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  5. 7- l’exemple de la réduction du travail du sol en maraîchage, à partir du cas du GAEC la Amapola

Travail en agriculture et transition agroécologique : l’exemple de la réduction du travail du sol en maraîchage

Cas du GAEC la Amapola

Albin MAURY*, Aurélien  QUENARD*, Benoît THOLLIN*, Pierrick REVEL**

*CFPPA de Grenoble Saint-Ismier

** GAEC La Amapola

Email contact auteurs :  cfppa.grenoble@educagri.fr

doi.org/10.54800/vps512

Télécharger l'article et les annexes

Télécharger le poster réalisé par les étudiants

Résumé

Dans le cadre des Entretiens Olivier de Serres Juniors 2024, les apprenants adultes en BPREA[1] Maraîchage du CFPPA[2] de Grenoble Saint-Ismier ont fait le choix d’étudier une exploitation maraîchère BIO ayant engagé une trajectoire de réduction du travail du sol. Ils en ont rendu compte lors d’une journée organisée au lycée avec des maraîchers et agronomes du territoire. Cet exercice a montré que malgré les promesses de ces pratiques, les maraîchers du territoire expriment une certaine réticence à s’y engager par peur d’un impact négatif sur leur travail (temps, rentabilité, pénibilité, etc.). Mais il a également montré que ces freins peuvent être levés par des expérimentations menées en commun comme dans le cadre du GIEE[3] animé par le GAB[4] local.

Figure 1 : Vue aérienne des 2 parcelles du GAEC la Amapola. Géoportail, 2021

Introduction

Dans le cadre des Entretiens agronomiques Olivier de Serres, le CFPPA de Grenoble Saint-Ismier a mobilisé une classe de BPREA Maraîchage adultes. Le choix a été fait de porter notre attention sur un aspect de la transition agroécologique déjà traité au sein de notre établissement et qui renvoie à un attrait particulier de nos apprenants : la réduction du travail du sol en maraîchage sur petite surface (0,5 à 5 ha), inspirée des démarches dites de « Maraîchage Sol Vivant ». Une partie de la surface de l’exploitation pédagogique du lycée est consacrée aux essais autour de ces pratiques. L’exploitation fait d’ailleurs partie d’un GIEE, animé par l’ADABIO[5], qui traite de cette question (voir annexe).

Au sein de ce GIEE, nous avions constaté que certains maraîchers, bien qu’intéressés par ces pratiques, hésitaient à s’y engager pleinement. Aussi, nous souhaitions travailler à la réalisation d’arbres décisionnels qui pourraient permettre d’aider les maraîchers à s’engager dans une trajectoire de réduction du travail du sol. Le lien avec la notion de travail paraissait évident, puisque ces pratiques promettaient de réduire le temps de travail du sol et de donner plus de sens au travail du maraîcher en l’aidant à travailler avec les mécanismes biologiques.

Dans un premier temps, les apprenants en BPREA sont allés visiter le 7 février 2024 une exploitation maraîchère adhérente au GIEE. Le choix s’est porté sur le GAEC la Amapola, qui malgré son réel intérêt pour la réduction du travail du sol, peine encore à se lancer pleinement dans cette trajectoire. Toute la question était pour nous de comprendre pourquoi et si cela avait un lien avec les différentes dimensions du travail en agriculture.

Suite à cette visite, une restitution et un temps d’atelier en collectif ont été organisés le 4 mars à Saint-Ismier. Cette journée nous a permis d’approfondir les questionnements en élargissant notre spectre à d’autres exploitations maraichères, par l’intermédiaire des maraichers et conseillers présents. Le 3 avril, une délégation s’est rendue à Aubenas pour présenter notre travail auprès des autres établissements ayant participé à l'événement.

Présentation de l’exploitation agricole observée

Le GAEC la Amapola est une exploitation maraîchère certifiée en Agriculture Biologique. Elle produit une gamme diversifiée de légumes (une quarantaine d’espèces) et quelques fruits (fraises, etc.). Les produits sont commercialisés en vente directe toute l’année et la ferme dispose donc de gammes de légumes d’hiver et de légumes primeurs. Le modèle agricole est basé sur une rotation pluriannuelle des planches de culture.

L’exploitation est située à une trentaine de kilomètres de Grenoble et une dizaine de Voiron, dans la plaine alluvionnaire de l’Isère, dont le cours passe à 1,5 km à vol d'oiseaux. Les parcelles maraîchères sont regroupées sur 2 îlots, distants de 2,6 km de route. Le GAEC dispose de 5 hectares de surface cultivée, dont 5% sous-abri (2500 m²). Sur ces 5 hectares, 2 sont en propriété, dont 1 hectare avec les serres et le bâtiment et 1 hectare de plein champ. Les 3 autres hectares en fermage appartiennent à la Communauté de communes du Pays Voironnais et au Conseil départemental de l’Isère.

