Un outil multi-échelle pour faciliter le partage de connaissances et l’appropriation d’acquis pour la diversification des systèmes de culture
Safia Médiène *, Frédérique Angevin***, Guénaëlle Hellou****, Domitille Jamet§, Margot Leclère*, Antoine Messéan*, Raphaël Paut*, Anne Schneider§, Vaiolini Travers§§, Aline Vandewalle**
* Université Paris-Saclay, INRAE, AgroParisTech, UMR Agronomie, Palaiseau, France
e-mail : safia.mediene@agroparistech.fr
** Chambre d'agriculture des Pays de la Loire, Angers, France
e-mail : aline.vandewalle@pl.chambagri.fr
*** INRAE, UR Info&Sols, Orléans, France
**** Institut Agro, IRHS, Beaucouzé, France
§ Terres Inovia, Thiverval-Grignon, France
§§ ESA, Angers, France
Résumé
L’article présente la conception d’un outil d’exploration des connaissances destiné à faciliter la diversification des systèmes de culture. La diversification des cultures est considérée comme un levier majeur de l’agroécologie, or de nombreux freins limitent son adoption. Pour répondre au manque de connaissances accessibles, le GIS Grandes Cultures, via un groupe de travail, a capitalisé les résultats de nombreux projets de recherche et de développement menés depuis 2013. Les connaissances ont été regroupées sous forme d’« acquis » : leviers, méthodes, résultats d’essais, exemples de mise en œuvre et ressources complémentaires. Plus de 300 ressources ont ainsi été recensées. Ces ressources sont organisées dans un arbre d’exploration des connaissances comprenant trois niveaux – Parcelle, Filière, Territoire –- et deux dimensions transversales : Accompagner et Innover. L’objectif est de permettre aux utilisateurs de naviguer facilement entre les différentes échelles et de combiner connaissances scientifiques, résultats expérimentaux et expériences de terrain. L’outil s’adresse principalement aux conseillers, accompagnateurs, acteurs des filières et du développement territorial, enseignants et apprenants. Il doit notamment servir à rechercher des leviers d’action, concevoir des systèmes diversifiés, accompagner des démarches collectives ou trouver des ressources pédagogiques. L’outil, développé avec Genially, sera hébergé sur GECO et diffusé courant 2026.
Mots-clés
Conception d’un outil ; Arbre d’exploration des connaissances ; Espace thématique GECO ; Pratiques agroécologiques ; Connaissances empiriques et scientifiques
Abstract
A multi-scale tool to facilitate knowledge sharing and the adoption of agroecological practices for the diversification of cropping systems
This article describes the development of a knowledge exploration tool designed to facilitate the diversification of cropping systems. Crop diversification is regarded as a key driver of agroecology, yet there are numerous barriers limiting its adoption. To address the lack of accessible knowledge, the GIS Grandes Cultures, through a working group, has consolidated the results of numerous research and development projects carried out since 2013. This knowledge has been grouped into ‘achievements’: levers, methods, trial results, implementation examples and supplementary resources. More than 300 resources have thus been identified. These resources are organised within a knowledge exploration tree comprising three levels – Plot, Sector, Region – and two cross-cutting dimensions: Support and Innovation. The aim is to enable users to navigate easily between the different scales and to combine scientific knowledge, experimental results and field experience. The tool is primarily aimed at advisers, support staff, stakeholders in agricultural sectors and regional development, teachers and learners. In particular, it is designed to help identify levers for action, design diversified systems, support collective initiatives and find educational resources. The tool, developed using Genially, will be hosted on GECO and launched in 2026.
