Enquête 2011 auprès des anciens stagiaires de la Relance Agronomique

Rassembler les fruits de la Relance Agronomique des années 80

 

Depuis la création de l'Association française d'agronomie, le groupe de travail "Capitalisation et transmission des savoirs agronomiques" a, parmi ses actions, mené un travail d'analyse critique sur la relance agronomique des années 80, afin d'en tirer les leçons pour aujourd'hui et demain.
Un texte de synthèse de ces travaux vous est proposé dans cette page.

 

Pour terminer ce travail, il nous a paru essentiel de connaître le point de vue des anciens stagiaires. Nous avions pensé au départ à un séminaire, mais nous avons trouvé qu'une enquête serait plus large et nous vous remercions donc vivement de prendre quelque minutes pour répondre au questionnaire, en cliquant sur le lien suivant :

Enquête Afa Relance Agronomique

L'annuaire reconstitué des anciens stagiaires n'est pas complet, il nous manque encore des contacts mails ou courrier de certains stagiaires.


Au cas où vous auriez les coordonnées de certain-e-s collègues de votre promotion, de votre région, ou de vos réseaux, merci de nous les retourner pour pouvoir leur demander également de remplir l'enquête, ou de leur transmettre vous-même le lien vers cette page.

contacts :

Sophie DOUHAIRIE , Éric MARSHALL † , Christine LECLERCQ , Philippe PREVOST

Nous comptons véritablement sur votre collaboration pour aboutir sur une analyse riche et approfondie, qui sera valorisée sous forme d'un dossier écrit à paraître dans la revue de l'Afa, Agronomie, environnement & sociétés.

Et si vous n'avez pas encore eu l'occasion d'adhérer, nous serons heureux de vous accueillir à l'occasion de ce dialogue, pour renforcer la dynamique de notre association. 


Essai de synthèse des travaux du groupe sur la relance agronomique

(rédigé par E.Marshall 19/4/2011)

Le document complet téléchargeable comporte en plus un rappel du programme de la formation et quelques exemples de mémoires réalisés.

 

Introduction :

 

Le groupe de travail s'est saisi de trois sujets depuis sa création en mars 2009 :

- Etat des lieux des processus de capitalisation des savoirs agronomiques dans la Recherche et la formation

- Etat des lieux de la transmission des savoirs agronomiques dans l'enseignement agricole (technique et supérieur) 

- Leçons de la relance agronomique des années 80

 

Ce dernier thème a donné lieu au recueil d'un certain nombre de témoignages de personnes qui ont été directement impliquées dans le processus de relance : François LIMAUX, Geneviève URBANO, Marianne CERF, Thierry DORE, Hubert MANICHON.

 

Le constat d'une absence de capitalisation de cette expérience a conduit le groupe à envisager la tenue d'un séminaire ou colloque ou enquête fin 2011-début 2012 sur " Analyse critique et constructive de la relance agronomique des années 80 " ce qui devrait favoriser la production de textes en la matière.

 

Ce texte a pour objectif de rassembler les apports des divers témoignages afin de préparer la réunion de mai 2011 préparatoire à l'organisation d'un tel évènement.

 

A noter que le groupe est revenu sur la nouvelle relance agronomique qui pose un problème d'usurpation de l'expression " relance agronomique ", la stratégie actuelle n'ayant rien à voir avec ce qui s'est passé dans les années 80. Il conviendrait d'assimiler relance agronomique d'aujourd'hui à relance de l'agronomie.

 

1-Origine et raison du lancement de l'opération

 

Cette opération, financée par le Ministère chargé de l'agriculture, a été lancée à la suite des Etats généraux du développement de 1982.

 

Elle a consisté en un dispositif de diffusion des savoirs agronomiques, avec 3 actions-phares :

La mise en place de programmes agronomiques régionaux pilotés par les Chambres régionales d'agriculture, avec la création de postes d'agronomes régionaux

L'aide à la modernisation des laboratoires d'analyses

La mise en place d'une formation de 7 semaines (puis 8 semaines après quelques promotions) ; 10 cycles de formation : un par an à partir de novembre 1983

 

Deux éléments essentiels ont favorisé le lancement et son déroulement :

La volonté institutionnelle du Ministère (portée par la DERF/JJ.Hervé) et de l'APCA (Un président très demandeur),

la nomination de personnalités reconnues et qui s'entendaient bien pour lancer l'action ; J.Hébert comme président national et M.Sebillotte comme président de la commission formation, assisté de deux animateurs (M.Cerf pour l'INA-PG et J.N.Terrible, pour l'APCA) et un mi-temps de secrétariat.