 

Figure 2 : Vue du bâtiment

Le sol est limono-argileux, composé à 60% de limons, de 15% d’argile et d’un bon taux de matière organique (3 à 4%). Le sol, favorable au maraîchage (la ferme est située Route des Maraîchers…), y est profond (80 cm) et sans cailloux. Du fait de la proximité de l’Isère et du passé marécageux de la zone, la nappe phréatique est proche de la surface (1 à 1,5 mètre de profondeur). Les besoins en eau sont donc peu importants, mais le terrain est plat et présente un risque accru de remontée de nappe et de battance. D’autant plus que le climat est continental humide, du fait de la proximité des montagnes qui freinent les nuages en provenance de l’ouest. Un pompage dans la nappe permet d’assurer l’irrigation. Située dans la plaine de l’Isère, affluent du Rhône, et à l’entrée du couloir entre la Chartreuse et le Vercors en direction de Grenoble, la zone est ventée.

Au niveau du parc matériel, l’exploitation dispose de 2 tracteurs équipés de nombreux outils (rotavator, vibroplanche de L’Atelier Paysan, cultibutte, actisol, etc.). Le bâtiment principal a été construit en 2012 en matériaux locaux et naturels (bois, paille, enduit terre et enduit chaux). Il comprend une zone de lavage et de stockage pour les légumes (chambres froides, etc.), un bureau administratif et un logement.

Figure 3 : Visite du GAEC la Amapola avec la classe de BPREA Adultes du CFPPA de Saint-Ismier, 2024

Après 2 ans sous statut de cotisant solidaire, Pierre REVEL a créé l’exploitation en 2010. Le GAEC s’est formé en 2013 à l’arrivée du 2e associé (Laurent COLAS) et une 3e associée (Johanne d’Armancourt) a rejoint la structure en 2019. L’exploitation salarie par ailleurs un ouvrier agricole à temps plein ainsi que des saisonniers sur la période de récolte, des fraises notamment.

La ferme est en bonne santé financière et tourne avec un fonctionnement stable et rodé, tant sur la production que sur la commercialisation. L’exploitation réalise un chiffre d’affaires de 220 000 €, réalisé à 90% en vente directe (70% au marché Europole à Grenoble et 20% de vente à la ferme) et 10% en circuits courts (légumerie AB Epluche, traiteurs, restaurants). Près de quinze ans après la création de l’exploitation, les annuités d’emprunt sont assez faibles. Les associés travaillent en moyenne 35 à 40 h/semaine et s’accordent 5 à 6 semaines de congés par an, tout en se dégageant un salaire mensuel de 2500 € chacun.

Analyse des différentes dimensions du travail

Le GAEC la Amapola a été traité au prisme des 5 principales dimensions du travail que nous avons retenues : les dimensions économique, sociale, de la santé, technique et environnementale.

Dimension économique

Sur l’aspect économique tout d’abord, on peut dire que le travail est assez performant. Malgré un temps de travail hebdomadaire relativement peu important pour des maraîchers (35-40h/semaine) et des prix de vente à la ferme assez bas comparé à la mercuriale locale, le GAEC s’en sort plutôt bien. Les associés se versent en effet un salaire horaire très confortable (16,5€/h sur une base de 35h, 14,4€/h pour une base de 40h), ce qui est rare chez des maraîchers BIO. Cette situation atypique s’explique notamment par le fait que l’exploitation est déjà ancienne et dispose d’une bonne santé financière. Les investissements sont quasiment amortis et les débouchés de commercialisation sont bien établis. La rémunération haute s’explique aussi par des choix de sous-investissement (bâtiment trop petit, peu de serres, peu de renouvellement de matériel, etc.), choix qui viennent souvent baisser le confort de travail. De plus, les maraîchers ont petit à petit étudié leurs coûts de production sur les différents aspects de la production et ont pu ainsi optimiser leur système pour qu’il soit suffisamment productif et rentable. Les pratiques de production et les particularités du lieu sont désormais bien maîtrisées et permettent d’assurer une bonne productivité. Les 3 associés peuvent se payer un salarié à l’année et quelques autres en saison pour la récolte des fraises.

Dimension sociale

Socialement, on peut affirmer que travailler à la Amapola est enrichissant et valorisant. Le GAEC est implanté près du bassin grenoblois, sur un territoire dynamique qui pousse les agriculteurs à la qualité et les reconnaît socialement. De nombreux agriculteurs sont portés sur l’agriculture biologique et/ou paysanne et de nombreux consommateurs sont en attente de produits sains et locaux. L’entente est bonne entre les membres du GAEC et l’organisation en collectif est bien rôdée. Par ailleurs, le temps disponible dégagé est en partie réinvesti en s’investissant dans divers réseaux et démarches sur le territoire. L’un des associés est par exemple investi à la confédération paysanne, dans les réflexions sur la sécurité sociale de l’alimentation et au sein de l’Atelier Paysan, tandis qu’un autre s’est investi au sein du réseau des producteurs BIO (échange de pratiques), dans le GIEE sur la réduction du travail du sol (expérimentations collectives) et comme vacataire au CFPPA de Saint-Ismier (transmission).

