Revue AE&S vol.8, n°2,1 décembre 2018 : Agronomie et design territorial

Avant propos

Antoine Messéan (Président de l’Afa) et Olivier Réchauchère (Rédacteur en chef)

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Cette seconde livraison de l’année est consacrée au design territorial, à ses démarches et méthodes, au positionnement de l’agronomie par rapport à cette notion et à ses apports potentiels pour enrichir et élargir la pratique des agronomes dans leur approche des enjeux territoriaux. Ce numéro s’appuie notamment sur les contributions, travaux et ateliers des https://www.agronomie.asso.fr/carrefour-inter-professionnel/evenements-de-lafa/entretiens-du-pradel/entretiens-du-pradel-2017/9èmes entretiens du Pradel  consacrés à cette notion de design territorial et à ses enjeux pour l’agronomie. Prolongeant les échanges interdisciplinaires des entretiens, il comporte des articles rédigés ou co-écrits avec des géographes, des paysagistes ou d’autres acteurs du territoire.

Le terme « design territorial » associe deux concepts familiers aux agronomes : le « design » qui s’apparente à la conception pour laquelle les agronomes ont développé un corpus de méthodes et outils dans le domaine des systèmes de culture ; par ailleurs, le territoire que les agronomes ont peu à peu investi au travers de la gestion spatio-temporelle des systèmes de culture en lien avec les autres activités socio-économiques. Les entretiens ont été l’occasion de s’interroger sur l’engagement des agronomes dans l’association des deux concepts au sein de la notion de design territorial. Il ressort des travaux des entretiens et des articles que les agronomes ont souvent fait du design territorial « sans le savoir », le design territorial faisant notamment écho à l’articulation entre science, conception et ingénierie que les agronomes pratiquent quotidiennement. De même la co-conception avec les acteurs, inhérente au design, est présente chez les agronomes même si elle reste le plus souvent centrée essentiellement sur les agriculteurs alors que le design territorial suppose d’associer un éventail très large d’acteurs, comme les collectivités territoriales, les industriels, les usagers du territoire. Cet élargissement des publics est indispensable si les agronomes veulent contribuer à une transformation profonde des systèmes agricoles afin qu’ils puissent répondre à l’ensemble des défis qui leur sont posés (production d’aliments, d’énergie, de bio-ressources, stratégie bas carbone, zéro pesticides) en liaison étroite avec les autres activités socio-économiques des territoires et la fourniture d’autres services écosystémiques comme les activités de récréation avec leur dimension culturelle. Les conditions de transition vers des systèmes plus durables nécessitent de dépasser la simple amélioration de l’efficience du système ou la substitution d’un de ses éléments par un autre. Une complète « reconception » du système (redesign en anglais) est le plus souvent nécessaire. Cela suppose la mobilisation de l’ensemble des acteurs du territoire et des filières.

Dans ce contexte, les contributions de ce numéro montrent que les agronomes peuvent s’inspirer du design territorial tel que pratiqué par d’autres disciplines ou collectifs pour enrichir leur panoplie de méthodes et d’outils, notamment en ce qui concerne le « donner à voir », des objets graphiques, des maquettes, des représentations de projets territoriaux qui constituent autant d’objets de médiation entre l’ensemble des acteurs d’un territoire. De par leur engagement dans l’action, les agronomes ont un rôle à jouer dans l’animation de projets de territoire. Cela suppose que les agronomes renouvellent leurs partenariats ainsi que les modalités de collaboration et, à cette fin, la vocation de carrefour interprofessionnel de l’Afa constitue un atout déterminant. Comme l’indique Lorène Prost en introduction au numéro « il ne s’agit pas de penser uniquement ce que le design peut apporter à l’agronomie. L’agronomie peut également contribuer aux travaux sur le design : nos cas d’étude et nos objets d’intérêt ont des particularités qui sont susceptibles d’enrichir des travaux souvent construits à partir du monde industriel. C’est là un challenge – de plus – à relever ! »

Bonne lecture

 

Remerciements :

 

Aux membres du comité de numéro :

Sophie Bonin, Mathieu Capitaine, Sylvie Lardon, Sophie Madelrieux, Philippe Prévost, Nicolas Sénil

 

Aux relecteurs et relectrices : Marc Benoît, Olivier Bories, Sami Bouarfa, Marianne Cerf, Christophe Deprés, Hervé Davodeau, Thierry Doré, Sarah Feuillette, Yves François, Sabine Girard, Laure Hossard, Marie Houdard, Etienne Josien, Claire Lamine, Sylvie Lardon, Marianne Le Bail, Francis Macary, Pascal Mao, Safia Mediene, Adeline Michel, Catehrine Mignolet, Bertrand Omon, Thierry Papillon, Joséphine Peigné, Philippe Pointereau, Guy Trébuil, Jean-Marie Vinatier, Philippe Vissac.

 

A l’équipe de suivi et réalisation de la chaîne éditoriale :

Sophie Douhairie, Danielle Lanquetuit, Philippe Prévost


 

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