Résumé

Les travaux du GERDAL, orientés de longue date sur la compréhension des processus d’évolution des pratiques en agriculture et sur les conditions d’une recherche co-active de solutions entre agents de développement et agriculteurs (Darré,1986 et 1994 ; Darré 2006 ; Lemery 1986 ; Ruault 1996), dans des contextes locaux très diversifiés, prennent un intérêt renouvelé dans le cadre de l’appui à la transition agroécologique (TAE), reposant sur une dynamique d’innovation de pratiques agricoles dans les territoires. Or les multiples difficultés exprimées par les conseillers, animateurs, techniciens, ou par des chercheurs impliqués dans des démarches de recherche-action pour accompagner les agriculteurs, illustrent une complexification inédite de leurs métiers. Au-delà des questions de méthode pour constituer et animer des groupes locaux et des dispositifs incitant aux changements, les agents se heurtent à des contraintes très fortes, inhérentes notamment à la rigidité des cadres d’action, à la logique dominante de projet et à leur positionnement dans des systèmes d’acteurs locaux opposant souvent implicitement stratégies des filières de production agricole et enjeux environnementaux. Ces constats expliquent en partie les décalages entre ambitions affichées et résultats observés sur le terrain. Mais les difficultés des agents, saisies sur le temps long, sont aussi à resituer dans un contexte brouillé sur le plan conceptuel et méthodologique quant à la manière de raisonner l’appui au changement. Autant d’éléments qui éclairent les compétences aujourd’hui nécessaires à la maitrise des métiers d’appui à la TAE et les exigences des formations correspondantes.

Mots clefs : agents de développement agricole ; transition agroécologique ; appui au changement de pratiques ; contextes locaux d’action ; compétences de conseil et d’animation agricole.