Dimension santé

D’un point de vue santé, l’analyse est plus mitigée. Si le modèle permet aux associés d’avoir un bel équilibre entre leurs vies professionnelle et personnelle, cette organisation bien rodée peut également être une source d’ennui et de lassitude. Si c’était possible, les associés souhaiteraient par ailleurs passer moins de temps sur le tracteur, nuisance (sonore principalement) qui compromet leur qualité de vie au travail.

De plus, les choix de sous-investissement, qui permettent une bonne rémunération du travail, viennent souvent réduire le confort de travail (équipements inadaptés aux volumes traités, temps de maintenance supplémentaire sur du matériel ancien, etc.).

Dimension technique

Concernant la dimension technique, le GAEC est assez bien pourvu. Il dispose d’un parc matériel étoffé, d’une structure stable financièrement, d’un accès facile à l’eau pour l’irrigation (proximité de la nappe) et d’un bon niveau de connaissances.

Les sous-investissements, qui permettent une haute rémunération des associés, sont cependant corrélés à une inadéquation d’une partie des équipements aux besoins de la ferme (bâtiment trop petit, équipement vieillissant, etc.). La construction d’un nouveau bâtiment serait nécessaire pour gagner en confort de travail et qualité de légumes (séchage des oignons, chambre froide plus efficace, etc.).

Le système technique est bien rôdé et les associés ont une bonne connaissance des réalités de leur terrain. Ils ont également de bonnes connaissances agronomiques. Il y a cependant un bémol important lié à l’éclatement parcellaire de l’exploitation qui dispose de 3 parcelles, dont une est distante de 3 kilomètres des deux autres. Cet éclatement impose des trajets en tracteur longs et répétitifs afin d’acheminer le matériel nécessaire sur la bonne parcelle. De plus, la surface sous abri est un peu faible en comparaison à la moyenne nationale (13%) et mériterait d’être agrandie. L’exploitation dispose également d’un point faible concernant sa transmissibilité. En effet, le bâtiment d’habitation de l’un des associés est situé sur la parcelle principale où sont installées les serres et stockés les outils. De plus, cette parcelle lui appartient.

Pour résumer, on peut donc dire que le travail au GAEC la Amapola est globalement assez qualitatif. Des personnes compétentes et un système bien rôdé permettent à l’exploitation d’être performante et bien reliée à son territoire. Malgré tout, l’exploitation doit fait face à quelques contraintes techniques et les associés manquent parfois de motivation pour faire évoluer un système (trop ?) rôdé.

Dimension environnementale

Le GAEC s’en sort plutôt bien, mais les deux dernières années ont montré que l’exploitation n’était pas encore suffisamment résiliente pour faire face au changement climatique. Il faudrait investir dans des tunnels avec ouvertures latérales pour les périodes chaudes et effectuer un gros travail de terrassement sur les parcelles pour lutter contre les épisodes de fortes pluies.

Figure 4 : Ebauche d’un arbre de décision relatif à l’impact d’une trajectoire de réduction du travail du sol sur l’organisation et le temps de travail.
Atelier des Entretiens Agronomiques Olivier de Serres du 04/03/2024.
Figure 5 : Arbre de décision finalisé par le formateur. Benoît Thollin, 2024.

Analyse de la trajectoire agroécologique et perspectives sur l’évolution du travail dans les années à venir

Le GAEC la Amapola est déjà très engagé dans l’agroécologie, elle est d’ailleurs certifiée en Agriculture Biologique depuis sa création. Elle pratique notamment l’agroforesterie (implantation de haies en bordure de parcelle), les rotations de cultures, l’apport de matière organique au sol (compost de déchet vert, broyat, etc.), la lutte biologique (lâchers, dans les serres sur concombres, aubergines, poivrons et tomates, de chrysopes, aphidus, aphidolètes, etc.) ou encore l’implantation d’engrais verts (même si la démarche n’est pas systématisée partout).

Actuellement, l’un des associés souhaite tester de nouvelles pratiques autour de la réduction du travail du sol. C’est sur cette pratique agroécologique particulière que s’est structurée notre analyse autour de la problématique : en quoi l’agroécosystème Amapola est-il favorable ou non à engager une trajectoire de réduction du travail du sol ? Nous abordons cette question au prisme des 5 dimensions du travail déjà évoquées.

Dimension économique

Le modèle de commercialisation annuelle impose de produire des légumes toute l’année, y compris sur des périodes non favorables à une réduction du travail du sol (légumes-primeurs au printemps alors que le sol est froid, récoltes en conditions humides à l’origine de tassements, etc.).

L’exploitation est en bonne santé financière, ce qui à l’inverse facilite la transition vers un nouveau modèle. Les agriculteurs n’auraient pas de mal à investir à nouveau sur de nouveaux équipements, même si cela pourrait remettre en cause leur niveau de salaire actuel.

