Le Programme National Nutrition Santé : une feuille de route pour l’agriculture française ?
Philippe Pointereau*
*Agronome, membre fondateur de Solagro et Président de la Fondation Terre de Liens
Contact auteur : Phil.pointereau@gmail.com
Résumé
Mis en place en 2000 et revisité quatre fois, le Programme National Nutrition Santé (PNNS) ambitionne d’améliorer la santé de la population française en proposant notamment des recommandations nutritionnelles. Au-delà de la bonne santé de la population, la montée continue des maladies chroniques (diabète de type 2, cancers et maladies cardio-vasculaires) dont le coût est intégralement pris en charge par l’Assurance Maladie au titre des Affections de Longue Durée (ALD), représente un enjeu économique. Les objectifs du PNNS sont clairs : consommer plus de produits végétaux, notamment plus de céréales complètes, des légumineuses, des fruits et des légumes mais en privilégiant ceux contenant moins ou pas de résidus de pesticides, moins de viandes rouges et charcuterie, moins de produits laitiers, moins de produits dits ultra-transformés. Ces objectifs interpellent l’agriculture et ses pratiques en vue de rechercher une meilleure adéquation entre la production agricole et les besoins d’une alimentation durable dans le cadre d’une plus grande souveraineté alimentaire. Une réorientation de l’agriculture et de ses pratiques permettrait ainsi de mieux répondre à la demande alimentaire tout en ayant des effets positifs sur le plan de la santé publique et de l’environnement.
Mots clefs : Agriculture, alimentation, santé, nutrition, maladies chroniques, souveraineté alimentaire
Abstract
Introduced in 2000 and revised four times, the French Health Nutrition Program aims to improve the health of the French population, in particular by proposing nutritional recommendations. Over and above the population's good health, the steady rise in chronic diseases (type 2 diabetes, cancer and cardiovascular disease), the cost of which is fully covered by the Assurance Maladie under the Long Term Illness scheme, also raises economic issues. The objectives of the Program are clear: consume more plant-based products, in particular more wholegrain cereals, pulses, fruit and vegetables, with a preference for those containing less or no pesticide residues, less red and cold meats, fewer dairy products, and fewer so-called ultra-processed products. These objectives challenge agricultural practices, in order to achieve a better match between agricultural production and the needs of a sustainable food supply, within a framework of greater food sovereignty. A reorientation of agriculture and of its practices would thus enable us to better meet food demand, while having positive effects on public health and the environment.
Keywords: Agriculture, food, health, nutrition, chronic diseases, food sovereignty
Introduction
Lancé en 2001, le Programme National Nutrition Santé (PNNS) a pour objectif l'amélioration de la santé de la population par la nutrition (alimentation et activité physique). La nutrition est en effet reconnue comme un déterminant majeur de notre santé intervenant dans le risque ou la protection de nombreuses maladies chroniques (obésité, maladies cardiovasculaires, cancers[1], diabète[2],…). En 2021, la France a compté 433 000 nouveaux cas de cancers et 3,8 millions de personnes vivant en France souffrent de cancers diagnostiqués ; 145 000 cas nouveaux de diabète de type 2, avec à minima 4,2 millions de diabétiques diagnostiqués ; 5,3 millions de personnes sont atteintes d’une maladie cardio-vasculaire et 8,5 millions sont à risque. L’incidence du cancer a augmenté de 18% entre 2003 et 2017 chez les moins de 19 ans et celle de diabète de 4% par an chez les enfants. Ainsi, les dépenses de ces trois affections longue durée (ALD) sont passées de 52,7 milliards d’€ en 2020 à 57,7 milliards d’€ en 2021. Ces dépenses sont prises en charges intégralement par l’Assurance Maladie.
Porté par le Ministère de la santé et Santé Publique France[3], le PNNS s’appuie sur des recommandations nutritionnelles qui sont fondées sur le socle scientifique de l’ANSES et l’expertise du Haut Conseil à la Santé Publique[4]. A partir de ces recommandations, Santé publique France met en place des messages nutritionnels pour le grand public et promeut le Nutri-Score[5]. Sa mise en œuvre fait l’objet d’un suivi par l’observatoire de l’alimentation Oquali[6]. C’est un programme quinquennal gouvernemental et son 4ème cycle (2019-2024) a été reconduit pour une année supplémentaire jusqu'à fin 2025.