Keywords
Tool design; Knowledge exploration tre; GECO thematic section; Agroecological practices; Empirical and scientific knowledge
Introduction
L’augmentation de la biodiversité gérée (plantes cultivées dans les parcelles agricoles et autour -ex : bandes enherbées et fleuries, haies, bosquet…) et associée (auxiliaires de cultures, macro et microfaune du sol…) est reconnue comme un levier majeur pour améliorer le fonctionnement des agroécosystèmes et les services qu’ils rendent (approvisionnement, régulation, soutien), permettant de s’affranchir des intrants ou de les limiter (Isbell et al., 2017). Au-delà de la réduction des intrants, des systèmes agricoles diversifiés seraient plus à même de rendre une diversité de services pour faire face aux nombreux changements et contraintes auxquels ils sont soumis (changement climatique, pression de bioagresseurs, fluctuations économiques) (Duru et al., 2015 ; Beillouin et al. 2021 ; Tamburini et al. 2020).
Dans cet objectif de diversification des cultures, on peut agir à différentes échelles sur les systèmes agricoles. Une voie d’augmentation de la biodiversité cultivée est (i) la diversification des cultures à l’échelle de la parcelle, i.e. dans l’espace (dans et autour de la parcelle) et dans le temps (au sein d’une succession de cultures réalisée sur une parcelle) (Duru et al., 2015 ; Kremen et Miles, 2012 ; Malézieux et al., 2009). Ces changements peuvent induire (ii) des adaptations à l’échelle de l’exploitation agricole, en termes d’approvisionnement en semences, d’organisation du travail, d’adaptation (Fouillet et al., 2025) ou d’investissement en matériel agricole (ex : trieur pour des mélanges d’espèces, Bedoussac et al., 2022) et de débouchés pour de nouvelles cultures (Colombo et al., 2020). Enfin, (iii) le développement de nouvelles filières à l’échelle du territoire peut être un moteur économique majeur pour favoriser la diversification des cultures dans les territoires agricoles (Weituschat et al., 2023).
La diversification des cultures peut ainsi se réaliser à différentes échelles : parcelle, exploitation agricole, filière et territoire. Sa mise en œuvre implique une diversité d’acteurs : (i) les agriculteurs, qui choisissent et sèment de nouvelles cultures (ou association de cultures) dans leur ferme, (ii) les acteurs de l’amont comme les fournisseurs d’intrants (notamment les semences) et les sélectionneurs qui produisent les semences de cultures de diversification, (iii) les acteurs de l’aval comme les coopératives agricoles qui achètent les récoltes et enfin (iv) les conseillers et la formation agricole qui accompagnent la mise en œuvre de la diversification. Dans certaines situations, les agriculteurs valorisent directement leur production agricole dans des filières courtes, permettant de créer de nouvelles filières. Des acteurs, comme les trieurs à façon peuvent favoriser la pratique des mélanges d’espèces. Des acteurs qui ne sont pas directement du secteur agricole peuvent également avoir un intérêt à l’introduction de nouvelles cultures, qui contribuent à la protection des ressources, comme l’eau, ou la préservation de la biodiversité (pollinisateurs et biodiversité patrimoniale). Enfin, les acteurs du développement des territoires (comme les politiques publiques ou les associations territoriales) peuvent jouer un rôle dans l’incitation et le déploiement des pratiques de diversification (Leclère et al., 2024).
Cependant, il y a encore de nombreux freins à la diversification des cultures impliquant les différentes échelles (de la parcelle au territoire en passant par la ferme) et les acteurs précités (Figure 1, Antier et al., 2021). Ces freins sont spécifiques au contexte de production, interdépendants et se manifestent tout au long des filières agricoles : de l’amont de la production agricole en lien avec l’approvisionnement en intrants (semences, protection phytosanitaire, machinisme), à l’échelle des exploitations agricoles (stabilité des rendements, prise de risque) jusqu’à l’aval (stabilité des marchés, marchés de niche avec des volumes faibles) (Brannan et al. 2023).
En particulier, le manque de connaissances sur les cultures de diversification (dites cultures mineures) et sur leur insertion dans les systèmes de culture est notable (Meynard et al., 2018). Ce constat indique un besoin de références techniques et leur diffusion, mais également d’outils pour aider à concevoir et gérer des systèmes de culture diversifiés.
