Résumé

Les îles du Pacifique Sud sont parmi les territoires les plus exposés au changement climatique : les impacts sont multiples et cette exposition renforce la « culture du risque » des populations insulaires. En Polynésie française, une enquête ethnographique auprès d’agriculteurs de la presqu’île de Tahiti met en évidence le rôle central des savoirs locaux, composante essentielle de la culture du risque, dans l’adaptation aux impacts du changement climatique.

Cette enquête révèle que les savoirs locaux s’inscrivent dans un processus dynamique, que nous illustrons à partir de deux études de cas (le paillage bâche et l’usage de phéromones contre les ravageurs). Les agriculteurs mobilisent différentes ressources matérielles et immatérielles, puis expérimentent de nouveaux savoirs et pratiques, en articulant dimension individuelle et collective. Dans certains cas, ces pratiques ont été diffusées et répandues auprès d’autres agriculteurs, devenant ainsi des « savoirs locaux ». Ces savoirs locaux ont un potentiel d’appropriation, de diffusion et de durabilité important et sont des ressources clefs sur lesquelles les politiques publiques peuvent s’appuyer pour viser une meilleure adaptation des territoires au changement climatique, à condition de les considérer comme des processus et non comme des entités.

Mots-clefs : savoirs locaux, changement climatique, politiques publiques, empirisme, processus