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Débat Agronomique 2025 : Diversification & Agronomie

Comment accélérer cette transition ? Quel rôle de l’Agronomie? Quels impacts pour les Agronomes ?

Contexte

La spécialisation des systèmes agricoles est en route depuis les années 60. L'agriculture française s’est progressivement spécialisée en termes d’ateliers de production et d'espèces cultivées, et cela dans un but d'accroître l'efficacité économique des systèmes agri-alimentaires.

Cette phase de modernisation [que l’agronomie a accompagnée] a permis d’atteindre les objectifs de « production » de l’époque mais a aussi engendré des impacts négatifs sur la santé des écosystèmes et des Hommes. Or aujourd’hui une transition vers des systèmes fondés sur la biodiversité et reposant davantage sur des services écosystémiques est une voie majeure pour atteindre l'équilibre entre production, préservation de l'environnement et de la santé humaine.

Pour atteindre de tels systèmes, la diversification des systèmes de culture est une voie majeure, car elle permet d’accroître la biodiversité au sein des champs, fournit de nombreux services écosystémiques et contribue à boucler les cycles des nutriments, tout en permettant de remplacer les intrants chimiques.

Cependant, malgré ces bénéfices et les objectifs politiques affichés, la spécialisation est toujours à l’œuvre. La raison en est l’existence de nombreux freins interconnectés, non seulement techniques mais aussi organisationnels et institutionnels (politiques agricoles, réglementation, recherche, éducation, etc). Ce « verrouillage » ne pourra être surmonté que par une transformation profonde du système sociotechnique.

Dans ce contexte où les enjeux dépassent le cadre de la parcelle, du système de culture et de l’exploitation agricole, et où les freins institutionnels sont prégnants, l’Association Française d’Agronomie se pose la question du rôle de l’agronomie :

Les agronomes doivent-ils élargir encore leurs objets d’étude et d’action, à l’échelle des filières et des territoires et jusqu’au système sociotechnique ? Comment peuvent-ils contribuer aux transformations institutionnelles indispensables ?  Quelles en sont les implications pour notre discipline et nos pratiques ?

Le débat agronomique 2025 se propose d’aborder ces problématiques, en s’appuyant sur les nombreux travaux existants sur le sujet de la « diversification », et mettant en exergue la nécessité de revoir en profondeur les systèmes de production actuels ainsi que le régime sociotechnique qui les gouvernent.  Plus que la diversification vue du point de vue agronomique, il s’agira d’aborder les enjeux qu’elle représente pour la recherche, le développement et la formation en agronomie, en termes de posture, d’objets de travail, de méthodes et de pratiques.

Programme des interventions

Après un cadrage des enseignements des travaux sur la diversification et le témoignage d’agriculteurs (succès/échec), le débat a pris la forme d’une table ronde rassemblant acteurs des filières (amont/aval), chercheurs, conseillers, formateurs et politiques :

OUVERTURE du débat : 

Adeline Michel, Présidente de l’Association Française d’Agronomie

CADRAGE DU DEBAT :

La recherche sur la diversification : quelles implications pour l'agronomie ? Marie-Helène Jeuffroy, directrice de recherche à INRAE

TEMOIGNAGES : 

2 exemples de trajectoires de diversification : quels impacts dans le raisonnement agronomique?

-Adapter son système pour introduire de nouvelles cultures, avec Quentin Delachapelle, polyculteur céréalier et plantes aromatiques (Marne) 

- Le développement collectif d’une filière chanvre locale, et l’impact dans le système de culture, avec Rinaldi Hubert, producteur de chanvre (Deux sèvres) et responsable de la coopérative Chanvre Mellois 

TABLE RONDE ET DEBAT GENERAL 

Diversification : quels enjeux pour l’Agronomie? Pour la recherche, le développement, l’enseignement et les politiques publiques? 

-Mireille Navarrete, directrice de recherche en agronomie, INRAE-UMR Ecodéveloppement 

-Léo Berte, chef de service protection de la ressource à Chartres Métropole 

-Mathias Sexe, directeur Agronomie, Groupe EMC2, coopérative agricole dans le Grand-Est 

-Aline Vandewalle, consultante innovation et végétal, Chambre d'agriculture des Pays de la Loire 

-Philippe Cousinié, animateur Réso'Them transition agroécologique de l'enseignement agricole, DGER

Merci à Antoine Messéan (AFA), à Marie-Hélène Jeuffroy (INRAE), à Marion Delesalle (AgroTransfert) et Marianne Lebail (AFA) pour l'organisation, le cadrage, et l'animation ce débat !