En effet, la diversification des systèmes de culture est un levier central de gestion agroécologique qui soulève de nombreuses questions pour sa mise en œuvre : quelles espèces cultivées pour quels services ? quels changements ou adaptations des pratiques sont nécessaires ? quelles connaissances sont disponibles et lesquelles restent à produire pour accompagner ces changements ? Au-delà des systèmes de culture, se pose également la question de la coordination nécessaire entre les acteurs afin de favoriser l’émergence et le déploiement des pratiques de diversification dans un territoire.
En France, de nombreux projets de recherche ont été menés sur cette thématique depuis le début des années 2010 : on peut citer l’étude de l’INRAe Freins et leviers à la diversification des cultures qui a permis d’identifier un certain nombre de freins à la diversification et les besoins de connaissances associés (Meynard et al., 2018). A l’échelle nationale, de nombreux projets ou initiatives ont porté sur la diversification, que ce soit des projets CASDAR (ex : ALLIANCE 2024-2017) ou des projets ANR (ex : Légitimes 2014-2018, PPR Mobidiv 2021-2027) portant sur des sujets très variés, tels que l’insertion de légumineuses ou de plantes de service, considérant la diversité intra et/ou interspécifique. A l’échelle européenne, plusieurs projets ont contribué à produire des connaissances et des outils en lien avec la diversification entre 2017 et 2022 : Diverfarming ; DiverIMPACTS ; DIVERSify ; ReMIX ; LEGVALUE ; TRUE et plus récemment le projet IntercropVALUES (2022-2026), qui est en cours de réalisation.
Ces travaux ont permis de produire des acquis qui représentent la plus-value d’un projet scientifique, un message clé, ce qu’un livrable apporte, une avancée face aux verrous ou freins à la diversification. Ils peuvent prendre une multitude de formes : de manière classique, ce sont des connaissances, des outils, mais également des expériences réussies et des facteurs de réussite identifiés. L’objectif de cet article est de présenter la conception et les sorties d’un outil d’exploration des connaissances scientifiques produites, qui vise à partager ces acquis pour faciliter leur diffusion et leur appropriation par les acteurs impliqués dans la diversification des cultures.
Matériel et méthodes
Les grandes étapes de la démarche de la création d’un outil d’exploration des connaissances
Ce travail collectif a été réalisé au sein du Groupe thématique Diversification du GIS Grandes Cultures. Ce groupe de travail est composé d’un panel d’experts impliqués dans la diversification des cultures au sein de structures de recherche (INRAe, CRA Wallonie notamment), de développement (instituts techniques : Arvalis, Terres Inovia, Institut Technique de la Betterave…, Chambres d’agricultures), organismes économiques (Vivescia…) et d’enseignement (AgroParisTech, ENSFEA, ESA…). Ce travail a été plus particulièrement coordonné par un groupe restreint composé de INRAe, ESA, AgroParisTech, Terres Inovia, Chambre d’agriculture des Pays de la Loire et mis en œuvre avec l’appui d’un CDD financé par le GIS Grandes Cultures. Les différentes étapes ayant permis la structuration de l’outil sont décrites dans la Figure 2.
Le projet DiverIMPACTS, à l’initiative de ce besoin de mettre à disposition des connaissances multiples pour soutenir l’action
Le projet européen DiverIMPACTS (2017-2022), coordonné par INRAe, visait à exploiter pleinement le potentiel de diversification des systèmes de culture pour en améliorer la production de services écosystémiques, la productivité agricole, l’efficience dans l’utilisation des ressources, et la contribution à la durabilité des filières (https://www.diverimpacts.net/fr/about/profile-du-projet.html).
Le projet DiverIMPACTS a eu plusieurs objectifs :
- Estimer les performances de la diversification des cultures, en se basant sur un réseau de 10 expérimentations ;
- Fournir aux acteurs des territoires les outils et innovations clés permettant de lever les freins à l'utilisation des bénéfices de la diversification des cultures au niveau des exploitations, des filières et des territoires, en se basant sur 25 cas d’études à travers l’Europe ;
- Faire des recommandations aux décideurs afin de faciliter la coordination de tous les acteurs concernés au sein des filières.