D’un point de vue plus général, on peut aussi se questionner sur la reconnaissance de ces pratiques de réduction de travail du sol. Aujourd’hui le label AB dans lequel s’inscrit La Amapola, comme d’autres fermes inscrites dans le GIEE, ne met pas du tout en avant les efforts faits dans ce sens, et ce sont des problématiques encore assez peu connues du grand public. Si la réduction du travail du sol engageait des coûts supplémentaires pour les fermes, comment les valoriser sur les prix pratiqués pour que ce ne soit pas aux producteurs d’assumer ces efforts agroécologiques ?

Dimension sociale

Les avantages (salaire, temps de travail) dont disposent les associés dans le système actuel sont paradoxalement plutôt des freins au changement. Étant donné que l’adaptation des pratiques nécessite du temps d’expérimentation et que les associés du GAEC disposent de plus de temps libre que leurs voisins maraîchers, on pourrait imaginer qu’ils puissent plus facilement que les autres consacrer du temps à cette expérimentation. Cependant, ce confort social acquis à force de travail est vécu comme un acquis à protéger et les associés craignent de voir augmenter leur temps de travail ou leur salaire baisser.

Se lancer dans une trajectoire de réduction de travail du sol nécessiterait également de revoir l’organisation du travail et le système de production dans son ensemble (planification, itinéraires techniques, rotations, gestion des approvisionnements en matière organique, etc.). Ce serait remettre en question des automatismes de travail du sol et une certaine souplesse pour une organisation plus contrainte et complexe car plus liée aux lois de la nature et moins à l’emploi du temps de l’agriculteur. C’est un risque d’autant plus grand s’il n’est porté que par un seul des associés, ce qui risque de créer un déséquilibre et par conséquent une source d’instabilité dans le GAEC (prise de risque partagée, répartition du temps de travail, etc.).

Les pratiques de réduction du travail du sol peuvent par ailleurs amener une certaine satisfaction au producteur. L’utilisation de paillage organique est par exemple plus esthétique que des paillages plastiques, et le producteur se sent mieux à l’idée de tendre vers un système plus vertueux.

De plus, s’impliquer dans des démarches de modifications des pratiques peut permettre de s’impliquer dans le réseau professionnel et de rencontrer d’autres maraîchers et conseillers techniques du territoire (ce qui s’est déjà produit il y a quelques années avec la généralisation de l’Agriculture Biologique, du système de culture en planches permanentes, etc.). Le GIEE est donc un véritable levier au développement de ces pratiques, en offrant un lieu de dialogue et d’émulation collective. C’est un temps supplémentaire, qui peut être perçu par certains comme du temps perdu, mais par d’autres comme un véritable soutien dans leur activité. La communauté de communes du Pays Voironnais s’est également révélée être un soutien, en finançant des essais du GAEC.

Pour le GAEC, le compost est facilement accessible, il n’y a donc pas d’enjeu particulier actuel à rechercher des sources d’approvisionnement en matière organique comme cela peut être le cas sur d’autres fermes en réduction du travail du sol. Mais si la ferme généralise l’apport de matières organiques dans sa démarche de réduction du travail du sol, l’approvisionnement pourrait devenir une problématique, surtout si on considère cette question d’un point de vue territorial en intégrant l’augmentation croissante de la demande de ces matières. Cette demande généralisée pourrait mener à une structuration de l’offre à l’échelle territoriale qui permettrait de la rendre plus accessible.

Par ailleurs, et comme déjà évoqué dans la partie précédente, la population et le voisinage agricole sont plutôt favorables aux pratiques agroécologiques, ce qui motive les producteurs et facilite leur développement sur ce territoire.

Dimension santé

En termes de pénibilité, une réduction du temps passé sur le tracteur serait bien perçue par le maraîcher. Cependant, les tâches répétitives d’épandage de la matière organique peuvent compenser le gain de temps passé sur le tracteur permis par la réduction du travail du sol, ou être source de troubles physiques (TMS, etc.) si elles sont réalisées manuellement. De plus, la plantation à travers un paillage est plus difficile que sur un sol préalablement travaillé et peut entraîner une augmentation du temps de travail pour cette tâche, qui représente une part non négligeable du travail des maraîchers.

La démarche de changement peut également être source de stress devant le risque accru d’échec et augmenter la charge mentale des producteurs. Cela peut cependant être un bon moyen d’éveiller sa curiosité, alors que l’un des associés semble lassé et manquer d’émulation.

Il est par ailleurs plus confortable de travailler dans des allées paillées avec de la matière organique.

Dimension technique

Le dimensionnement technique de l’exploitation est aujourd’hui peu favorable au développement des pratiques de réduction du travail du sol.

