Résumé

Cette étude explore les dynamiques de l'optimisation de la nutrition des cultures et de la fertilisation en Europe, combinant des entretiens d'experts français (n=19) et une enquête paneuropéenne auprès des parties prenantes (n=714, dont 152 en France). Les motivations principales des agriculteurs sont économiques et agronomiques : augmenter les rendements (76% Europe, 59% France) et réduire les coûts d'intrants (56% Europe, 47% France). L'amélioration de la qualité des cultures et la fertilité des sols sont également importantes. La conformité réglementaire est présente, mais moins prioritaire que les gains directs. Les obstacles majeurs sont les coûts des outils (70% France, 49% Europe) et le faible revenu (49% Europe). La taille des exploitations limite l'investissement (40% France). Un déficit en connaissances et formation (38% France) ainsi que la complexité et le manque d'interopérabilité des outils numériques sont des freins importants. Les besoins se concentrent sur la formation (43% France, 47% Europe), la sensibilisation/démonstration des outils, l'accès à des recherches indépendantes et des informations coût-bénéfice. Les agriculteurs demandent un conseil indépendant et des outils rentables et fiables, leur permettant d'adapter les doses de fertilisants et d'être au centre des décisions. La discussion souligne l'interdépendance des facteurs (comportementaux, circulation des savoirs, production de données). Une politique axée sur les obligations de résultats, la co-construction des solutions et le renforcement des AKIS sont essentiels pour une transition durable et efficace.

Mots clés : Processus d’innovation-décision ; fertilisation ; nutrition des cultures ; durabilité ; besoins des agriculteurs