Ce projet a permis de mettre en avant les ingrédients nécessaires à la réussite d’une diversification, à la fois à l’échelle du système de culture (Hellou, s. d.) mais également à d’autres échelles telles que la coordination entre acteurs et les freins à lever à l’échelle des filières, les opportunités de marchés, les soutiens des politiques publiques (Messéan et al. 2021). C’est pourquoi, à l’issue de ce projet et au vu de la diversité des productions réalisées et des échelles travaillées, il a paru nécessaire aux animateurs du GIS Grandes Cultures d’engager une réflexion pour mettre à disposition les connaissances issues des différents projets sur la diversification.
Identification des acquis des projets sur la diversification
Structuration des acquis
L’étude Freins et leviers à la diversification des cultures (Meynard et al., 2018) fournit un panorama des freins à la diversification des cultures sur l’ensemble des maillons des filières agroalimentaires, de la fourniture des semences et intrants à la distribution et au consommateur. Dans le cadre du projet DiverIMPACTS, les freins à la diversification rencontrés par les acteurs des cas d’études ont été analysés et répertoriés (Morel et al., 2020). A l’issue de ce projet, un panel de leviers a été identifié pour répondre à ces verrous, aux différentes échelles du territoire et des chaînes de valeur. Pour chaque barrière, plusieurs solutions ont été identifiées et ont été illustrées par Antier et al. (2021). Plus récemment, 7 catégories d’obstacles ont été identifiées (Dib, Antier et Baret 2024). L’ensemble de ces travaux ont permis d’organiser la compilation d’informations, en ciblant des solutions, leviers documentés, répondant aux différentes catégories de freins.
Pour faciliter l’organisation des données et leur lecture, la compilation des informations a été organisée par catégorie d’acteurs concernés (10 catégories : Conseil, R&D, Collecte, Formation, Exploitation agricole, Agrofourniture, Transformation, Pouvoirs publics, Consommateur, et de manière transversale : Coordination). Ce choix de catégorie s’est basé sur la complémentarité entre les différentes approches.
Compilation des travaux sur la diversification
Un travail spécifique de compilation et de structuration des résultats des différents projets et travaux sur la diversification (échelles, enjeux, acteurs, stratégies de diversification étudiées, …) menés depuis 2013 (année de remise de l’étude Freins et leviers à la diversification des cultures) a permis de consolider une base de données entre janvier 2024 et juillet 2025. Deux séquences de travail au sein du GT Diversification ont permis de recenser les principaux projets et les résultats à valoriser. Ces séquences ont permis de définir collectivement les contours des connaissances mobilisables, nommées « acquis » etdésignant la plus-value d’un projet, un message clé, ce qu’un livrable apporte, une avancée face aux verrous ou freins à la diversification. Il y a dans ce terme une notion de nouveauté et de validation d’un résultat. Une attention particulière a été apportée à l’identification de ces acquis et non à une compilation de livrables issus de projets scientifiques. Ces acquis peuvent prendre la forme de concepts ou bien d’outils opérationnels.
A partir de cette définition, un travail de recensement des travaux et des ressources existantes (à la fois articles scientifiques et littérature grise) a été mené pour identifier les principaux résultats sous forme d’acquis.
Cette base de connaissances a été structurée sous la forme d’un tableur Excel intégrant les catégories d’acteurs mentionnées plus haut ainsi que la coordination entre ces acteurs (soit 10 catégories) : coordination, conseil, R&D, collecte, formation, exploitation agricole, agrofourniture, transformation, pouvoirs publics, consommateurs. Pour chaque catégorie, il a été identifié les freins ou obstacles (définis à partir des travaux de Antier, Morel) et les acquis caractérisés selon les 5 critères suivants :
- Levier / Solution/ Piste de réflexion : identifiés à partir de l’ensemble des travaux
- Détails / Comment faire / A quels enjeux cela répond
- Exemples / Initiatives / Projet(s) associé(s) : nom du projet mais aussi témoignages, retours d’expérience…
- Ressources : liens ou documents opérationnels liés au levier
- Pour aller plus loin : ressources complémentaires
Création de la structure de l’outil d’exploration des connaissances
Co-construction avec les acteurs du GT diversification
De manière à rendre plus lisibles les résultats compilés dans la base de connaissances, un travail de visualisation de données a été engagé.