En effet l’exploitation dispose de peu de surface sous-abri (5% seulement). C’est notamment un frein pour la production de légumes-primeurs, qui nécessite un réchauffement rapide du sol au printemps. D’autant plus que le type de sol de la ferme n’est pas le plus favorable pour ces productions, contrairement à un sol sableux par exemple, et que les associés mettent justement en place des stratégies d’itinéraires techniques différenciées pour les primeurs afin de faciliter le réchauffement du sol : paillage plastique, biodégradable ou thermique ; planches permanentes surélevées ; travail du sol, etc. A contrario, l’épandage de matière organique à la surface des planches freine le réchauffement du sol au printemps et soulève donc de nombreux questionnements pour la culture des primeurs sur la ferme et de manière plus générale.

De plus, les surfaces de production sont assez importantes (5 ha) et encouragent donc la mécanisation. Vu la surface, la pratique du paillage nécessite donc de grandes quantités de matière organique (200 t/ha/an) et un temps important d’épandage car le chargeur et l’épandeur sont actuellement inadaptés. Au-delà du temps supplémentaire, c’est donc aussi plus de passages et donc plus de tassement pour le sol. Même si les planches permanentes généralisées sur une grande partie de la ferme permettent déjà de limiter cette problématique.

Le dimensionnement actuel des planches en plein champ (100 m de long pour 1,2 m de large) est conçu pour l’utilisation de la bineuse et de la planteuse, mais pas pour l’outil d’épandage de la matière organique, ce qui entraîne des temps d’épandage très longs.

Cet enjeu est commun à de nombreuses fermes maraîchères et des recherches sont en cours pour développer des outils appropriés pour répondre à cette problématique d’épandage de matière organique (autant sur notre territoire, en France, qu’à l’étranger).

Actuellement, l’activité la plus chronophage sur la ferme est le désherbage. Il est actuellement principalement traité par de la mécanisation, puisque la ferme dispose des outils adaptés et que c’est un certain confort psychologique de pouvoir traiter rapidement les adventices. Une alternative déjà mise en place est l’utilisation de paillage (plastique, biodégradable, thermique ou toile tissée), également utile pour le réchauffement et la conservation de l’humidité.

Certaines pratiques mécanisées paraissent par ailleurs difficilement compatibles, comme la récolte de pommes de terre avec une lame souleveuse, qui va nécessairement travailler le sol…

A l’inverse, les contraintes apparentes de l’exploitation peuvent s’avérer être des accélérateurs de transition. Les petits tunnels non mécanisables sont ainsi propices aux essais (fraises) et l’éclatement parcellaire encourage à réduire l’utilisation du tracteur.

Un engagement plus profond dans une trajectoire de réduction du travail du sol impliquerait une modification du design de la ferme et/ou un renouvellement du parc matériel adapté aux pratiques de travail du sol, en partie méconnu des maraîchers du GAEC. La réduction du travail du sol n’implique pas nécessairement moins de mécanisation.

Dimension environnementale

Le contexte environnemental est plus ou moins favorable au développement des pratiques de réduction du travail du sol sur l’exploitation.

Le sol, plat, limono-argileux, profond, sans cailloux, en plaine et avec un horizon continu, est assez facile à travailler en MSV[1]. Il a une bonne capacité à retenir la matière organique, ce qui encourage la pratique du paillage et procure au sol une structure stable. Le taux de matière organique est d’ailleurs assez bon sur les parcelles (4% sous-abri et 3% en plein champ).

Mais ce qui pourrait être perçu comme un levier est aussi un frein car le terrain est également très favorable aux pratiques déjà en place sur la ferme et n’appelle pas le maraîcher à modifier ses pratiques. De plus, la proximité de la nappe d’eau et le sol battant sont plutôt des freins. Les terrains sont compliqués à travailler en saison humide, pendant laquelle beaucoup de zones se retrouvent inondées. La stagnation de l’eau peut noyer la vie du sol, limiter la croissance des engrais verts au printemps et créer des croûtes de battance. Ces phénomènes demandent souvent un travail de décompactage important…

A l’inverse des cas emblématiques de fermes en MSV dans l’ouest de la France, le climat semi-continental est ici encore un frein. Les hivers froids nécessitent un réchauffement du sol pour les cultures de printemps, hors le paillage ralentit ce réchauffement et l’une des pratiques généralement utilisée est justement de travailler le sol pour le réchauffer…

Face à la problématique sanitaire liée à la présence de pathogènes dans les sols (sclerotina, etc.), le producteur peut être tenté de vouloir mettre en place des pratiques comme la réduction du travail du sol et l’apport de matière organique. Ces pratiques pourraient induire une réduction des traitements phytosanitaires selon les conclusions empiriques d’essais déjà observées par ailleurs, même si ce point n’est pas encore prouvé scientifiquement.

