation à des transformations plus profondes) dans les systèmes d'exploitation et la gestion collective des ressources renouvelables afin de réduire les  impacts négatifs au sein des territoires de production et de vie. Un des enjeux pour l'agronomie est certainement de contribuer à l'évaluation des performances environnementales, économiques et sociales de nouveaux systèmes de production agricole à l'échelle des territoires.

 

Cette séquence a été animée par J. BOIFFIN

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V. CHATELIER a mis en perspective en éclairant les liens entre PAC et dynamique des systèmes de production : comment peut-on concilier compétitivité, défi alimentaire et environnement ?

 

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Une présentation du contexte de la polyculture-élevage de l'ouest de la France a été réalisée par M. BENOIT (Inra), qui a également donner un exemple de démarche d'une agronomie territoriale.

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D. VILLESSOT (Suez Environnement) et JM. VINATIER (Chambre régionale d'agriculture Rhône-Alpes) ont discuté ces interventions pour lancer les débats sur ce sujet essentiel pour l'agronomie à l'échelle des paysages et territoires lors des prochaines décennies.

 

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Les débats en vidéos


Conclusions des Entretiens

Commentaires conclusifs par N. BRICAS

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Clôture des Entretiens par T. DORÉ

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Visite du Domaine du Pradel avec Jérôme BURQ

en vidéo  sur notre site

    et sur AFAPRADEL TV  

 

 

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