En cohérence avec des expériences préalables analogues menées notamment dans le cadre de la cellule RIT (Recherche Innovation Transfert), la réflexion a été menée autour de la création d’un arbre d’exploration (Quinio et al. 2021).
Ces arbres d’exploration, présentés sous la forme d’une arborescence visent à :
- Structurer et cartographier des connaissances et une diversité de pratiques sur une thématique donnée,
- Faciliter l’exploration de pratiques contribuant à la transition agroécologique,
- Suggérer une gamme de solutions techniques pour atteindre un objectif donné,
- Partager des techniques exploratoires, en cours d’étude et non seulement validées scientifiquement,
- Identifier les trous de connaissances.
De manière à définir la structure de cet arbre, un travail collectif a été mené avec les acteurs du groupe thématique diversification du GIS Grandes Cultures au travers de 2 séquences :
- Première séquence en avril 2024 pour structurer l’arbre de connaissance avec les 10 catégories d’acteurs et les freins associés sous la forme d’un mind map.
- Deuxième séquence en mars 2025 pour imaginer un mode de représentation. Plusieurs exemples existants ou en cours de création ont été partagés lors de ces séquences de travail : RMT AgroforesterieS et plusieurs Espaces thématiques de l’outil GECO (portail EcoPhytoPIC) : par exemple « S’adapter au changement climatique », pour explorer les différentes formes possibles de représentation des connaissances.
A l’issue de ce travail, l’arbre des connaissances a été structuré de la manière suivante :
- 3 échelles de diversification : parcelle/filière/territoire
- pour chaque échelle, les leviers ont été identifiés ainsi que les ressources correspondantes, en distinguant outils/méthodes, résultats d’essais et exemples de mise en œuvre.
- 2 niveaux transversaux : accompagnement et innovation.
A partir de cette réflexion collective, l’appui financier du GIS Grandes Cultures a permis de travailler avec une graphiste indépendante spécialiste en visualisation de données et déjà expérimentée sur la création d’arbre de connaissances pour proposer et créer un prototype de l’outil, sur la base d’une première ébauche construite à partir des travaux du groupe de travail.
Finalisation et hébergement sur GECO
L’arbre de connaissances est finalisé depuis début 2026 et sera visualisable sur GECO (site collaboratif d’échange, de mise à disposition et de partage de connaissances utiles à l’action autour de la protection intégrée des cultures et de l’agroécologie : geco.ecophytopic.fr) et sur le site internet du GIS Grandes Cultures (https://gis-grandes-cultures.hub.inrae.fr/). Cette mise en ligne s’accompagnera d’un plan de communication auprès des différentes cibles de cet outil (d’ici fin 2026).
Résultats
Une diversité de supports
Le travail de capitalisation a permis d’identifier plus de 300 ressources. De manière à faciliter l’accessibilité à ces ressources disponibles en ligne, elles ont été catégorisées pour intégrer la structure de l’arbre de connaissances. Ainsi, les ressources favorisant la diversification selon les leviers identifiés aux différentes échelles sont au nombre de 229, dont la répartition est présentée dans le Tableau 1.