Le PNNS 4 est axé sur la promotion d'une nutrition satisfaisante pour tous avec un accent particulier pour les populations défavorisées et à moindre niveau d'éducation. Il s'inscrit dans les orientations du plan national de santé publique du gouvernement et notamment le plan Priorité prévention mis en place en 2018 avec l’objectif de « rester en bonne santé tout au long de sa vie ».
L'alimentation et l'activité physique sont soumises à des influences contradictoires où les environnements dans lesquels vivent les individus conditionnent leurs choix. Une alimentation favorable à la santé prend en compte la culture alimentaire, le goût, le plaisir et la convivialité.
Le PNNS repose sur le fait que les facteurs nutritionnels sont des déterminants des maladies chroniques qui sont des pathologies multifactorielles ; et qu’il est possible d'agir sur ces facteurs au niveau individuel et sociétal. Un des enjeux est qu’il est souvent difficile pour les individus d'appréhender le lien entre les habitudes nutritionnelles et la survenue des maladies chroniques (obésité, maladies cardiovasculaires, cancers, diabète de type 2 ou dénutrition).
Le PNNS ambitionne de diminuer de 15% la prévalence de l’obésité chez les adultes et de 20% chez les enfants et les adolescents sur une période de cinq années. Il vise à encourager les comportements alimentaires favorables à la santé, cible plus particulièrement les personnes en surpoids, dénutries ou atteintes de maladies chroniques et cherche à orienter l’ensemble des politiques publiques.
En résumé, le PNNS privilégie la prévention et entend répondre au défi de la précarité alimentaire.
Les recommandations nutritionnelles du PNSS
Parmi les dix objectifs phares du PNNS 4, on retiendra la promotion de nouvelles recommandations nutritionnelles (cf tableau 1) visant notamment à réduire les quantités de sel, sucres, et gras consommées et à augmenter les fibres.
Parmi ces recommandations, on retiendra notamment :
- La baisse d’un tiers de la consommation de produits laitiers ;
- La baisse de la consommation de viande rouge et de charcuterie même si aucune « valeur objectif » n’est donnée, si ce n’est des consommations à ne pas dépasser ;
- La consommation d’au moins deux portions de légumes secs par semaine ;
- La consommation quotidienne d'une portion de fruits à coques (amandes, noix, noisettes, …) ;
- La consommation d’aliments cultivés selon des modes de production diminuant l’exposition aux pesticides, en particulier le bio.
Tableau 1 : Evolution des principales recommandations et repères pour adultes de différentes versions du PNNS émises par le HCSP
Recommandations PNNS1 à 3 | Recommandations PNNS4 |
Eviter les consommations excessives de matières grasses ajoutées, limiter la consommation de produits sucrés et réduire la consommation de sel[7] | |
Consommer au moins 5 portions de fruits et légumes par jour (soit 450g) | |
Consommer 3 produits laitiers (lait, yaourt, fromage) par jour | Consommer 2 produits laitiers par jour |
Consommer 1 à 2 portions de viande, œufs et pêche par jour
| Limiter la consommation de viande rouge (500 g/semaine) et la charcuterie (150 g/semaine). Poisson au moins 2 fois par semaine |
| Consommer des légumineuses (au moins 2 fois par semaine) et une poignée de fruits à coque |
Repères transversaux | Repères transversaux |
| Interrompre la croissance de la consommation des produits ultra-transformés[8] |
| Augmenter la consommation de produits BIO dans la population de sorte que : |
| Privilégier des aliments cultivés selon des modes de production diminuant l’exposition aux pesticides pour les fruits et légumes, les légumes secs, les produits céréaliers complets |
Les objectifs sont clairs : consommer plus de produits végétaux, notamment plus de céréales complètes, des légumineuses, des fruits et des légumes mais en privilégiant ceux contenant moins ou pas de résidus de pesticides, moins de viandes rouges et charcuterie, moins de produits laitiers, moins de produits dits ultra-transformés[9]. Le PNNS4 recommande d’augmenter la consommation de produits biologiques dans la population de sorte que 100% de la population consomment au moins 20% de leurs consommations de fruits et légumes, produits céréaliers et légumineuses issues de produits biologiques par semaine. Il recommande aussi la consommation de fruits à coque sans sel ajouté, de produits céréaliers complets et peu raffinés et de privilégier l’utilisation de produits bruts.