Face à la question de l’autonomie en ressources développée dans ce type de modèles, si on observe effectivement une baisse de la consommation de fuel pour le travail du sol, sa consommation est en augmentation pour l’épandage de matières organiques (si mécanisé) et l’approvisionnement en matière organique est quant à lui en augmentation, ce qui pose des questions d’autonomie, d’autant plus si le producteur a des exigences quant au type de matière organique (compost, bois raméal fragmenté, chanvre, etc.).

Les pratiques de réduction du travail du sol ont une bonne influence sur l’environnement, en stockant du carbone dans le sol (contribution à la réduction des émissions de carbone) ou en développant la biodiversité du sol.

Au-delà de l’exploitation étudiée, quels enjeux pour l’évolution du travail ?

Au-delà du travail sur le GAEC la Amapola réalisé avec la classe de BPREA, le CFPPA de Saint-Ismier a organisé une journée d’atelier le 4 mars 2024 sur laquelle était également présents des agronomes et des maraîchers du territoire.

Après un temps d’accueil et de cadrage des travaux, Hélène BRIVES (ISARA), a animé un petit atelier pour mieux comprendre ce qu’on entendait par la notion de « travail ». Il en est ressorti 3 points principaux :

  • Le travail se résume souvent à une activité mesurée (temps, efficacité, salaire, etc.), mais il peut être entendu de manière plus large comme une activité de transformation (de son environnement, de soi-même, etc.) et donc dépasser l’aspect purement professionnel.
  • Le travail peut avoir des impacts bénéfiques (épanouissement, développement des compétences, etc.) ou négatifs (stress, TMS, etc.).
  • La qualité du travail peut fortement varier selon le prisme choisi (rentabilité, beauté, justice, sens, reconnaissance, etc.).

Dans un second temps, un 1er temps de travail collectif a permis de développer quelles étaient les motivations et principaux enjeux pour les maraîchers à entrer dans une trajectoire de réduction du travail du sol. Quatre groupes partant d’un enjeu spécifique ont identifié différents objectifs et motivations  :

  • GROUPE RESSOURCES : Être plus efficient en limitant sa dépendance aux intrants (énergie, etc.) tout en étant productif (rentabilité, etc.).
  • GROUPE TEMPS ET ORGANISATION : Améliorer son confort de travail en réduisant le temps accordé aux tâches pénibles (tracteur, etc.) et en augmentant la part de tâches satisfaisantes.
  • GROUPE DURABILITÉ ET SOIN DU VIVANT : Apprendre à mieux connaître et à prendre soin du vivant (santé du maraîcher, stockage carbone, résilience de l’agroécosystème, etc.) et prendre plaisir à l’observer (beauté, émerveillement, découverte).
  • GROUPE INCERTITUDES ET RISQUES : Accepter de travailler en s’appuyant sur les services écosystémiques (complexe et parfois mal connu) avec une part d’incertitudes et de risques (campagnol, enherbement, etc.) en espérant une meilleure rentabilité.

Puis, les apprenants en BPREA du CFPPA ont présenté leur étude du GAEC de la Amapola et Céline LOPEZ, conseillère technique en maraîchage à l’ADABIO a ensuite pris la parole pour présenter le GIEE et les principaux freins et leviers rencontrés par les membres du groupe (voir description du GIEE ci-après). Ensuite, Xavier DUBREUCQ, conseiller technique en productions légumières dans le Sud-Ouest, a rappelé quelques fondamentaux agronomiques sur le travail du sol, invité à accepter des petits écarts (“nous sommes maraîchers et pas éleveurs de vers de terre”) et proposé des pistes d'adaptation pour les maraîchers (agrosylvopastoralisme, etc.).

Parallèlement aux trois interventions, les participants étaient invités à avoir une écoute active sur la thématique de leur groupe en remplissant individuellement un tableau vierge à 4 entrées : points de vigilances ; moyens et leviers ; indicateurs ; points divers. Il en est ressorti différents points :

Groupe ressources 

Au regard des ressources, deux points peuvent poser question. Tout d’abord la disponibilité même de la matière organique, tant en quantité qu’en qualité. En réduisant potentiellement sa dépendance aux carburants, l’agriculteur se retrouve à augmenter sa dépendance à une matière organique pas toujours facilement disponible. D’où l’enjeu à diversifier ses sources (compost, foin, engrais vert, sorgho fourrager, etc.) et à développer lorsque c’est possible sa propre production à l’échelle individuelle (agrosylvopastoralisme, engrais verts, etc.) ou territoriale (compostage de déchets verts, etc.). La quantité d’apport en matière organique est fortement dépendante du type de sol et du taux initial de matière organique. Un sol particulièrement dégradé nécessitera des apports plus importants qu’un sol en bonne santé. Raisonner au plus juste, peut permettre de limiter le temps d’épandage et sa dépendance à la ressource.

Autre point qui pose question, c’est le recours important au paillage plastique qui permet de s’affranchir des étapes de binage et donc de limiter sa consommation en carburant. Mais comme le carburant, le plastique est issu du pétrole.

