Vous êtes ici : Accueil  > Espace adherent  > Fruits de nos travaux

Fruits du G3 Convergences et Synergies entre l'Agronomie et les autres Disciplines

Réunion du 23 novembre 2010 Principaux points saillants

Ce résumé est accessible à tous.

Les adhérents peuvent télécharger l'intégral

 

Devant les 16 participants à la réunion, T. Doré indique que ce groupe de travail de l'Afa dispose d'une liste de diffusion de 31 membres dans laquelle des agronomes chercheurs et enseignants sont majoritaires, mais présentant tout de même une certaine diversité professionnelle.

Retour sur la journée Agriculture " Écologie en Bourgogne & Franche-Comté du 13/10 à Dijon

Les points saillants issus de cette journée d'animation en région sont : le fait que la réunion ait pu avoir lieu (ce n'était pas gagné d'avance) ; une assistance non étudiante assez nombreuse (130 personnes) mais déséquilibrée du point de vue professionnel (peu d'écologues ou écogestionnaires, peu disponibles en semaine), plus environ 75 étudiants du supérieur et de l'enseignement technique ; un capital de sympathie pour l'Afa qui tire bénéfice de cette action en région (capacité d'organisation et de mobilisation avérée, meilleure visibilité régionale et auprès des étudiants, positionnement réaffirmé au sein de la société). La préparation soigneuse de cet évènement, largement assurée par F. Kockmann de février à octobre, a aussi permis d'atteindre ce résultat très satisfaisant. Si la thématique de la journée est parfois restée trop sous-jacente au cours de cette journée dense, elle doit être vue comme un point de départ car le sujet est loin d'être épuisé et des suites sont envisagées : mise en place d'un partenariat interprofessionnel sur la biologie des sols, projet local sur la biodiversité en construction pour faciliter un regard positif des agriculteurs, analyse des conditions locales pour le partage d'expériences.

 

Quelques questions sur les rapports écologie-agriculture ont été identifiées, dont le groupe pourrait se saisir afin de les traiter collectivement de façon concrète, sur le terrain et à partir de dynamiques locales : quelles compétences distribuées pour une agriculture multifonctionnelle ? Intérêts et limites des connaissances de terrain ? Quelles connaissances locales manquent ? Quelles méthodes pour réaliser des hiérarchies locales des questions écologiques concernant l'agriculture et pour fixer des objectifs ? Quels indicateurs de résultats ? Sur quelle base fonder une " cohérence écologique " et identifier la place que l'agriculture doit y prendre ? Quelles conditions pour un dialogue fructueux ? Quelles formes pour des collectifs locaux permettant d'aller au-delà du réglementaire ? Etc.

L'intérêt d'une capitalisation des expériences de terrain pour répondre à ces questions clefs a été souligné. La conception d'une trame commune pour analyser ces expériences concrètes à partager a aussi été proposée.

Atelier de réflexion sur le montage d'un groupe sur la biologie des sols et l'agronomie

(Interface avec les sciences du sol et l'écologie)

Invités : Michel Bertrand (INRA), Antonio Bispo (ADEME), Claire Chenu (AgroParisTech).

 

Il s'agissait de réfléchir collectivement sur la possibilité de transférer les connaissances sur la biologie des sols dans la pratique agronomique, et de répondre le cas échéant aux questions suivantes : où ces connaissances sont-elles accessibles et capitalisées ? Quels efforts sont à réaliser pour les valoriser ? Si ces connaissances sont absentes ou inaccessibles, quelles sont les étapes à franchir pour y parvenir ? L'agronomie contribue-t-elle à renouveler les questions en biologie des sols ? Qu'est-ce qui existe déjà et en quoi l'Afa peut-elle apporter un plus ?

 

Les trois invités apportèrent leurs points de vue et la discussion aboutit au constat que : peu d'outils existants de caractérisation de la biologie des sols ont percolé, qu'il n'y a pas encore de bases de données permettant l'évaluation des situations concrètes de l'état des sols, ni suffisamment de connaissances (dont l'acquisition est difficile) pour remédier aux situations défavorables. Les référentiels existants sont encore peu robustes (peu de choses sur les relations entre groupes taxonomiques), les données surtout locales et peu d'efforts sont faits pour en améliorer la généricité et leur usage pour l'amélioration des situations, en l'absence d'une mutualisation nationale organisée qui reste un besoin. S'il existe des programmes en cours afin d'améliorer l'état des connaissances, le lien avec l'agronomie n'est pas encore clair, notamment pour piloter les systèmes de culture selon un objectif de niveau quantitatif et qualitatif de biologie des sols. Si les quelques remontées d'expériences de terrain montrent un fort intérêt et une réelle demande, il y a besoin de développer la capitalisation des savoirs et la formation à l'interface biologie des sols " agronomie à destination des agronomes et en particulier des agriculteurs.

 

La création d'un groupe de travail mixte agronomes - biologistes des sols a été souhaitée afin de construire des " briques " de synthèses transmissibles sur les liens pratiques agricoles " biologie des sols et si possible biologie des sols " services écosystémiques utilisables en formations auprès de différents publics, et pour aider à la percolation des connaissances sans se substituer aux acteurs institutionnels en place (exemple de production possible parmi beaucoup d'autres : conception d'un protocole de TD concernant l'appréciation des évolutions de populations lombriciennes dans les sols pouvant être mis à disposition des enseignants de lycée agricole).

