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Son parcours professionnel avec Michel Sebillotte

récit lors de la journée d'hommages à M. Sebillotte le 17 décembre 2010

     

" Quelques aspects impertinents que j’ai retenus de « Seb ».

   

En 68, comme beaucoup, j’ai suivi l’enseignement de celui qui n’était pas Michel, mais « Seb ».

Frénésie intellectuelle et contacts avec l’agriculture, premier contact avec Monsieur Hénin, annonçant l’intervention de Seb. A l’époque, il y avait une petite guerre entre les « zooteux » et l’agriculture, à savoir qui aurait le plus d’étudiants !

   

La première année était une entreprise de séduction !

   

Dans cet amphi Tisserand, avec une veille paillasse en bois, et le tableau noir, arrive donc Seb.

   

«Je m’appelle Michel SEBILLOTTE, ça s’écrit avec 2 L, 2 T et sans accent !.... », le tout énoncé sur un ton sec qui ne prêtait pas à la rigolade. Plutôt négatif…cet homme là aurait-il mauvais caractère ? L’avenir a montré que non.

    

Deuxième souvenir d’étudiant, le profil cultural à Palaiseau.

C’est l’automne, les étudiants sont juste remis de la fête de la veille (tous les jours étaient fête…), un jour d’octobre sur le terrain, pluvieux, venteux, avec un froid de canard. On arrive la mine réjouie avec de petites chaussures, il commence à pleuvoir.  On voit notre ami Seb qui commence à enfiler un collant, un pantalon, un ciré, un chapeau et met en place le décorum : un soufflet, un couteau.

Il  nous prévient, l’œil goguenard : « on ne rentrera que lorsqu’il sera tombé 10 millimètres de pluie ! ».

Il est tombé plus de 10 millimètres de pluie… depuis, je sais exactement ce que cela peut représenter !

   

Un troisième point, les maximes de son enseignement.

- être à l’agro, c’est n’avoir pas pu faire l’X…

- seuls les échecs sont féconds… cela aide à tirer le positif des difficultés, mais à l’époque, en tant qu’étudiants, nous avions vite transformé en « seuls les chèques sont féconds ! »

- l’enseignement de Bachelard et sa « formation à l’esprit scientifique », qu’il nous fallait lire ;

- les agriculteurs ont de bonnes raisons de faire ce qu’ils font…

   

Un souvenir plus personnel lors de l’étude sur la monoculture du maïsen Béarn, avec Seb et Hub (Manichon). Hubert Manichon nous accompagnait sur le terrain en « coaching rapproché » et menait le branle-bas pour mettre en forme les observations qu’il fallait lui présenter : les stars du profil cultural, les fameuses mottes delta sont arrivées ici !

    

Il a été présent tout au long de ma vie professionnelle (1970-2008) avec cinq temps forts de rencontres :

- avec la relance agronomique où j’ai repris « une couche » de connaissances : un vivier et une communauté d’agronomes pour observer, penser, comprendre, agir.

- avec sa participation au conseil scientifique de l’ITCF (aujourd’hui ARVALIS), où il exerça avec bonheur sa fonction de « poil à gratter », toujours en interaction pour montrer les limites de ce que l’on avait pu faire, énergique, parfois rugueux, dans son rôle de sage. Nous lui devons entre autres l’intérêt pour les enquêtes (sur les pratiques culturales,…) et l’importance de la liaison recherche-développement. Il milita pour que soit maintenu l’essai longue durée de travail du sol-techniques simplifiées de Boigneville mis en place à l’initiative de Monsieur Hénin, donnant à l’agronomie française l’un des plus vieux dispositif à ce sujet, en France, en Europe et peut être dans le monde.

Le plus dur fut quand il fallut lui dire que son mandat n’était pas renouvelé !...

- dans FERTI-MIEUX où j’ai participé au Comité scientifique. C’était l’agronomie à l’épreuve du terrain et du politique,avec label et retrait de label, et  il était chagriné que les considérations techniques ne priment pas sur le politique.

- au CORPEN,l’art du consensus musclé,  il joua un rôle de personne qualifiée. Il a été sensible à la différence qui peut exister entre une référence technique et une norme que l’administration décide.

-à l’Académie d’Agriculture, avec rigueur et méthodologie, ce fut le lieu de notre dernière rencontre.

Concepteur de l’itinéraire technique, il a été pour moi un guide, un GPS avant l’heure, celui qui m’a fait découvrir l’agronomie, un ami, un sage, et si certains disent qu’ils étaient contents de discuter avec lui, moi je n’ai jamais discuté, mais pris pour argent « content » ce qu’il disait …

   

Il y aura toujours un « effet précédent » Michel…"

   


 

Que faisons- nous de cette vie de 700 000 heures dont nous disposons ?


 


 

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Cultiver sans labourer ?

Cet article  disponible en pdf introduit le dossier réalisé à l'occasion d'une conférence-débat organisée par l'INRA en collaboration avec l'ITCF lors du Salon International du Machinisme Agricole, le Mercredi 21 février 2001

Du labour au semis direct :

Enjeux agronomiques

 

Le dossier complet de la conférence est accessible en ligne ici