 

2-Volet " programmes agronomiques régionaux " (Témoignage de M.Cerf )

 

En 1984, Marianne CERF a été embauchée par l'APCA pour prendre en charge le dossier " relance agronomique " issu des états généraux du développement agricole (1982/1983), mais elle gérait également d'autres dossiers comme les opérations blé/maïs conseil (RNED). Son rôle était avant tout de défendre l'intérêt des chambres d'agriculture auprès du Ministère chargé de l'agriculture, l'APCA souhaitant renforcer l'approche agronomique. Avec 18MF pour mettre en place des programmes régionaux, l'objectif politique était de donner de la lisibilité aux régions nouvellement créées. Cela s'est traduit en particulier par le recrutement d'un agronome dans chaque chambre régionale d'agriculture, et M.Cerf avait pour mission d'animer le réseau des agronomes régionaux des CRA. Les programmes régionaux fonctionnaient avec des comités scientifiques ; ils étaient discutés, et faisaient l'objet de rapports par des représentants de la recherche ou de l'enseignement supérieur. Mais souvent, les régions faisaient financer ce qui pré-existait, et en particulier l'expérimentation. La revue chambres d'agriculture a fait l'objet de deux numéros spéciaux sur le drainage et les typologies d'exploitations agricoles. Le plus important a été la dynamique de réseau.

 

3- Volet formation

 

C'est ce volet qui a été le plus abordé par le groupe (H Manichon, F.Limaux, G.Urbano).

 

 31- Présentation rapide

 

La formation a été conçue sous la forme d'un cycle de 8 modules d'une semaine de formation (6 à Trie-Château et deux à l'ENFA), suivis de la réalisation et de la soutenance d'un mémoire, encadré par un chercheur ou un enseignant-chercheur.

 

La formation a été mise en place pendant 10 ans (un cycle/an) à partir de 1983

 

Modules :

 

3 semaines sur les bases agronomiques (peuplements végétaux, milieu, système de culture)

1 semaine sur l'approche globale de l'exploitation agricole

1 semaine sur les typologies d'exploitation ( avec terrain)

1 semaine sur raisonnement de l'agriculteur et aide à la décision

1 semaine sur la communication pour tenir compte des questions de diffusion de masse sur blé et maïs

1 semaine sur les solutions alternatives aux problèmes posés

 

32- Genèse de la conception du cycle (H.Manichon)

 

H.Manichon rappelle que cette formation a été conçue à partir de quatre courants de pensées qui ont pu converger :

- l'enseignement d'agronomie de l'INA-PG, y compris les études régionales qui ont démarré en 1973 (menées avec les agriculteurs, les conseillers agricoles, les coopératives et les élus locaux),

- le cycle supérieur d'agronomie en formation continue proposé par l'INA PG qui s'adressait à des conseillers spécialisés en agronomie (Instituts techniques, recherche appliquée, y compris des ex-instituts ayant constitué ensuite le CIRAD

- la formation des conseillers agricoles de base à Trie-Château avec deux volets, un volet sociologique et une formation au conseil vers l'exploitant, dont une séquence sur la pratique du conseil en agronomie,

- la formation aux sciences humaines de l'ENFA (communication, agriculture et aide à la décision).

 

Les trois premiers courants nourriront les semaines 1 à 5 du cycle et le quatrième sera repris dans les semaines 6 et 7 du cycle. Compte tenu de la diversité du public (conseillers surtout, enseignants aussi mais peu nombreux), la formation a eu dès le départ l'ambition de se situer au niveau des concepts et des méthodes, ce qui a favorisé le croisement entre des apports théoriques et une formation de terrain, avec des outils comme l'enquête de terrain ou l'expérimentation, et la réalisation d'un mémoire nécessitant un très gros travail personnel et d'encadrement, mais essentiel dans la formation.