Tableau 1 : Répartition des ressources selon les leviers identifiés aux différentes échelles
Leviers de diversification | Nombre total de ressources identifiées (et exprimé en %) : | Dont outils et méthodes | Dont résultats d'essais | Dont exemples de mise en œuvre / témoignages |
Échelle Parcelle |
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Comment diversifier les cultures ? | 160 (53 %) |
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Mélanger les variétés | 11 | 5 | 3 | 3 |
Introduire une culture de diversification | 20 | 13 | 2 | 5 |
Associer les cultures dont : | 65 | 43 | 8 | 14 |
associations céréales légumineuses | 17 |
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colza associé | 22 |
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plantes de services | 7 |
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cultures en bandes | 1 |
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prairies multi-espèces et cultures fourragères associées | 5 |
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Conduite des associations | 10 |
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tri des associations | 3 |
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Implanter des cultures intermédiaires | 35 | 27 | 5 | 3 |
Utiliser des couverts permanents ou semi-permanents | 9 | 5 | 4 |
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Pratiquer l’agroforesterie | 4 | 3 |
| 1 |
Combiner les pratiques de diversification | 16 | 8 | 4 | 4 |
Échelle Filière |
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Quels leviers pour pérenniser les filières ? | 49 (16 %) |
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Contractualiser | 8 | 4 |
| 4 |
Se regrouper / mutualiser | 12 | 2 |
| 10 |
Labelliser / certifier | 9 | 5 |
| 4 |
Gérer le risque / assurer | 5 | 4 |
| 1 |
Réglementer / soutenir | 6 | 4 |
| 2 |
Valoriser en circuit court | 9 | 9 |
|
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Échelle Territoire & politiques publiques : |
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Comment diversifier les territoires ? | 20 (7 %) |
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Filières territorialisées | 8 |
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Quelles incitations auprès des décideurs ? | 12 |
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Deux catégories transversales aux échelles, ont été définies pour intégrer le reste des ressources : « ACCOMPAGNER » et « INNOVER ». La catégorie « INNOVER » réunit des leviers existants à certaines échelles (innover dans les pratiques ou créer de nouveaux produits) ou qui s’appliquent à toutes les échelles (ex : mobiliser les processus de créativité). La partie « ACCOMPAGNER » est transversale avec 2 axes : « accompagner les démarches multi-acteurs » et « accompagner une filière » avec des focus sur :
- Animer des démarches de filières territorialisées ou non
- Structurer les démarches de filières territorialisées ou non
- Valoriser en circuit court
- Mobiliser la restauration collective.
Structuration de l’arbre d’exploration des connaissances
De manière à rendre l’accès aux ressources plus lisibles, les données ont été organisées dans un arbre d’exploration comprenant 3 entrées d’échelles (Parcelle/ Filière/ Territoire) et 2 entrées transversales (Figure 3). Cette organisation permet également de montrer explicitement les trois échelles d’action et leur complémentarité possible.
Discussion
Intérêts de l’outil
Une vision complète et transversale de la diversification des cultures
Un intérêt majeur de cet outil est de donner accès via une même plateforme à de nombreuses productions et acquis issus de projets récents sur la diversification des cultures. La structuration en trois niveaux (parcelle, filière, territoire) permet une navigation fluide entre ces échelles, de manière à montrer les spécificités mais également les complémentarités entre ces échelles d’action.
Les informations mises à disposition sont également de nature très différente : l’objectif est à la fois de montrer des acquis qui ont une portée générique (i.e. qui peuvent s’appliquer dans différentes situations) et des connaissances empiriques situées (comme des études de cas ou des témoignages). Ainsi l’exploration de connaissances scientifiques et empiriques permet d’alimenter des processus de conception (Quinio et al., 2022). En effet, des travaux montrent un réel intérêt d’articuler ces différentes formes de connaissances pour la conception de systèmes agroécologiques (Girard et Magda, 2020 ; Ouattara et al., 2023), les connaissances empiriques étant complémentaires des connaissances scientifiques (Prost et al., 2018).
Des publics cibles variés
Le périmètre de la diversification couvre un panel large de connaissances et compétences. Les travaux menés dans le cadre du projet DiverIMPACTS ont permis d’identifier les compétences, connaissances et attitudes nécessaires pour accompagner les processus de diversification (Baccar, 2021).
Elles visent en particulier à (i) comprendre les stratégies et les systèmes de diversification ainsi que la dynamique de changement dans les pratiques agricoles, (ii) concevoir des systèmes diversifiés dans des contextes complexes et incertains ou encore (iii) agir dans différents contextes sociotechniques et avoir un impact sur eux.