Réduire notre consommation de protéines animales n’est pas en soi un problème dans la mesure où l’OMS -dit que nous en consommons en moyenne 1,7 fois trop et que la France figure parmi les plus gros consommateurs de protéines et notamment de protéines animales au monde (source FAO[10]). La France disposait en 2013 de 110,5 g de protéines par habitant dont 69 g de protéines animales soit 62%. Cependant en ne fixant pas une baisse de la consommation totale de viande de boucherie[11] et de volailles, le PNNS 4 est encore loin d’intégrer l’objectif environnemental de réduction des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES). Il en est de même de la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat[12] (SNANC) qui a été mise en débat public le 4 avril 2025.
Au-delà des objectifs du PNNS de réduire la consommation de viandes rouges et de charcuterie, et d’augmenter la consommation de fruits et légumes non contaminés par les pesticides, des recherches menées sur les gros consommateurs de produits biologiques éclairent l’angle environnemental des régimes alimentaires. Ainsi, Le programme de recherche BioNutriNet[13] porté par l’équipe EREN de l’Inrae a ainsi montré que les émissions de GES à l’échelle de de la ferme étaient en moyenne abaissées de 38%, soit 1,2 teqCO2/an, pour les grands consommateurs de produits bio (versus 1,9 teqCO2/an[14] pour un consommateur consommant peu de bio). Ce résultat est essentiellement dû au fait que les premiers consomment environ 40% de moins de viandes et de produits laitiers. Ainsi suivre les recommandations du PNNS4 (moins de viande et plus de bio) est aussi favorable à la réduction des émissions de GES.
La question de la dégradation des stocks mondiaux de poissons n’est pas non plus abordée dans les recommandations nutritionnelles. En effet, la France importe plus de deux tiers de sa consommation en produits marins et consomme deux fois plus de poisson que la moyenne mondiale. En 2020, son déficit était de 1,5 millions de tonnes. C’est autant de protéines qui font défaut à des pays du Sud qui en ont plus besoin que nous[15]. Les produits de la pêche représentent en France 13 % des apports en protéines animales. Si l’on devait substituer ces protéines importées sous forme de poissons par des protéines issues de viandes et de produits laitiers cela représenterait l’équivalent de 2,1 millions d’ha (Pointereau, 2024). Les poissons gras ont bien sûr le mérite d'apporter des acides gras oméga-3 à longue chaine et de la vitamine D.
Quelle atteinte des objectifs du PNNS ?
Les résultats de la mise en place de ces programmes ont pu être évalués en comparant deux enquêtes populationnelles dédiées réalisées avec la même méthodologie par Santé Publique France : l’étude nationale nutrition santé (ENNS) de 2006-2007 et l’enquête Esteban de 2014-2016. Le constat est que la situation ne s’est guère améliorée durant cette période mais sans pour autant se dégrader. La consommation de fruits, légumes et de fibres est toujours insuffisante et les consommations de sel et d’acides gras saturés toujours trop élevées. Au cours des dernières décennies, on a donc observé une évolution de notre alimentation défavorable à notre santé.
Les facteurs favorables (par ex : consommation de fruits et légumes qui apportent des fibres, des antioxydants, etc.) se sont réduits, ou ont augmenté insuffisamment pour atteindre les recommandations.
Concernant le cas des omega-3, DHA et EPA apportés principalement par les poissons[16], la consommation actuelle pour un adulte (238 mg/j) se situe bien en dessous de l’apport nutritionnel conseillé (ANC) de 500 mg/j (ANSES, 2015). Mais cela débouche sur des injonctions contradictoires : consommer plus de poisson pour satisfaire ses besoins nutritionnels en DHA et EPA, consommer moins de poissons pour en laisser à des populations qui en ont plus besoin.
Les consommations de sucres, de plats préparés riches en sucres et en acides gras saturés (« calories vides ») ont augmenté de manière importante. Le rapport omega6/omega3 est toujours trop élevé par rapport aux recommandations (10 au lieu de 4). La consommation de viande, même si elle a légèrement baissé, est considérée comme trop élevée pour une partie des consommateurs.