 

33- Une formation datée

 

Les contenus d'enseignement ont été très marqués par l'époque à laquelle l'opération s'est déroulée et il est très difficile de transposer cette situation dans la période actuelle, compte tenu de l'évolution des missions et du fonctionnement des chambres d'agriculture, et du lien aujourd'hui indispensable entre agronomie et écologie. Par exemple les contenus ont surtout fait la place aux savoirs de l'agronome et non aux savoirs agronomiques ; rien sur la pathologie végétale car les questions de réduction de pesticides n'étaient pas d'actualité à l'époque

 

33- Le mémoire

 

Le mémoire a été conçu comme formation par la recherche. Le stagiaire utilise le mémoire pour produire des références et des indicateurs, à partir de la synthèse de résultats disparates à l'échelon régional et la réalisation d'expérimentations au champ. Le temps du mémoire est l'occasion d'intégrer toutes les connaissances acquises dans la formation et surtout de développer une analyse critique des pratiques agricoles et des pratiques de conseil. Il permet aussi de développer des réseaux à l'échelle régionale.

 

Le public

 

Le dispositif a formé environ 190 personnes, avec une centaine d'entre elles qui sont allées jusqu'à la soutenance du mémoire, permettant la délivrance d'un master (ne correspondant pas au diplôme national de master actuel). Les publics formés ont été principalement les agents des chambres d'agriculture, des instituts techniques et les enseignants de l'enseignement technique agricole et supérieur agricole public et privé. Mais peu d'enseignants de l'enseignement public (technique et supérieur) ont suivi le cursus et les agents des coopératives formés sont peu nombreux à avoir terminé le cycle.

 

Cette formation est devenue ensuite diplômante, par la délivrance d'un diplôme d'ingénieur reconnu par la commission des titres, l'ingénieur ITIA (Institut des techniques pour les ingénieurs en agriculture, formation mixte INAPG - CNAM - APCA). Mais cette formation d'ingénieur obligea ensuite les agents de chambres qui voulaient acquérir le diplôme d'ingénieur à un cursus beaucoup plus long.

 

Les conséquences de cette formation exigeante ont été :

- La difficulté de faire venir et de faire aller au bout de la formation certains publics (enseignants et techniciens de coopératives),

- La nécessité de rendre cette formation diplômante pour permettre une valorisation de carrière, en particulier par la nomination en chambre d'agriculture régionale.

 

4- Les enseignements et les questions

 

L'absence de capitalisation

 

Aucune capitalisation ne s'est faite au fur et à mesure de la mise en réseau, qui a fonctionné un peu comme un club,

toutes les régions n'ont pas eu le même investissement

les différents modules de formation n'ont pas eu le même succès

beaucoup de personnes formées n'ont pas réellement utilisé leurs acquis, aspirés par des tâches administratives.

 

Même les mémoires des stagiaires (une centaine) n'ont pas été valorisés à un niveau global. Le temps a manqué, mais il n'y a pas eu de procédure organisée.

 

Mais il n'y avait pas à proprement parler d'objectifs de capitalisation. D'ailleurs aucun manuel n'est sorti de la relance. En effet la question ne se posait pas, il s'agissait d'abord de favoriser l'appropriation des outils et des réseaux, de diffuser un mouvement d'idées, de former des prosélytes en la matière et d'être dans l'action. L'animation générale était impulsée par Michel Sebillotte pour la recherche, le Président Cormorèche pour l'APCA, et les chefs de bureau de la DERF au Ministère. En outre, le contexte de l'époque ne favorisait pas les écrits (temps de rédaction sans les ordinateurs, absence d'éditeurs).

 

Impacts

 

Malgré l'absence de capitalisation, l'opération " relance agronomique " a eu un réel impact

 

Impact de la formation :

 

La formation a accompagné les stagiaires vers un changement de métier chez les conseillers : de vulgarisateur à agronome clinicien.

Un des intérêts de la formation était le mélange entre agents des chambres et enseignants. Des réseaux se sont constitués et les agronomes ont poursuivi un travail en commun.

Impact du mémoire : le changement d'état d'esprit de l'agent de développement, du fait du rapprochement avec la recherche (" après la relance, je n'ai pas su travailler sans le lien avec la recherche), des échanges d'expériences avec les autres régions, et les mises en place de travaux communs au sein du réseau des stagiaires.