Groupe temps et organisation

Concernant l’enjeu du temps et de l’organisation du travail, on peut évoquer divers points. Les pratiques de réduction du travail du sol, si elles sont menées dans de bonnes conditions (terrain, matériel, etc.), peuvent amener à une réduction de la pénibilité et du temps de travail, notamment sur le désherbage et la réduction du nombre de passages sur la planche. Mais le temps gagné sur certaines tâches, n’est-il pas reporté sur d’autres (épandage de matière organique, etc.) ?

L’hétérogénéité des sols sur une exploitation, peut quant à elle complexifier la planification et l’organisation du travail avec un système en réduction du travail du sol. La gestion des engrais verts, par exemple, peut faire perdre en flexibilité car il faut s’adapter à leur croissance.

Par ailleurs, l’engagement dans ce type de démarche peut demander, sur les premières années, un temps de travail supplémentaire, à dédier notamment aux différentes expérimentations, à la coordination entre associés, au travail sur les adaptations à faire dans la planification, ou encore à la recherche d’un approvisionnement stable en matière organique.

En termes d’organisation du travail, c’est potentiellement un risque qui est pris lorsque tous les associés ne sont pas aussi motivés par cette dynamique. Cela peut amener à des frustrations entre associés, notamment si les expérimentations mènent à des pertes économiques pour l’exploitation. A l’inverse, travailler en collectif peut permettre de se partager les tâches, de se poser les bonnes questions et de se soutenir. Il est d’ailleurs important de prévoir dans son planning des temps d’échanges de pratiques et de formation afin de gagner du temps futur et de limiter les risques d’erreurs.

Il est également important de disposer du design et des outils adaptés à cette pratique. Dans le cas contraire, passer à un fonctionnement en réduction du travail du sol peut amener à une augmentation du temps de travail. Le temps d’épandage de la matière organique pouvant être très chronophage et usant, si la taille des planches n’est pas en adéquation avec la taille de l’épandeur (nécessite plusieurs passages, etc.) ou s’il n’est pas mécanisé.  Le temps consacré à l’épandage de la matière organique peut également être réduit avec des fonctionnements en rotation où la matière organique est directement sur place (broyage d’engrais vert, retournement d’une prairie temporaire, etc.).

L’apport de matière organique doit de plus être de moins en moins important avec le temps puisqu’une fois le taux de matière organique satisfaisant, on peut réduire les quantités amendées et donc le temps de travail.

Groupe durabilité et soin du vivant

Plusieurs maraîchers ont mis en avant l’importance de restaurer et de mieux comprendre la vie du sol, qui devient via ces pratiques, un véritable allié du maraîcher. Malgré tout, si le maraîcher se fait protecteur de la nature, son métier n’est pas d’élever des vers de terre, mais bien de produire des légumes. De plus, la préservation du vivant a ses limites lorsqu’il s’agit de la prolifération de ravageurs de culture comme les campagnols… Cela pose la question du seuil d’intervention de l’homme dans l’agroécosystème qui implique une connaissance plus fine des mécanismes naturels et donc plus de complexité pour le maraîcher. C’est là une résistance importante au changement, puisqu’il est bien plus simple de rester sur un fonctionnement connu et maîtrisé et de suivre ses habitudes.

Sur l’aspect durabilité et soin du vivant, un point de vigilance a été mis en avant. Il est en effet nécessaire de bien raisonner son système pour disposer du matériel et du design de ferme adapté à son système afin de limiter le temps et surtout la pénibilité du travail (l’épandage de compost ou de fumier peut être très pénible et traumatisant physiquement).

Autre point qui pose question, c’est le recours important au paillage plastique qui permet de s’affranchir des étapes de binage. Hors le plastique se dégrade en micro-plastiques qui ont un impact sur l’environnement et la santé (problématique encore peu abordée scientifiquement).

Par ailleurs, il peut être intéressant de ne pas être trop dogmatique et d’accepter un compromis en travaillant le sol quand l’enherbement devient difficile à gérer ou que des compactions sont observées. Afin de limiter au maximum les passages, on pourra profiter de productions qui nécessitent ou provoquent quoiqu’il en soit un travail du sol, comme les pommes de terre par exemple. Ou alors accepter de travailler le sol sur 0 à 10 cm sans toucher aux couches plus profondes. Interviennent alors des questions de seuil acceptable ou non de travail du sol.

Groupe incertitudes et risques

Concernant les incertitudes et les risques liés à la pratique, plusieurs points sont à signaler. Le premier est de savoir si cette pratique permettra ou non au maraîcher de dégager suffisamment de rentabilité économique et durablement. Le risque est encore plus difficile à prendre lorsque les maraîchers disposent déjà d’un système économiquement stable et rentable et qui risquent donc de compromettre cette situation en modifiant leurs pratiques.

Par ailleurs, les apports réguliers de matière organique et le niveau d’activité biologique des sols peuvent amener à des faims d’azote. Ces dernières peuvent cependant être facilement gérées en travaillant sur le type de fertilisation et en anticipant les besoins des cultures suivantes.