La consommation de viande de boucherie (hors volaille et hors plats cuisinés) a été estimée à 348g par semaine pour un adulte en 2006 (INCA2) et celle de charcuterie à 240 g par semaine. La situation en 2015 (INCA3) montre une légère baisse : 331 g de viande (-5%) et 191 g pour la charcuterie (-20%). Si la consommation moyenne de charcuterie reste toujours bien au-dessus de la recommandation de 150 g par semaine, la consommation moyenne de viande est en deçà de la recommandation de 500g par semaine. Toutefois la répartition de la consommation est inégale et près de 30 % des hommes ont une consommation supérieure au repère du PNNS1 « consommer une à deux fois par jour une viande, un produit de la pêche, ou des œufs ».
L’objectif de 20% de consommation de produits végétaux en bio est aussi bien loin d’être atteint. La part de la consommation alimentaire exprimée en euros était en 2023 de 5,7% selon l’Agence Bio.
Ces mauvais résultats concernant notre consommation alimentaire expliquent en partie la montée continuelle de l’incidence des maladies chroniques quelles que soient les tranches d’âge entraînant une augmentation des dépenses de l’assurance maladie.
Une agriculture qui réponde favorablement à une alimentation durable
Le PNNS trace des objectifs pour notre agriculture en précisant d’un côté les aliments à privilégier et donc les productions à prioriser, et de l’autre côté les modalités de production (comme réduire l’utilisation des pesticides). En pointant la nécessaire amélioration du rapport oméga 3/Oméga 6, il suggère un changement de pratiques, par exemple privilégier du lait produit à l’herbe plutôt qu’au maïs ensilage, car le premier contient proportionnellement plus d’oméga 3.
Le PNNS est cohérent avec la loi Egalim[17] visant à promouvoir les produits biologiques et de qualité (label rouge et AOP) dans la restauration collective avec un minimum de 20% pour les premiers et de 50% pour les seconds d’ici 1er janvier 2022. La loi inclut aussi depuis le 1er janvier 2023 une option végétarienne quotidienne dans les cantines sous la responsabilité de l’Etat. Ces objectifs ont été étendus à la restauration collective privée au 1er janvier 2024.
En suivant les orientations du PNNS et d’Egalim, compte tenu de la structure de la population française et des attendus de consommation, l’agriculture française devrait produire plus de fruits et légumes, plus de fruits à coque, plus de légumineuses aujourd’hui majoritairement importés (cf tableau 2), moins de porcs, de viande bovine, de produits laitiers et de sucre.
Tableau 2 : Principaux produits agricoles importés exprimés en ha, moyenne 2010-2016
(source Pointereau, 2022)
Produits | Importations brutes en ha | Remarques |
Viande ovine | 464 000 |
|
Riz | 108 000 | Surface de production difficilement extensible en France |
Soja | 1 347 000 | Majoritairement utilisé dans les élevages de porcs et de volailles |
Haricots secs | 22 000 |
|
Lentilles | 15 000 |
|
Olives | 262 000 | Y compris huile d’olive |
Palme | 109 000 | Produit tropical impossible à produire en France métropolitaine. Envisager une baisse de consommation ou une substitution par d’autres aliments |
Coco | 68 000 | Idem |
Arachide | 228 000 | Idem |
Cacao | 1 157 000 | Idem |
Café | 203 000 | Idem |
Thé | 13 000 | Idem |
Epices | 81 000 | Idem |
Fruits | 540 000 | Orange, mandarine, citron, banane, noisette, amande, avocat, ananas, raisin de table, mangue |
Légumes | 138 000 | Tomate, courgette, aubergine |
Elle devrait aussi privilégier les produits sous label et particulièrement les productions en bio[18] , la production locale et aussi les circuits courts garantissant généralement l’accès à des produits frais non ou peu transformés. Les productions laitières AOP sont aussi à soutenir puisque mettant en avant largement le pâturage et le foin favorables aux omégas 3. Il faut toutefois noter le besoin en main d’œuvre agricole ainsi engendré pour les secteurs en tension que sont les fruits et le maraichage, de plus soumis à la concurrence internationale notamment d’Espagne et du Maroc.
Ceci est d’ailleurs bien intégré dans la nouvelle loi d’orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations du 24 mars 2025[19] : « en maintenant et en développant ses systèmes de production et ses filières nationales de production, … en promouvant la souveraineté en fruits et légumes, … en encourageant l'ancrage territorial de la production y compris par la promotion de circuits courts … en favorisant l’agriculture biologique pour atteindre 21% des surfaces en 2030 »
Conclusion
Les politiques agricoles et alimentaires doivent prioritairement s’intéresser à la précarité alimentaire. D’après une récente étude du Crédoc[20], 16 % des Français ne mangent pas à leur faim, soit plus de 11 millions de personnes. Ainsi l’étude BioNutriNet avait pointé que le coût journalier de l’alimentation était de 1,7€ plus élevé pour les « grands consommateurs de produits bio » que les « consommateurs « conventionnels », les premiers ayant une meilleure adéquation aux recommandations nutritionnelles du PNNS4. Pour pallier à cet écart et donner à tous l’accès à une alimentation de qualité, différentes politiques sont actuellement testées : restauration collective, sécurité sociale de l’alimentation, épiceries solidaires, ordonnance verte[21].
