G1 objectifs Evolutions et Perspectives de l'Agronomie

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en mars 2010

En 2008, les travaux sont lancés à partir d'une une définition large de l'agronomie comme l'effort de penser et éventuellement de rationaliser l'agriculture et les pratiques agricoles.

En 2009, les premières Feuilles en cours

Le champ du sujet

La première oeuvre proprement " agronomique " attestée dans le bassin méditerranéen est celle du carthaginois Magon (dates incertaines mais antérieure au IIème siècle avant JC) ce qui fait écrire à Columelle dans l'introduction de son oeuvre:  " l'agriculteur ne devra pas ignorer les autres préceptes agronomiques qui, la plupart, nous ont été transmis d'Afrique par les écrivains carthaginois "[1]. Quant à l'agronomie " moderne " qui réapparaît en France avec Olivier de Serres, elle est largement tributaire de l'agronomie antique[2].

L'agronomie du 17ème au 20ème siècle va connaître une évolution rapide, certes tributaire de l'évolution de l'agriculture mais aussi de l'évolution de la " recherche scientifique " - de curiosité savante à profession organisée " de l'épistémologie " qu'est-ce qu'une connaissance scientifique ?[3] - et de l'irruption d'autres techniques " chimie lourde, motorisation, sidérurgie, transport sur de longues distances " qui vont modifier sa trajectoire. Ces évolutions vont affecter aussi bien son champ d'étude que ses méthodes. Dès lors, il est central de s'interroger:

-         sur cette histoire (éléments factuels),

-         sur sa signification et ses conséquences en terme de pratique, de légitimité (l'agronomie est-elle une " science " à part entière ?), d'organisation.

-         Sur les déterminants actuels (internes et externes) qui risquent d'influencer l'évolution de cette discipline.

Les enjeux

Toute science est humaine, dans le sens où elle procède d'une histoire de la pensée. Elle est donc, dans sa démarche comme dans son champ d'investigation, tributaire des enjeux et des préoccupations de son temps. L'agronomie n'échappe pas à cette " loi d'airain ".

L'histoire et la prospective sont inséparables. La connaissance du passé - des évolutions, des inflexions subies, de leurs causes et de leurs effets " crée les conditions d'une liberté de pensée actuelle. La connaissance du passé libère de la tyrannie du présent. En effet, c'est parce que nous savons que nous ne pensons pas exactement comme nos prédécesseurs et que le présent n'est donc pas une répétition du passé, que nous pouvons prédire que l'agronomie de demain sera différente de celle d'aujourd'hui. Non seulement nous pouvons le prédire, mais les évolutions attestées par le passé sont une invitation à dépasser les canons et routines du présent pour concevoir l'agronomie de demain. Et c'est pourquoi nous pouvons affirmer que la connaissance du passé nous affranchit du présent pour nous permettre d'inventer le futur. L'histoire et la prospective sont inséparables et la première est indispensable à la seconde.

Les questions initiales

Même s'il existe quelques divergences, nous partageons a priori une idée sur ce qu'étudie l'agronomie. Mais qui s'interroge sur... l'agronomie elle-même ? Et sur sa recherche ? Sur leur origine, leurs protagonistes, leurs moteurs, les concepts qu'ils ont forgés puis, parfois abandonnés ? Sur les raisons des différences d'organisation d'un pays à un autre ? Questions qui sont loin d'être gratuites ou loin d'être l'apanage des historiens des sciences ! En effet, la connaissance du passé est la plus instructive des leçons pour éclairer l'avenir. Quel sera l'avenir de l'agronomie et des agronomes ? Peut-on faire de l'agronomie sans agronomes par simple combinaison d'autres sciences ? Sans institut de recherche ? L'agronomie a-t-elle encore une raison d'être et, si oui pourquoi ? A-t-elle une originalité ? Quelles sont les révolutions extérieures à l'agronomie qui risquent de venir en modifier le cours comme la chimie en a modifié le cours au 19ème et au 20ème siècle ? L'agronomie va-t-elle s'hybrider ? Avec quelles autres sciences ? Comment s'organisera-t-elle ? Comment cherchera-t-on et expérimentera-t-on demain ? Peut-on et doit-on, au sein des formations anticiper ces changements prévisibles ?

Feuilles en cours

Fruits des travaux


[1]    Pour une traduction de Columelle: remacle.org/bloodwolf/erudits/columelle/index.htm

 

[2]    " Les travaux et les jours à Rome et dans l'ancienne France, Les agronomes latins inspirateurs d'Olivier de Serres " Martine Gorrichon, 1976,  thèse soutenue à l'université de Tours

 

[3]    Cf entre autres les travaux de Kuhn et de Popper