L’après-midi, les participants ont été divisés à nouveau en quatre groupes, pour chacune des 4 thématiques. Avec l’aide d’un agronome de l’ISARA, ils ont expérimenté une méthode de construction d’un arbre décisionnel en choisissant un itinéraire technique spécifique de la culture de pomme de terre.

Figure 6 : Atelier des Entretiens Olivier de Serres, 04/03/2024.

Même si la journée n’a pas permis de finaliser des arbres de décisions (manque de temps, difficulté à s’approprier l’outil, difficulté à généraliser, il faudrait un arbre de décision par planche de culture…), la méthode a permis aux maraîchers de mieux comprendre ce qu’ils font et de se fixer des objectifs pour la saison. Il aurait été entre autres intéressant pour simplifier le processus de définir un itinéraire technique commun à tous les groupes comme base de travail.

Après une mise en commun des travaux des différents groupes, la journée s’est terminée autour d’un temps de questions/réponses en plénière.

Suite à cette journée, un formateur du CFPPA a retravaillé sur la structuration d’un arbre décisionnel afin de finaliser le processus.

Conclusion

Les Entretiens agronomiques Olivier de Serres Juniors ont été une bonne opportunité saisie par le CFPPA. La thématique choisie sur les questions relatives aux pratiques de réduction du travail du sol a permis à l'événement de s’inscrire dans un fil rouge pédagogique pour les apprenants en BPREA. En effet, ces pratiques sont aujourd’hui abordées dans nos formations du fait de la demande des apprenants et de l’orientation d’une partie des parcelles de l’exploitation pédagogique du lycée en maraîchage sol vivant. Ces pratiques, qui bénéficient actuellement d’une forte visibilité par le biais de quelques exemples inspirants en Allemagne et en Normandie, sont très en vogue parmi les apprenants.

Ce travail s’est avéré très riche et a été utile, tant aux apprenants qu’à certains maraîchers du territoire grâce à l’organisation d’une journée dédiée en mars 2024. La journée a notamment permis de mettre en évidence les freins et leviers auxquels sont confrontés les maraîchers souhaitant engager une trajectoire de réduction du travail du sol. Elle a également permis à chacun de prendre du recul et de mieux comprendre ses pratiques à travers le travail sur les arbres de décision, mais aussi de prendre le temps d’échanger avec ses collègues et avec des agronomes.

L’enquête de satisfaction a révélé que les maraîchers présents ont globalement été satisfaits de la journée. Certains ont cependant mis en avant que le temps de travail de l’après-midi n’avait pas été à la hauteur de leurs espérances, un peu brouillon et trop court, ce qui n’a pas permis d’aboutir à un outil abouti et vraiment intéressant, mais leur a tout de même permis d’approcher la complexité du sujet. Il y aurait un vrai enjeu dans la reproduction de temps similaires à fixer des objectifs réalistes et à les énoncer clairement auprès des professionnels, pour ne pas susciter de frustrations auprès d’un public pour qui le temps est une denrée précieuse.

En effet, il aurait sans doute été plus pertinent de consacrer plus de temps en amont à la construction des arbres de décision, en pré mâchant une partie du travail et en facilitant les comparaisons entre groupes. Le choix des itinéraires techniques dans chaque groupe et une mise en commun trop longue n’ont notamment pas permis de consacrer suffisamment de temps aux arbres de décision.

Il a par ailleurs été difficile de mobiliser des apprenants adultes sur une journée de restitution régionale au cours d’une formation très dense, avec un public majoritairement beaucoup plus jeune.

En conclusion, ce travail a été très intéressant et a permis de se poser des questions quant aux freins et leviers dans le cadre d’un changement de pratiques agroécologiques, tout en questionnant le rapport au travail et de ses évolutions. Les quelques difficultés laissent des perspectives d’améliorations potentielles pour de futures éditions !

 


[1] Brevet professionnel Responsable d’exploitation agricole

[2] Centre de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole

[3] Groupement d’intérêt économique et environnemental

[4] Groupement d’Agriculture Biologique

[5] ADABIO (GAB) = Association pour le Développement de l'Agriculture Biologique dans l'Ain, l'Isère, la Savoie et la Haute-Savoie

[6] Maraichage Sol Vivant

 

Références bibliographiques

Diaporamas de présentation :

Lopez, C., 2024. Le groupe GIEE : Accompagner les maraîchers dans leur transition vers la réduction de travail du sol comme levier d’adaptation au changement climatique, pour une production de qualité. Diaporama de présentation, ADABIO, 03 mars 2024.

BPREA Maraîchage du CFPPA de Grenoble Saint-Ismier, 2024. Présentation de la visite du 07/02/2024 au GAEC la Amapola. Diaporama de présentation, 03 mars 2024.

Les articles sont publiés sous la licence Creative Commons (CC BY-NC-ND 2.0)

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