Mais l’agriculture et le système alimentaire doivent aussi s’adapter à cette nouvelle feuille de route alimentaire afin d’éviter aux consommateurs de payer quatre fois le prix de l’aliment : une fois pour l’acheter, une fois pour soutenir les producteurs via la PAC et d’autres soutiens publics, une autre fois pour payer des coûts de pollution engendrés comme celui concernant les traitements par charbon actif de notre eau potable, et une quatrième fois avec les coûts de santé induits et payés par l’Assurance Maladie.
L’engagement des consommateurs pour améliorer leur santé n’est pas suffisant. L’Etat principalement, et les collectivités et les entreprises agro-alimentaires doivent mettre les moyens pour appliquer enfin les recommandations du PNNS et demain celles de la SNANC si cette dernière se fixe des objectifs clairs.
En ce qui concerne l’agriculture, différentes mesures sont possibles : un soutien plus élevé aux filières végétales déficitaires comme les fruits et légumes, les fruits à coque et les légumineuses, la généralisation des paiements pour services environnementaux favorables aux pratiques agroécologiques, la refonte des écorégimes avec un soutien plus important à l’agriculture biologique, une redevance plus importante pour les pesticides et l’interdiction des pesticides les plus contaminants, une taxation de l’azote chimique.
En ce qui concerne l’alimentation, plusieurs mesures seraient favorables, comme un accompagnement renforcé des projets alimentaires territorialisés (PAT), un taux de TVA réduit pour les produits bio, les fruits et légumes, ou les produits locaux[22] (dans le sens d’une distance la plus proche entre le lieu de production et de consommation) et bio dans la restauration collective, la mise en place d’une sécurité sociale de l’alimentation[23].
L’agriculture doit dorénavant se penser au niveau des systèmes alimentaires et pas seulement au niveau des systèmes agricoles. Il en va aussi de notre souveraineté alimentaire.
[1] L’ANSES estime à environ 1/3 la proportion des cancers les plus communs qui pourraient être évités grâce à la prévention nutritionnelle. Parmi les facteurs aggravants : les boissons alcoolisées, le surpoids, les viandes rouges, le sel et les aliments salés. A l’inverse, la consommation de fruits et légumes contribue à la diminution du risque de cancer
[2]Le principal facteur de risque de diabète de type 2 n’est pas génétique : il tient au mode de vie. Indépendamment de son patrimoine génétique, tout individu peut développer un diabète de type 2 si son alimentation est déséquilibrée et s’il est durablement sédentaire. Une alimentation trop grasse et trop sucrée, combinée à l’absence d’exercice physique régulier, mène au surpoids et à l’obésité qui constitue un facteur majeur de risque de diabète (Inserm, 2025)
sante.gouv.fr/IMG/pdf/pnns4_2019-2023.pdf
[4] Le HCSP a notamment pour mission de « contribuer à la définition des objectifs pluriannuels de santé publique, d’évaluer la réalisation des objectifs nationaux de santé publique et de contribuer au suivi annuel ». Ces objectifs nutritionnels structurent les orientations stratégiques et servent de base pour définir les actions du PNNS. L’ensemble des actions du PNNS contribuent à l’atteinte de ces objectifs.