Atelier de réflexion sur la constitution de " banques de savoir de terrain "

(Interface avec les sciences humaines et sociales)

Invités : Frédéric Goulet (Cirad-Innovation, avec une contribution de C. Soulard), Sandrine Petit (INRA, avec une contribution de C. Compagnone). Excusée : Marie-Hélène Aubert (AEI, Angers).

 

Il s'agissait de réfléchir collectivement aux possibilités d'utilisation des savoirs des agriculteurs en agronomie et d'identifier quelles initiatives existent déjà en termes de capitalisation de ces savoirs d'agriculteurs.

 

Suite à l'exposé de F. Goulet intitulé " Mobiliser et capitaliser les savoirs des agriculteurs : regards des sciences humaines " les questions suivantes ont été discutées : les savoirs sont-ils isolables, extractibles et reproductibles pour pouvoir être mis dans une " banque de savoirs "? Les méthodes de la science (confinement, validation) sont-elles transposables à d'autres formes de savoir ? Puisque le savoir est une production communicationnelle, qui se construit dans sa mise en mots et à travers l'interaction sociale, il est difficile d'isoler des savoirs et de trouver des dispositifs pour les exprimer et les mobiliser. La conception des innovations au service de la société est un enjeu identitaire majeur pour les agriculteurs qui opère avec des modèles candidats et concurrents, selon les organisations et les relations de pouvoir. Des confrontations entre agriculteurs et non agriculteurs ont lieu dans le Réseau Agriculture Durable en Bretagne, le réseau ComMod, le RMT systèmes de culture innovants, l'équipe Orphée de l'INRA à Toulouse, entre sociétés privées et agriculteurs, etc. surtout à propos de  réseaux assez informels basés sur l'accompagnement et l'engagement individuel. Comment aller au-delà pour construire des grilles méthodologiques ? Améliorer robustesse et généricité vs nécessité de " coller au terrain " ? F. Goulet a suggéré de constituer une banque de dispositifs de rencontres pour le partage et l'élaboration des savoirs en s'inspirant des expériences similaires dans les domaines de la médecine-santé, des sciences naturalistes, de l'ethnologie.

La pertinence de l'utilisation de ces savoirs a été discutée suite à l'exposé de S. Petit. La rencontre de deux systèmes de pensée (académique et de la pratique) est difficile de par leurs statuts spécifiques (généralisés, isolés, transférables vs en situation, non constitués en savoirs car intégrés dans la pratique, la routine, plus systémiques), leurs modes de production (savoirs expérimentaux vs expérientiels, empiriques, construits dans la durée, la répétition, graduellement) et leurs modes de validation (par les pairs vs au vu de l'efficacité et de la cohérence globale sur le terrain) différents. Les sciences citoyennes et l'écologie participative impliquent les profanes dans la construction de tels dispositifs. Les initiatives capitalisant les savoirs des agriculteurs sont rares car il est difficile d'y accéder (pas formalisés, résident dans le faire, sont constitués d'emprunts divers) or certains sont en voie de disparition. Les auteurs conseillent d'identifier, inventorier, décrire et documenter, mais capitaliser sous quelles formes ? Selon quels modes d'évaluation des pratiques, avec les critères d'aujourd'hui ou de demain ? En fonction de caractéristiques culturelles variées ? Pour quels utilisateurs ? Tout en permettant leur conservation sur le long terme mais aussi leur actualisation continue. Beaucoup de questions sur ce sujet demeurent.

Pistes d'action pour le groupe de travail en 2011 et au-delà

Les priorités du groupe identifiées en 2009 ont été rappelées, ainsi que l'analyse qui en avait été faite début 2010, puis trois propositions d'actions ont émergé :

·         Création d'un groupe sur la biologie des sols et l'agronomie, qui devra se réunir afin de préciser ses objectifs, sa méthode de travail et ses activités en 2011. A. Chabert animera les travaux, avec un enseignant de l'ISARA, un chercheur et un membre de la Chambre d'agriculture de Bourgogne.

·         Le thème " banque de savoirs " pourrait donner lieu à un séminaire, permettant notamment de présenter la diversité des expériences dans d'autres domaines professionnels, afin d'examiner quelques questions clefs identifiées lors de l'atelier et d'éviter les embûches. Cette activité doit être coordonnée avec le groupe de travail sur la capitalisation des savoirs agronomiques au sein de l'Afa et son animateur reste à identifier.

·         Une poursuite du travail amorcé sur les relations écologie-agriculture-agronomie après la journée du 13 octobre et au-delà des actions entreprises au niveau régional Bourgogne et Franche-Comté est prévue : construction d'une trame d'analyse permettant de passer au tamis diverses études de cas aidant à faire remonter les expériences de terrain pour contribuer à répondre à la série de questions en suspens, tout en maintenant un dialogue actif entre agronomes et " écogestionnaires " afin d'éviter la fracture. Un animateur est aussi recherché pour cette activité.

Le groupe n°3 prévoit de fonctionner avec une réunion annuelle, calée par rapport à l'AG et associée aux actions en continu mentionnées ci-dessus.

Thierry Doré, François Kockmann, Guy Trébuil.