Atelier de terrain 2017 dans la Sarthe

« Associations Productions animales/Productions végétales : Enjeux, opportunités »


Programme

 

Accueil à 9h30 à la ferme lieu-dit Tout Joly 72 140 ROUEZ EN CHAMPAGNE (Sarthe)

contact amichel@nm.cerfrance.fr

Télécharger  la note de cadrage ici (version 5 du 6/06/2017)


 

Co-organisation : Jean BOIFFIN, Adeline MICHEL  et Thierry PAPILLON

     

Date retenue (sous réserve de modification) : 7 juin 2017 de 9h30 à 17h30

 

Le GAEC de la Pie, Ferme de Tout Joly à Rouez (Sarthe) (http://www.tout-joly.fr/) est en Système Polyculture-Elevage (bovin lait et volailles) en agriculture biologique ancré sur le territoire de la coopérative de Loué.

 

Durant cette journée, les animateurs proposent d’aborder l’impact agronomique des associations productions animales et productions végétales (PA/PV) au travers de 5 thématiques :

 

  1. Caractérisation des systèmes de production polyculture-élevage :

Objectif : Montrer la diversité structurelle et la performance des systèmes de polyculture-élevage

 

  1. Autonomie alimentaire :

Objectif : Percevoir comment l’enjeu d’autonomie alimentaire est formulé selon différents points de vue et comment le système de production répond à cet enjeu à différents niveaux d’organisation

Echanger autour des atouts, limites, risques et conditions de succès liés à la situation

  1. Liaison PA/PV et conséquences pour les systèmes de culture

Objectif : Appréhender l’effet de l’association PA/PV sur la diversité des cultures compte tenu de la configuration et de l’organisation du système de production.

Analyser comment cette diversité influe sur les systèmes de culture et itinéraires techniques

 

  1. Flux et transferts des éléments NPKC

Objectif : Analyser le recyclage des éléments NPKC au sein d’un système de polyculture-élevage et montrer comment sa configuration et son organisation influent sur ce recyclage.

Analyser comment et dans quelle mesure ces flux et transferts permettent d’assurer l’entretien de la fertilité et la gestion de l’environnement, tout en minimisant le recours aux intrants et les charges correspondantes.

 

  1. Et à l’échelle du territoire

Objectif : Aborder les questions précédentes à l’échelle du territoire

Identifier les opportunités d’association PV/PA offertes par le territoire en s’appuyant sur l’exemple de la coopérative Loué


En photos

(cliquer pour agrandir)

 

   


Compte-rendu en bref

rédaction Adeline MICHEL

Télécharger le compte-rendu détaillé rédigé par Eric PLASSARD

Remerciements :

L’Afa tient à remercier chaleureusement :

-          Benoît, Emilie et Hervé DROUIN, GAEC de la Pie pour le temps qu’ils nous ont consacré pour la préparation de cette journée et pour leur accueil chaleureux sur leur exploitation,

-          Pierre CHAMBARD (Cerfrance Mayenne Sarthe) et Pascal VAUGARNY (Coopératives les Fermiers de Loué) pour leurs interventions,

-          Danielle LANQUETUIT (Afa) pour le reportage,

-          Eric PLASSARD (Cerfrance Normandie Maine) pour sa prise de notes et son compte rendu,

-          Et l’ensemble des participants pour leur participation active tout au long de la journée.

 

Problématique de l’Atelier (plus de détails dans la note de cadrage) :

La spécialisation et la simplification des systèmes de production sont des tendances majeures et anciennes d’évolution de l’agriculture française. Ces tendances se traduisent par la régression marquée du nombre d’exploitations dont le système de production comporte des productions animales, qu’il soit spécialisé ou non. Au niveau des surfaces concernées, les évolutions sont moins marquées puisqu’elles sont en partie compensées par l’agrandissement des exploitations, cependant la part de la SAU dont l’élevage est absent s’accroît nettement. Au total, les liens entre productions végétales et productions animales se distendent à la fois du point de vue structurel et du point de vue géographique. Cette évolution a des conséquences agronomiques et environnementales importantes : réduction de la diversité des espèces cultivées, uniformisation des paysages, diminution ou disparition des flux de matières entre surfaces cultivées et ateliers d’élevage.

 

L’Atelier se proposait d’amorcer une réflexion sur les impacts agronomiques et environnementaux des associations entre productions animales et végétales. Il s’agissait :

-          de faire l’inventaire et l’analyse de ces impacts en identifiant à quelles pratiques agricoles ils se rattachent

-          de comprendre dans quels contextes et conditions ces impacts s’expriment de façon bénéfique.

 

La situation choisie, le GAEC de la Pie, était un système de polyculture-élevage comportant deux types d’élevage (bovin lait et volailles), adhérent à la coopérative les Fermiers de Loué et en Agriculture Biologique (descriptif détaillé dans l’annexe 2 de la note de cadrage).

 

 

  1. La diversité des formes d’association
  2. L’autonomie alimentaire
  3. Les systèmes de culture
  4. Les flux d’éléments minéraux
  5. L’échelle du territoire

 

Une trentaine de participants étaient présents venant de différents horizons : agriculteurs, chercheurs, conseillers et enseignants (cf bilan quantitatif et qualitatif de la journée).