 

Les effets induits de la formation :

 

- sur l'enseignement technique agricole

Certains enseignants ont participé aux rénovations des programmes, conduits sous la houlette de l'INRAP de Dijon à l'époque. Jean-Régis BONNEVIALE, animateur d'agronomie à l'INRAP (qui fut l'élève de Michel Sebillotte) a été l'animateur de la rénovation des programmes d'agronomie dans l'enseignement technique agricole et JC.Loncle a animé la rédaction de documents pédagogiques.

 

- sur la recherche

Le cycle a nourri la mise en place de nouveaux dispositifs de recherche (co-construction de projets de recherche entre acteurs locaux et chercheurs à l'échelle régionale) qui ont contribué à la création de l'INRA SAD en 1979 et le cycle a été le ferment de la création des dispositifs comme DADP et PSDR avec notamment la reprise de la dimension régionale (très novatrice à l'époque du cycle) et l'identification de questions de recherche formulées à ce niveau.

 

- sur le développement

Dans le développement, le cycle supérieur d'agronomie du centre de formation de l'APCA de Trie-Château a repris les principaux contenus d'enseignement de la formation " relance agronomique ". Le véritable enjeu, dans cette dynamique, a été la confrontation entre deux schémas d'intensification de la production agricole : une logique " blé conseil ", et une logique plus raffinée de la " chaire d'agronomie " de l'INA-PG, avec le diagnostic régional et l'adaptation à la diversité des situations agronomiques par les typologies. Par ailleurs, on peut penser que la relance agronomique a créé les conditions d'une certaine appropriation du problème environnemental. Les agronomes régionaux des CRA ont tous suivi la relance agronomique mais n'ont pas été véritablement les ferments de cette relance. On peut regretter que l'investissement agronomique ait d'abord visé l'expérimentation, plutôt que l'évolution dans le conseil, mais plusieurs difficultés peuvent expliquer la situation : grand turn over des conseillers dans les chambres, évolution des modalités de financements des chambres, L'exemple du programme de Lorraine montre la diversité de la poursuite des programmes, certains agronomes de la relance ayant pu poursuivre grâce à la mobilisation de financements extérieurs au budget des chambres.

La pris en compte des typologies et le rôle des chambres régionales dans l'élaboration des références et la prise en compte la diversité des systèmes de production Les régions n'ont pas valorisé de la même façon les compétences acquises en agronomie, et c'est peut-être lié à la faible montée en puissance des chambres régionales. Il faudrait identifier les interactions entre la relance agronomique et le développement d'une chambre régionale et d'un agrotransfert, peut-être avec l'exemple de la Picardie, où les typologies réalisées par la chambre régionale ont entraîné une dynamique. Sur l'usage des typologies il est dit que les notions de typologie de fonctionnement et de trajectoire ont été explicitées mais souvent mal utilisées (limitées souvent à l'OTEX), en dehors de quelques cas (ITEB, étude APCA/ADEPRINA en 1988.

 

Quelques questions au passage

 

Il aurait été intéressant de savoir si cette action avait eu une influence sur le nombre d'agronomes en régions, sur l'impact chez les agronomes formés face à la réforme de la PAC de 1992, sur les dynamiques locales avec les acteurs autres que le monde professionnel agricole,

 

A la question " les auditeurs du cycle ont t-ils été en mesure de mieux réagir au nouveau contexte de l'agriculture marqué par la réforme de la PAC ? ", Hubert Manichon a répondu oui.

 

5- Les thèmes à creuser (propositions) ou les suites à donner

 

Travaux complémentaires

- analyse des mémoires : typologie des sujets, encadrement scientifique

- typologie des auditeurs

- recueil de témoignages d'auditeurs de la formation pour mieux en saisir l'impact : un enseignant du technique, un agronome d'une chambre régionale

- interview de Jean-Jacques HERVE

- témoignage d'Alain CAPILLON

- il y avait aussi dans la relance l'objectif de l'aide à la modernisation des laboratoires d'analyse. Qu'en a-t-il été ?

 

Questions 

- y a-t-il eu relance de l'agronomie dans un contexte encore marqué par l'accroissement des rendements ?

- que reste t-il des typologies d'exploitation ?

- que reste t-il de la dynamique de réseau des agronomes des chambres d'agriculture ?

- quels changements observables sur la durée du cycle (10 ans) : origine des stagiaires, contenu des modules.

 


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