Le Nutri-Score, adopté le 31 octobre 2017, est un outil de santé publique essentiel donné aux consommateurs pour mieux choisir ses aliments et lutter contre la croissance des maladies non transmissibles. Il s'appuie sur de nombreux travaux scientifiques. Il permet de comparer différents produits entre eux destinés à un même usage par exemple entre des aliments destinés à être consommés au petit déjeuner ou en dessert, ou entre différents types de céréales petit déjeuner, différentes matières grasses ajoutées ou différents plats cuisinés. Il ne peut couvrir toutes les dimensions santé des aliments et d'autres informations sont donc nécessaire pour le compléter comme le classement en produits ultra-transformés ou produits selon le cahier des charges AB. www.santepubliquefrance.fr/determinants-de-sante/nutrition-et-activite-physique/articles/nutri-score
www.oqali.fr/publications-oqali/suivi-du-nutri-score/
[7] 100% des adultes consomment moins de 10g de sel par jour
[8]Réduire la consommation de ces produits de 20% sur la période entre 2018 et 2021 selon la classification NOVA (source PNNS4)
[9] Voir à ce sujet l’avis de l’ANSES de 2024 relatif à la caractérisation et évaluation des impacts sur la santé de la consommation d’aliments dits ultra-transformés
[10] La disponibilité moyenne en protéines au niveau mondial est évaluée à 81 g/j/hab dont 32 g de protéines végétales et 49 g de protéines animales. En 2013, sur l’ensemble des pays du monde, la France est 13e consommatrice de protéines avec une disponibilité de 110,5 g/j/hab, juste devant les Etats-Unis (109,5 g/j/hab) mais bien au-dessus de la moyenne mondiale.
[11] Viandes rouges et porcs
[14] Cette valeur est à comparer aux 1,9 teqCO2 de « quota CO2 » dont nous pourrions disposer en 2050 (valeur obtenue par une division par 4 des émissions de la France en 1990 évaluées à 547 Mt teqCO 3 à répartir entre la population de la France estimée à 71 millions d’habitants.
[15] En Afrique, 22% des protéines animales disponibles viennent des produits de la mer et des eaux douces et plus de 50% dans certains pays africains, en particulier en Afrique de l’Ouest. Pourtant, c’est dans ce continent que la consommation de poisson par habitant est la plus faible au monde, pour se situer à moins de 10 kg/an. Elle est particulièrement faible en Afrique de l’Est (5 kg/an). La pêche illégale, non déclarée et non réglementée, et la surexploitation des stocks de poissons par des industries de farine et d’huile laissent dans leur sillage de lourdes conséquences pour les populations locales, qu’elles privent de l’une de leurs plus importantes sources de protéines et de revenus au profit du système alimentaire européen et asiatique.
[16] Les aliments les plus riches en EPA sont l’huile de poisson, le foie de morue et certains poissons (hareng et saumon fumés, œufs de poisson, sardine, maquereau).
[17]« Au plus tard le 1er janvier 2022, les repas servis dans les restaurants collectifs dont les personnes morales de droit public ont la charge comprennent une part au moins égale, en valeur, à 50 % de produits de qualité et durables dont 20% issus de l'agriculture biologique ou en conversion avec un repas végétarien hebdomadaire. Les gestionnaires des restaurants collectifs dont les personnes morales mentionnées aux articles L. 230-5-1 et L. 230-5-2 ont la charge servant plus de deux cents couverts par jour en moyenne sur l'année sont tenus de présenter à leurs structures dirigeantes un plan pluriannuel de diversification de protéines incluant des alternatives à base de protéines végétales dans les repas qu'ils proposent ».
[18] Selon les plans de contrôle officiels conduits par la DGCCRF, plus 95% des produits bio contrôlés ne contiennent pas de résidus de pesticides et selon le dernier rapport de l’EFSA, 88 % des produits bio sont exempts de résidus de pesticides quantifiables (source Agence bio)
www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000051368091
www.credoc.fr/publications/la-debrouille-des-personnes-qui-ne-mangent-pas-toujours-a-leur-faim
[21] L’ordonnance verte est un dispositif destiné à environ 1 500 femmes testé à Strasbourg depuis 2023 est comprend notamment la mise à disposition gratuite d'un panier de légumes issus de l'agriculture biologique et de circuit court, chaque semaine (pour une durée de 2 à 7 mois, selon vos revenus).
[22] La notion de produit alimentaire local n’est pas définie en tant que telle dans le droit français. Elle est attachée à l’acte de consommation du produit ainsi qu’à la ou aux étapes de sa production qui doivent avoir lieu à une distance géographique considérée comme raisonnable par le consommateur. Cette distance est subjective et dépend du produit consommé, selon que la production est possible ou non à proximité du lieu de consommation, des éventuelles étapes de transformation et, partant, du lieu de production des matières premières, éventuellement, du lieu de production des intrants.
[23] Voir pour cela les nombreuses initiatives en cours à Montpellier, Bordeaux ou Toulouse
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