Résumé

L’agroécologie repose en premier lieu sur la promotion de la biodiversité dans les agroécosystèmes pour faire face à de multiples défis. Massifier son développement est cependant difficile car passer des principes aux pratiques suppose de tenir compte des spécificités des situations (sol, climat, histoire culturale) et de définir une trajectoire pour combiner de manière cohérente sur le temps long l’accroissement de la biodiversité dans les cultures, les sols et les paysages, et l’utilisation de plus en plus parcimonieuse d’intrants d’origine fossile. Le concept de régénération des écosystèmes cultivés permet de définir cette trajectoire de développement des services écosystémiques et de réduction progressive des intrants, et ainsi de trouver un écho auprès d’une grande diversité d’acteurs. Après avoir rappelé les processus écologiques sous-jacents à la fourniture de services écosystémiques pouvant remplacer des intrants, nous formulons les bases d’une stratégie de régénération des agroécosystèmes dégradés et/ou simplifiés, ou reposant sur une utilisation d’intrants excessive non compatible avec les objectifs des politiques publiques. Pour ces cas de figures, elle repose, après diagnostic précis de l’agroécosystème, sur le remplacement progressif des apports directs (carburants) et indirects (engrais et pesticides de synthèse) en énergie fossile, par l’énergie de la photosynthèse, directement et indirectement, ainsi que sur des interventions humaines favorables à la biodiversité fonctionnelle bénéfique.

Mots clefs : agriculture biologique ; agriculture de conservation des sols ; biodiversité ; potentiel redox ; santé du sol ; services écosystémiques ; transition agroécologique