 

Les principaux échanges :

  1. Diversité des systèmes polyculture élevage en Mayenne et Sarthe- Intervention de Pierre Chambard, Cerfrance Mayenne Sarthe (Cf diaporama)

Depuis 5 ans, les évolutions majeures sont : une augmentation des livraisons de lait, une augmentation de la SAU moyenne qui s’accompagne d’une baisse des surfaces en herbe en faveur des céréales, augmentation du capital des exploitations, une augmentation du nombre de sociétés et un âge des agriculteurs qui augmente. La tendance est également à une baisse du nombre d’exploitations ayant plus de 2 ateliers élevage. Une analyse comparée entre ateliers lait spécialisé, ateliers lait avec COP d’autoconsommation et ateliers lait avec COP de vente montre en moyenne un avantage économique aux systèmes associant lait et productions végétales avec un plus pour les systèmes qui auto-consomment les COP. Toutefois, cette moyenne masque une grande variabilité des performances pour ces différents systèmes.

En résumé, les associations PV/PA engendrent des incidences technico-économiques différentes selon le degré de lien choisi par les agriculteurs. Il existe encore des gains potentiels de performances dans l’expression des complémentarités entre productions végétales et animales mais sous conditions.

 

  1. Autonomie alimentaire atelier laitier : observation de parcelles de prairies, maïs et méteil (cf annexe 2.3 de la note de cadrage)

Cette fonction peut être assurée de façon extrêmement variée dans les systèmes associant PV et PA. Dans le cas du GAEC de la Pie, le système a été construit autour de cette recherche d’autonomie fourragère et en concentrés. Benoît Drouin a expliqué que son raisonnement repose sur la recherche d’autonomie alimentaire totale et permanente avec zéro achat d’aliments. « C’est la production qu’on adapte à la ressource, pas l’inverse ! ».

L’alimentation du troupeau laitier repose sur le pâturage tournant dynamique possible de mars à décembre. Avec 100 UGB, le chargement est qualifié de robuste et sécurisé avec 1,1 UGB/ha de SFP. Toutefois, le chargement instantané est intensif avec 30ares/VL et ce pour éviter tout gaspillage d’herbe. Pour les deux mois d’hiver, la ration repose de ¼ d’enrubannage et ¾ ensilage d’herbe + céréales + maïs. Les cultures annuelles (féverole, épeautre, méteil, avoine) permettent la production de concentrés. L’assolement présente une base pérenne mais qui est susceptible d’aménagement et de changement de valorisation tous les ans.

 

  1. Impact sur les systèmes de culture (cf annexe 2.4 de la note de cadrage)

L’Atelier a permis d’échanger sur les impacts potentiels de l’association PV/PA sur la gamme des espèces présentes, sur la façon dont elles sont associées dans l’espace (assolement) et le temps (successions) et sur les itinéraires techniques qui leur sont appliqués (principalement gestion des adventices et de l’azote) :

-          Un système de culture sur 8-9 ans (avec une petite variante) avec en tête de rotation 3 années de prairies.

-          La décision de retourner les prairies temporaires repose sur un ensemble de critères : état du peuplement, rendement, niveau de salissement des parcelles en culture.

-          Les prairies sont utilisées pour gérer le désherbage à l’échelle du SDC notamment la problématique chénopodes

-          Un taux élevé de MO dans les sols permis par la présence de l’élevage permet de prévenir les sols de la battance en particulier pour le maïs

-          Les sources d’azote sur l’exploitation sont : fixation symbiotique, minéralisation des fumiers de volailles, minéralisation du stock d’humus, minéralisation des résidus de culture et de prairies. Dans la configuration actuelle, l’azote disponible est le facteur limitant pour les cultures.

  1. Flux d’éléments minéraux (cf annexe 2.5 de la note de cadrage)

Une première approche a permis de schématiser les principaux flux d’éléments pour l’exploitation. Le GAEC de la Pie assure du stockage de carbone via les matières organiques de ses sols. Au niveau des flux d’entrée et sortie de P et K, le bilan est au quasi équilibre (quelques U excédentaires) mais des différences sont probablement existantes entre parcelles en culture et parcelles en prairies.

Ce point nécessite toutefois un travail complémentaire pour approfondir et quantifier les flux.

 

  1. L’échelle Territoire (cf annexe 3 de la note de cadrage)

L’intervention de Pascal Vaugarny a permis d’aborder ces différentes questions à l’échelle du territoire de la coopérative Les fermiers de Loué. A notamment été abordé le lien contractuel entre la coopérative et les adhérents, la coopérative obligeant les producteurs de volailles de livrer l’équivalent de 50% du volume de céréales consommées par ses volailles. Ainsi, la coopérative est autonome à 100% pour l’approvisionnement local des céréales (hors AB).

En AB, un contrat Grains de Terroirs a été formalisé. Il garantit un prix aux producteurs et un approvisionnement local à hauteur de 50% pour la coopérative. Ce contrat est proposé aux éleveurs de Loué et aux céréaliers sur leur territoire.

 

Cet atelier fut aussi l’occasion de moments conviviaux, merci aux organisateurs Jean BOIFFIN, Adeline MICHEL et Thierry PAPILLON et encore une fois à Benoît, Emilie et Hervé pour leur accueil !

 

Nous allons poursuivre nos réflexions sur le sujet, si vous êtres intéressés, n’hésitez pas à contacter l’Afa.


Comment poursuivre et approfondir cet atelier ?

Quelques pistes entrevues "à chaud", par Jean BOIFFIN, avec une invitation à rejoindre l'Afa !

 

 


En vidéos

Glaneur d'images Danielle LANQUETUIT

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