Ainsi, le public auquel s’adresse cet outil est large. Il s’agit prioritairement des accompagnateurs de la diversification, quelle que soit l’échelle concernée ou le type d’organisme. On vise ainsi des conseillers et accompagnateurs en agronomie mais aussi des acteurs contribuant à la structuration de filières ou au développement territorial, et également des enseignants et apprenants dans ces différents domaines. Les usages attendus sont très variés, allant de la prospection de pratiques innovantes pour orienter le conseil auprès des agriculteurs.trices jusqu’à la recherche de ressources pédagogiques pour construire des enseignements ou formations (pour la formation initiale ou continue) en passant par l’identification de ressources méthodologiques transversales pour l’accompagnement et la conception par des acteurs du développement agricole et territorial.
Limites de l’outil
Une masse importante d'informations
Malgré tout le soin apporté à la lisibilité des informations, la quantité d’informations disponible reste tout de même importante (plus de 300 ressources disponibles) avec des leviers pour lesquels le nombre de ressources est important (reflétant ainsi l’importance des travaux de recherche de ces dernières années). Plus de 50% des ressources recensées concerne ainsi l’échelle de la parcelle (160 ressources) avec un focus particulier sur les mélanges d’espèces (65 ressources). La diversité des formats, des titres précis et parlants permet d’éviter de « perdre » l’utilisateur dans des informations inutiles ; tout en mettant en avant l’intérêt de l’approche multi-échelle et de pouvoir facilement naviguer vers des informations complémentaires via l’interface Genially.
Validité des données
Les données issues des projets de recherche et qui ont été publiées dans des journaux scientifiques ont été validées par le processus classique de revue par les pairs. Les données qui ne sont pas passées par ce processus de validation peuvent être considérées comme des acquis sous certaines conditions (répétitions dans différentes situations, recoupement entre différentes sources). Enfin des données spécifiques (témoignages d’acteurs, étude de cas) ont une valeur d’exemple qui peuvent inspirer des utilisateurs qui se retrouveraient dans la situation décrite.
Mise à jour de l’outil
Un des défis de la pérennité de cet outil est son actualisation. En effet, vu le périmètre et les avancées dans les différents fronts de recherche sur la diversification, de nouvelles connaissances et ressources seront disponibles et devront alimenter l’outil. Cependant, la question des moyens disponibles pour cette maintenance mais aussi du processus de validation des nouveaux outils / ressources disponibles se pose. Il est d’ores et déjà prévu un espace de contribution au sein de l’outil (via une adresse mail).
D’un point de vue pratique, l’ajout de nouvelles ressources a été prévu et facilité via un tableur en ligne connecté à l’outil Genially. La fréquence et le processus d’actualisation sont encore à valider au sein du Groupe Thématique Diversification du GIS Grandes Cultures.
Perspectives
Hébergement sur GECO
La plateforme GECO (https://geco.ecophytopic.fr/) fournit des connaissances utiles, synthétiques et évolutives aux conseillers, ingénieurs réseau, agriculteurs et plus largement à l’ensemble des acteurs concernés par la conception et l’accompagnement vers des systèmes de culture économes et multiperformants.
Elle comprend maintenant un ensemble d’espaces thématiques sur des sujets transversaux (s’adapter au changement climatique, tendre vers l’autonomie azotée, reconnecter élevage et végétal, mobiliser les plantes de services, améliorer le bien-être des animaux en élevage, contribuer à l’autonomie fourragère et protéique en élevage de ruminants). Ces espaces permettent de structurer les connaissances et d’identifier des ressources clés. De manière à améliorer la visibilité et l’accessibilité de l’outil créé, il est hébergé sur cette plateforme.
Diffusion de l’outil
L’outil en ligne doit être finalisé courant 2026. Sa diffusion large doit être ensuite organisée via différents canaux de manière à toucher les différents publics cibles. Un plan de communication est en cours d’élaboration : webinaire, communication dans les réseaux des partenaires du GIS Grandes Cultures, réseaux sociaux…
Remerciements
Les auteurs remercient le GIS « Grandes Cultures » et le groupe de travail « Diversification » pour les échanges riches et constructifs qui ont nourri les réflexions pour la construction de l’outil.
Références bibliographiques
Références bibliographiques
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